13.11.2014 Exposition Modern Times au Rijksmuseum, une bonne raison d’aller à Amsterdam

UNE EXPOSITION A NE PAS MANQUER (jusqu’au 10 janvier)

Extrait de l’élogieux compte-rendu du Figaro :

Tous les ans, depuis dix ans, les deux conservateurs en charge de la photographie au Rijksmuseum d’Amsterdam viennent à Paris pour Paris Photo. Photographie, vous avez dit photographie au royaume de Rubens,Rembrandt et Vermeer? Oui, photographie au même titre que la peinture. Le musée national néerlandais a décidé de s’ouvrir à cet art du multiple et d’inaugurer l’aile Philips, tout juste rénovée, par la première exposition de sa collection, Modern Times. Soit 400 des 20.000 œuvres acquises depuis qu’en 1994 le musée des maîtres anciens a décidé d’aborder le XXe siècle.

Le résultat est stupéfiant, des nus dessinés sur photogrammes de Floris Neusüss (1937) au superbe travail sur le Surinam de Viviane Sassen, artiste très remarquée à la Biennale de Venise 2013. «La qualité, seulement la qualité», telle est la devise de Hans Rooseboom, l’un des deux émissaires des Pays-Bas au Grand Palais. Sérieux et pragmatiques, ces deux érudits ont au préalable étudié de près le programme du Mois de la photo, les catalogues des expositions et des ventes aux enchères, soupesé les trouvailles des galeries et des marchands privés (à leur panthéon, Serge Plantureux et Howard Greenberg).

Réalistes, ils savent «qu’il n’est plus possible, plus financièrement abordable, de s’offrir les clichés les plus connus des plus grands noms». Ils ont donc mis à profit leur savoir et leur recul pour choisir légèrement à côté de la loi commune, privilégiant le regard du photographe, connu ou anonyme, ne gardant qu’une règle absolue, le vintage (tirage d’époque)…

Article complet sur le site du Figaro

Article complet :

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25.11.0001 Convention du SYMEV à l’Automobile Club

Convention Nationale du Symev
Lundi 25 novembre 2013

1ère Table ronde : Les évolutions de la responsabilité des professionnels et de la fiscalité
Evolution législative (responsabilité en cas d’annulation de la vente par le cp)
Succession = 5% (preuve à la charge de l’administration ; comment combattre le 5 %)
Expertise comme base du contrat d’assurance demandée parfois par l’administration fiscale définition de l’objet de collection : meubles meublant ; bijoux / voir arrêt Tenoudji
Michèle Trouflaut, avocat représentant les experts
Marcel Porcher, avocat représentant les cp
Responsabilité des cp
Droit de rétractation dans le cadre des ventes en ligne (Directive CE)
Jacques Fingherut, Docteur eu droit, fiscaliste
Evaluation des objets d’art dans le cadre d’une succession
Plus-value forfaitaire
Définition du meuble meublant + le bien meuble dans la succession
Jean-Pierre Osenat, TVA à l’importation, ISF
Didier Griffe, expert et modérateur

2ème Table ronde : Les objets interdits à la vente : vigilance et contestations
Archéologie et objets de fouille, objets de marine : Mr Roudillon
Demande de traçabilité de l’objet de plus en plus accrue
Espèces réglementées (+ cornes de rhinocéros) : Mr Combrexelle
Aspects réglementaires des espèces protégées et réglementées
Détentions autorisées, vente et transport interdits
Armes : Jean-Claude Dey
Archives publiques : Mme Rouge-Ducos
Commentaires par le Directeur Général des Douanes (contact Observatoire)
Maître Biget, cp (ventes de reliques)

3ème Table ronde : Aspects sociologiques et évolution des goûts et des conditions de vie
Intervention des examens scientifiques et nouvelles techniques d’examen scientifique
Expert en bijoux : Philippe Serret
Expert mode vintage : Pénélope Blanckart
Expert Street Art: Arnaud Oliveux
Expert photographies : Serge Plantureux
Design : Jean-Jacques Wattel
Modérateur, Damien Leclère

19h00 présentation et conférence de la CAA (organisation chinoise des ventes aux enchères)

19h30 Clôture des débats par Jean-Pierre Osenat

SYMEV 1113 couv

SYMEV 1113

01.03.2009 Rhinoceros JR n°3 Tout Voir

rhino3

“Voir, c’est avoir, allons courir, Vie errante Est chose enivrante.
Voir, c’est avoir, allons courir, Car tout voir c’est tout conquérir”

(Pierre-Jean de Béranger, Les Bohémiens, 1812)

Salon du baron gros

“…Pour le rangement des livres imprimés, améliorant la tradition des moines copistes, Conrad Gessner (1516-1565), dans son Catalogus omnium Scriptorum de 1545, proposait un classement alphabétique par auteur combiné avec une organisation par format et par thèmes : Théologie, Philosophie. Il faudra attendre plus de deux siècles pour que le premier mortel se risque à proposer, en l’année 1771, une idée générale d”organisation d’une collection d’estampes.

Né dans une famille de savants et artistes polyglotes, Carl Heinrich von Heinecken (1706-1791) a passé de nombreuses années à mettre en ordre les collections du Comte de Brühl. La passion compulsive du Comte pour les tableaux l’emportait sur ses fonctions de Premier Ministre de Saxe au point de susciter l’invasion et la destruction partielle de la Ville de Dresde, y compris d’une partie de la célèbre collection.

Heinecken conserve le classement alphabétique (quand il dispose du nom de l’artiste) mais propose 12 classes numérotées de i à xii pour le rangement général des estampes : i, les recueils avec plusieurs auteurs ; ii, l’école italienne ; iii, l’école française ; iv, les écoles flamande et hollandaise ; v, les estampes anglaises ; vi, école allemande…”

Ce système de Heineken est discuté pour construire une taxonomie la plus simple possible, une catégorisation du champ de la photographie matérielle. La totalité de ce second essai se trouve en pdf : Rhino3 Tout voir c’est tout conquérir

neuf périodes

Une présentation de ce moyen simple de classer une collection de photographie a été proposée pendant la convention de Toronto, article Ryerson

dix-neuf zones

quatorze zones

neuf zones

sept zones

Une traduction anglaise a paru peu après : Tout Voir (Rhino 3) English text

“Béranger’s contemporaries were quite taken by the idea that the Gypsies could find satisfaction in the simple possession by sight of places and things. To the contrary, the era preferred the refrain “grow richer”, based on the idea that property equals happiness. All of this took place nearly 200 years ago during a period of dramatic historical evolution: one world was giving up its place to a new system. Tout voir, c’est tout conquérir (To view everything is victory).

Another meaning appeals to memory. Complete amnesia is a sort of blindness, a lack of control, for an individual or for a society. Partial memory, revised memory, constrained memory – these correspond with as many imperfect situations…”

Les deux essais précédents se trouvent aux pages :
Rhinojr01 métamorphose des collections

rhinoceros-jr-n3 Necessité intérieure

01.04.2007 – Rhinoceros JR n°2 Nécessité intérieure (Variation sur un manuscrit de Kandinsky)

rhino2

“Ce qui est spirituellement nécessaire pénètre dans l’âme par un entonnoir. Cet entonnoir, c’est le doux plaisir charnel qui a pour vocation d’attirer l’homme de chair vers une activité spirituelle qui lui paraît d’abord saumâtre. C’est pourquoi le besoin spirituel prend d’abord l’apparence d’un besoin physique. Le plaisir charnel est un appât qui au départ semble un but”
Wassily Kandinsky, Über das Materielle in Der Kunst, 1914

“Quelle odeur sens-je en cette chambre ? Quel doux parfum de musc & d’ambre
Me vient le cerveau réjouir et tout le coeur épanouir ? …”

(Marc-Antoine de Saint-Amant, le Melon, 1637)

Lebedev autoportrait

Autoportrait de V.V. Lébédev sur un toit de Leningrad.

Le 21 juin 2006, à l’occasion d’une rétrospective de Kandinsky à la Tate Gallery, le Guardian de Londres publiait un long article d’Adrian Searle déplorant que, pire encore que pour Mondrian ou Beuys, les oeuvres et les écrits de Wassily Kandinsky (1866-1945) sont difficiles d’accès : “he remains in many respects impenetrable”.

Ses origines russes et mongoles, son emploi de plusieurs langues — russe, allemande et même française, son écriture de philosophe, ont rendues vaines les toutes premières éditions trop hâtives. Heureusement, depuis le centenaire de sa naissance, un travail fort patient permet de reconstituer sa pensée et très prochainement va paraître le grand ouvrage encore inédit, clef de voûte de ses écrits : Du Matériel dans l’art, composé en 1914 et resté, du fait de sa propre volonté, inédit sauf deux chapitres devenus Point et ligne sur plan.

Kandinsky y définit sa théorie de l’art, vision optimiste de la nature humaine qui après bien des violences, trouvera, selon lui, dans l’expression artistique et le monde de l’art la réponse à son besoin de spiritualité.

Table des matières du manuscrit retrouvé  “Du matériel dans l’art”      (Le dessin)

 Introduction

Art in abstracto

3 objets de la composition 1

Moyens d’expression : 1. facteurs déterminants

                                            2. élements premiers 33 point 33 ligne 48

Quelques bases de la composition:

        Creation de formes nouvelles

        (rarefaction, combinaisons, correspondances)

Contenu       “Du materiel dans l’art (en particulier le dessin)

Art in abstracto

        Toute oeuvre en est la atérialisation partielle

La Nécessité intérieure

        Est pour cela à la source de l’oeuvre, ele donnera inspiration et sens de la mesure.

Loi de materialisation

        Soumet, s’assujettit toute oeuvre

Les Formes

        Sont établies par consequent par l’inspiration et la mesure

La Composition

        Est constituée de formes et assujettie par consequent à ses propres lois : lois de materialisation.

(le sens des lois est chez le spectateur un talent passif)

Les Moyens d’expression

        Sont defines par les lois de la materialisation

  1. surface matérielle – facteurs determinants

2.         elements premiers de l’art – leurs valeurs absolues et relatives.

Quelques bases de la composition        dessin – peinture

                        Creation de formes nouvelles

En dessin         sonorité unique et sonorité multiple

            Creation organique et non organique

            2 espèces de rarefaction           monophonie-polyphonie

            4 types de rarefaction   juxtaposition = relation entre formes

            2 espèces de combinaisons       chaud – froid – pesanteur

                                                            claret – voile

La repetition des oppositions équivaut-elle à l’opposition des repetitions ? ou alors elle existe par des moyens intérieurs… ” 

Mouvement

Alexander Rodchenko (1891-1956). Autoportrait derrière Construction spatiale  n°12 , Moscou, 1921. Épreuve d’artiste, 116×174 mm. Rodchenko fut tour-àtour  l’élève, le disciple, le locataire, le voisin, le contradicteur de Kandinsky.

La totalité de ce second carnet de Rhinocéro sjr, “Nécessité Intérieure” se trouve en pdf : Rhino2

Les deux autres essais se trouvent aux pages :
Rhinojr01 métamorphose des collections
Rhinojr03 Tout Voir

 


01.10.2005 – Rhinoceros JR n°1 Métamorphoses des collections

rhino1

“L’analphabète de demain sera celui qui ne sait lire une photographie, a affirmé Moholy-Nagy [1927]
mais pire encore sera le photographe qui ne saura élaborer la légende accompagnant ses propres épreuves. La légende, élément essentiel… sans lequel toute construction photographique demeure incertaine.» (Walter Benjamin, Kleine Geschichte der photographie, 1931)

Monsieur, inventeur 6 mega

“«Monsieur, Inventeur, Constructeur, 6 seconds», paris, 1922. 2 ampoules électriques aux filaments légèrement incandescents, une forme de papier pliée à 45°, et la main de monsieur : Man Ray. épreuve unique.” (Collection RG, NYC)

Métamorphoses de la collection de papier
“Pendant que de raffinés japonais s’échangeaient des bols de thé parfaitement tournés pour la contre-valeur d’un fief, les européens du grand siècle collectionnaient sagement les gravures des maîtres de Dührer à Rembrandt. un graveur viennois, Adam Bartsch, leur rendit le redoutable service de publier une méthode de catalogage des épreuves classées selon leur état, dans la chronologie de leurs apparitions. ce puissant outil modifia en profondeur les habitudes des collectionneurs.
Puis vint le temps de l’amour des livres imprimés. cabinets de lectures et bibliothèques privées se multiplièrent, rivalisant d’élégance sous l’arbitrage d’érudits bibliographes travaillant avec ardeur pour tenter de compléter de vivants inventaires sans cesse renouvelés, jamais achevés.
l’arrivée d’internet et l’unification de tous les catalogues mit un terme au jeu. elle permit d’abord à chacun de vérifier des informations peu accessibles. on en profita pour compléter les ouvrages défectueux et pour trouver des brochures recherchées vainement pendant plus de trente ans.

Bien vite cette efficace nouveauté se transforma en cauchemar. trop d’impôt tue l’impôt, a-t-on-dit. trop de connaissance offerte sans effort tue la curiosité, cet appétit propre à transformer chaque être humain en collectionneur”…

Suite de cet essai de 2004 dans la maquette en pdf : Rhinojr01 metamorphoses des collections

Les deux essais suivants se trouvent aux pages :
Rhinojr02 necessité intérieure
Rhinojr03 Tout Voir

20.11.2004 Kiki de Montparnasse, Souvenirs Retrouvés (Éditions José Corti)

Couverture KIKI 1929

Couverture du livre au texte très différent, de 1929.

« Voici le seul livre pour lequel il me soit jamais arrivé d’écrire une préface et, que Dieu m’entende, ce sera le dernier » écrivait Ernest Hemingway en 1929 en tête d’un singulier petit volume composé par une bien jeune femme, Kiki.

Il aimait tant ce livre qu’en novembre 1931, il en offrit un exemplaire au docteur Carlos Guffey qui avait sauvé la vie de sa femme et de leur bébé avec le manuscrit autographe de Death in the Afternoon.

Hemingway écrivit pourtant une seconde préface, en 1934, pour le livre de Jimmie Charters, barman du Dingo, rue Delambre et ancien boxeur professionnel de Liverpool. Kiki écrivit elle aussi un second livre de souvenirs, en 1938.
Les dates, les lieux, les personnages et même les aventures semblent correspondre, mais si l’on confronte les deux textes, il est presque impossible d’y trouver une seule phrase identique.

Kiki, née en 1901, n’a que vingt-huit ans quand Man Ray, Henri Broca et Edward W. Titus (le mari d’Elena Rubinstein) l’invitent à publier ses mémoires en français (Kiki, Souvenirs) et en anglais (Kiki’s Memoirs). Hemingway précise : « si vous voulez des livres composés par des ladies, voici un livre écrit par une femme qui n’a jamais à aucun moment été une lady ; pendant dix ans, elle a été, dans la mesure où notre époque le permet, ce que l’on appelle une reine, c’est très différent, bien sûr, que d’être une Lady. »

Kiki dans une belle robe
Reine, Kiki est d’ailleurs élue, en cette année 1929, reine de Montparnasse. Comme dans les contes de fées, elle est pourtant une petite fille de rien du tout.
Le livre de 1929 a un succès merveilleux, Kiki embrasse chaque acheteur le jour du lancement, le 25 juin 1929, au restaurant Falstaff. La décision de la censure américaine de le saisir et de l’interdire, avec Ulysses de Joyce, transforme la destinée du livre qui rejoint les livres maudits devenus mythiques.
Aujourd’hui, objet d’études aux États-Unis, les Souvenirs de Kiki ont soulevé de nombreuses interrogations. Quelle influence sur le texte ont eu les différents éditeurs, le français Henri Broca d’abord, puis Edward Titus et surtout le sulfureux Samuel Roth qui réédita le texte sous le manteau avec comme titre « The Education of a french Model » ? Quelles furent les relations de Kiki et de Man Ray dont la rencontre bouleversa l’histoire de la photographie moderne avec des compositions comme « Blanche et Noire » ? Comment Montparnasse fut-il l’espace d’une décennie le lieu le plus fertile de la création artistique de la planète ?
Pourquoi Kiki en est-elle le plus pertinent témoin, elle qui était souvent à l’initiative des fêtes nocturnes ?
Un Américain consacra une partie considérable de son existence à vérifier les circonstances de l’existence et des aventures de Kiki.
Billy Klüver arpenta les rues et ruelles de Montparnasse à la recherche des souvenirs et des indices, et en fit deux beaux livres traduits en français Kiki et Montparnasse, et Kiki souvenirs.

Neuf ans se sont écoulés entre l’agréable texte de 1929 et ce nouveau livre composé pendant l’année 1938.

kiki endormie

Kiki a maintenant 37 ans et une singulière expérience du succès et des épreuves ; quelle ironie pour elle – petite fille de rien du tout qui n’a été à l’école qu’un an – déjà traduite et publiée. Une cure de désintoxication lui procure de fait l’occasion de se retourner sur son passé si proche et déjà lointain.
Avec l’aide d’André Laroque, qui travaille aux impôts le jour et l’accompagne à l’accordéon la nuit, elle compose ce texte poignant, tapé sur la machine à écrire des Contributions Indirectes, qu’elle accompagne de quelques dessins et surtout de précieuses photographies (dont plusieurs inédites de Man Ray).
Comme cela est perceptible dans les trois chapitres publiés en 1950 dans Ici Paris, seule partie publiée du texte, – la guerre ayant repoussé puis empêché la publication de la totalité du manuscrit – Kiki se livre à nous « sans fard ni artifice ».

Après la disparition de Kiki, le 23 mars 1953, André Laroque tenta de faire éditer le texte et fut en relation avec un agent d’André Breton, mais l’époque avait changée — et Kiki avait la dent un peu dure avec les surréalistes, même si une rustine maquille le passage le plus sévère. 
Le manuscrit accompagné de ses photographies disparut alors dans l’une des cachettes les plus impénétrables de Paris pendant cinquante ans, au milieu de mille cartons, avec une simple mention sur une petite étiquette de bristol : « infiniment précieux ».

20.11.2004. couv Kiki de Montparnasse

Couverture de l’édition José Corti, 2004.

Mise en page des illustrations préparées par Kiki et retrouvées avec son tapuscrit : 20.11.2004. Kiki de Montparnasse

31.01.2004 Serge Plantureux : The Quest of Joseph Hamel to Find the Real Inventor of Photography

31:.01.2004 couv English Hamel

Niepce, Doguerre or Talbor ? ENGLISH TRANSLATION BY SUSY FIRTH :

“Photography was about to make its appearance on the world’s stage, although it did not yet bear the name of photography.

For some time now, the public had been closely following the work of research chemists and opticians, who in various countries had been trying to find a simple but effective method of reproducing faces and landscapes. The shop windows of the Palais-Royal put the latest drawing machines on display, the mysterious camera obscura and the elegant camera lucida with its long articulated arm. At the beginning of January 1839, the French newspapers announced that the eagerly awaited new invention was finally ready, and was of such a particular nature that a grand ceremony was going to be held in which scholars, artists and the Nation’s leaders would come together to celebrate the universal significance of the new invention. There would be no favouritism towards captains of industry, no legal or administrative barriers to slow down production, and this marvel, which would come to be called photography would soon be given, in the name of France to the whole of Humanity.

To be precise, the government had decided in a spirit of longstanding cordial rivalry, to give the secret to the whole world, except for England, a country very pernickety about patents, and sceptical about the ostensible paternity of the invention. The French inventors would of course be celebrated and decorated for this generosity. Rarely has a gift given so much pleasure and for so long.

Perhaps the quickest to appreciate it was a certain Joseph Hamel…”

31:.01.2004 maquette English Hamel

Accés au texte français publié six mois plus tôt :

L’Espion et la Fougère

26.07.2003 Serge Plantureux : L’Espion et la Fougère

01.07.2003 Hamel l'espion et la fougere couv

“La photographie allait bientôt être révélée. Elle ne s’appelait pas encore photographie.

Depuis quelque temps déjà, le public suivait avec intérêt les travaux des chimistes d’une part, des opticiens de l’autre, qui en plusieurs contrées tentaient de trouver un moyen simple et fidèle de reproduire les visages et les paysages. Les vitrines du Palais-Royal proposaient les plus récentes machines à dessiner, de mystérieuses cameræ obscuræ et d’élégantes chambres claires au long bras articulé.

En ce début de janvier 1839, les journaux français ont annoncé que la nouvelle invention tant attendue était enfin prête, et d’une nature si singulière qu’une grande cérémonie rassemblerait bientôt savants, artistes et représentants de la Nation pour célébrer la portée universelle de la nouveauté. Aucun industriel ne serait favorisé, aucune barrière juridique ou administrative n’en freinerait la diffusion et cette merveille, qui deviendrait la photographie, serait
bientôt offerte, au nom de la France et d’un certain Daguerre, à l’Humanité toute entière.

Pour être précis, le gouvernement avait décidé, non sans esprit de vieille et cordiale rivalité, d’offrir le secret au monde entier sauf à l’Angleterre, pays fort tatillon sur les brevets, et critique sur la paternité de la découverte annoncée.

Bien sûr, les inventeurs français seraient fêtés et décorés, même indemnisés pour cette libéralité.

Rarement un cadeau fit autant et aussi durablement plaisir. Le plus prompt à l’apprécier était un certain Joseph Hamel. Il rassembla méthodiquement l’essentiel des essais et des documents qui permettent aujourd’hui de comprendre la genèse de l’invention de la photographie. Ce singulier explorateur aurait probablement été défini au siècle précédent comme un pirate, et au siècle suivant comme un espion économique. Il venait exactement du bout du monde, et nous allons raconter maintenant son étrange aventure…”

27.07.2003 L’espion et la fougere

Le texte a été complété et corrigé avant d’être traduit en anglais six mois plus tard :

NIEPCE, DAGUERRE OR TALBOT? THE QUEST OF JOSEPH HAMEL TO FIND
THE REAL INVENTOR OF PHOTOGRAPHY. By Serge Plantureux; English translation
by Suzy Firth
. Published by Accademia dei Venti ISBN #2-84940-003-3; EAN
#9782849400036. . 48 pages.

21.06.2003 Le premier carnet : Mode d’Emploi

couv mode d'emploi

Mode d’emploi pour réaliser la maquette d’un petit livre

Chaque petit livre des Venti possède des caractéristiques techniques et matérielles, librement adoptées à partir des contraintes des étapes techniques de fabrication. Ce mode d’emploi résume les conseils pour réaliser la maquette d’un tel petit livre, qui est constitué d’une couverture cartonnée, de deux gardes et d’un corps central de 48 pages.

La couverture cartonnée est constituée de deux plats et d’un dos carré où l’on peut prévoir un titre qui permettra de retrouver le volume sur une étagère.

Les pages de gardes permettent de rendre solidaires le cartonnage et le corps de l’ouvrage, on ne peut imprimer que la face visible dans l’intérieur des plats. Cela représente en tout l’équivalent de 4 pages supplémentaires.
Le corps de l’ouvrage consiste en 48 pages obtenues en pliant 3 feuilles en 3 cahiers A, B et C, de 16 pages cousues ensemble :
total : 48 = 16 + 16 + 16 pages
La presse imprime les deux faces de trois feuilles de papier. Chaque feuille est repliée 3 fois de manière à former un cahier de 2 x 2 (premier pli) x 2 (second pli) x 2 (troisième pli) = 16 pages.
On peut choisir une couleur d’impression différente du noir, et même prévoir de varier les couleurs des différents cahiers.
Si l’on désire créer un album “standard” de 20 images reproduites en pages de droite, les belles pages, faisant face chacune à une page blanche ou contenant un simple titre en bonne page, il restera alors 48 – (20×2) = 8 pages, par exemple 4 pages pour un faux-titre, un frontispice, une page de titre et un sommaire et 4 pages pour une préface.
Si une classe de petite école désire travailler sur un petit livre, et que les 32 élèves, au lieu de travailler par deux, veulent proposer chacun une photographie ou un photomontage, et si ces travaux constituent une série cohérente imprimée en vis-à-vis, il restera alors 8 pages pour raconter l’histoire du petit livre.

gitans mode d'emploi
La couverture cartonnée est imprimée en bichromie (deux couleurs), puis recouverte d’une pellicule qui la protège de l’eau et des traces de doigts. Elle est un peu plus grande que le corps de l’ouvrage, créant ainsi trois chasses de 3 mm et mesure, repliée
hauteur : 145 mm = 3 + 139 (hauteur d’une page) + 3 mm
largeur : 130 mm = 3 + 127 (largeur d’une page).
Mais pour l’imprimer il faut considérer la nécessité de rabats supplémentaires de 5 mm, utiles au brocheur pour fabriquer le cartonnage. La couverture est donc calculée avec des débords :
hauteur : 155 mm = 5 + 145 + 5 mm
largeur : 135 mm = 130 + 5 mm.
Enfin, si on souhaite le cartonnage panoramique, composé pour être vu déployé, il faut ajouter aux deux plats de couverture les 8 mm du dos :
hauteur : 155 mm
largeur : 278 mm = 135 + 8 + 135 mm.

Maquette en pdf : maquette mode d’emploi

Les gardes peuvent être imprimées d’une couleur différente de celle du corps de l’ouvrage, mais sur une seule face car de toutes façons elles sont contre-collées, la première garde contre Continuer la lecture de « 21.06.2003 Le premier carnet : Mode d’Emploi »

06.11.2001 Le Portrait au daguerréotype d’Alexandre Dumas rentre au Musée d’Orsay

Gouin Dumas

 

Couleurs et relief, silence complices (Texte qui sera publié dans les Mélanges en l’honneur de Françoise Heilbrun)

“Quand vous regardez ce portrait à la main, écrit Lacan, c’est une belle épreuve admirablement coloriée ; si vous la voyez au stéréoscope, c’est une femme charmante qui vous regarde et qui pense. Étendez la main, et vous allez toucher sa robe soyeuse ; vous allez arracher de son bouquet cette violette ou cette marguerite, ou ce camélia, ou une feuille de cette rose qui se flétrit déjà. Et cette dentelle qui laisse entrevoir sous ses plis transparents ce bras arrondi, ne vous semble-t-il pas que vous allez la froisser sous vos doigts ? (Ernest Lacan, “Portraits au stéréoscope, par M. Gouin”, La Lumière, n° 44, 29 octobre 1853, page 175).

Parmi les images rescapées du XIXe siècle que le XXe n’a pas détruites un petit groupe de portraits coquins aux couleurs vives attire encore l’attention. Ou plutôt, au milieu des portraits de nymphes dénudées aux formes généreuses et aux lourdes poitrines, trône un bonhomme goguenard et truculent, Alexandre Dumas.

Ce groupe de portraits particulièrement évocateurs et animés appartient à la famille des daguerréotypes stéréoscopiques réhaussés de couleurs, production photographique de très grand luxe apparue à Londres à l’occasion de la grande exposition du Cristal Palace mais bien vite caractéristique de la ville de Paris dans la décennie 1850.

Mais de tous ces daguerréotypes, les plus célèbres à l’époque et les plus reconnaissables encore aujourd’hui sont sortis d’un atelier étrange et silencieux ou résonnent de temps en temps les rires de dames peu farouches : le studio des photographes sourds et muets.

Ils sont trois, Gouin Richardin et Braquehais, et ils travaillent ensemble, ils se sont connus à l’institut des sourds-muets derrière l’église St Jacques du Haut Pas.

Alexis Gouin né en 1799, assume des responsabilités dans l’institution et il est un des 10 memebres fondateurs de la société des anciens élèves, il a étudié la peinture comme un art avec Girodet et Regnault, et il s’est essayé au commerce des couleurs avec Gaudin.

Le frère de Richardin est enseignant dans l’institution, ils ont cotoyé Jules Desportes, le professeur de lithographie qui dirige le lithographe, journal mensuel des artistes et des imprimeurs, publiant tous les procédés connus de la lithographie… signalant les découvertes nouvelles dans cet art, confectionné et imprimé par les jeunes sourds et muets de l’institut de la rue St Jacques dans les années 1838-1839.

Bruno Braquehais est justement l’un de ces jeunes imprimeurs, alors agé de 15 ans, il va s’adonner à la lithographie, un peu à l’art de la peinture avant de rejoindre en 1848 le studio photo d’Alexis Gouin, puis sa famille en épousant en 1850 Laure, sa fille unique. Goin et Richardin ont déposé un brevet de polissage des plaques daguerriennes.

Mais l’activité de ces photographes connaît un essor fulgurant à partir de l’exposition de Londres de l’été 1851, The Great Exhibition. Elle est inaugurée par la Reine Victoria le 1er mai et bientôt visitée par 6 millions de personnes. Gouin reçoit un prix pour ses portraits. La reine a adoré les portraits photographiques visibles en relief au stéréoscope, présentés par le Français Claudet établi à Londres.

C’est décidé ! la voie est tracée et les deux jeunes Bruno et Laure Braquehais empruntent dès le mois de juillet 1851 l’audacieuse somme de 12.000 francs or à une veuve de la place Vendôme au taux d’intérêt de 5 % l’an et s’installent au 50 rue de Grenelle ou ils resteront jusqu’en 1858 pour rejoindre le 110 rue de Richelieu, dans un ancien studio de Gustave Le Gray.

Un collectionneur érudit et marchand genevois, Serge Nazarieff, a developpé une passion pour les productions érotiques des photographes sourds-muets, developpant des critères pour attribuer telle obscénité plutôt à Gouin, plutôt à Braquehais, les plaçant tous les deux au sommet de la photographie coquine du Second Empire. Si l’on pouvait interroger les modèles, elles réponderaient peut-être le secret de ces artistes qui les faisait rire sans les assomer de plaisanteries douteuses et pour lesquelles elles ont eu tant de plaisir à poser. Plaisir qui a traverser le temps pour celui de nos yeux de contempler de telles grâces si simplement abandonnées.

Pourquoi s’étonner qu’Alexandre Dumas s’adresse à Alexis Gouin et son équipe pour lui demander un portrait en même temps que celui de Mme Pradier dont la compagnie l’enchante ? En plus on retrouve aujourd’hui qu’Alexis Gouin est originaire des îles, petit-fils de planteur de St Domingue (Haiti), il est né en 1799, Son Grand-père Jean-Baptiste, colon français de St-Domingue a developpé une cotonerie aux Cayes et une plantation de café à Cavaillon. C’est là que le cadet Jean-Baptiste Gouin épouse le 09 mai 1791 Marie-Madeleine Delmas qui donne naissance à Alexis le …. 1799.

On ne sait si Gouin avait une couleur de peau sombre mais dans le portrait d’Alexandre Dumas qu’il nous a transmis, on constate que le grand romancier français, comme le russe Pouchkine, était métis.

Ce portrait aujourd’hui conservé au Musée d’Orsay a été retrouvé dans une boîte de bois contenant 20 daguerréotypes stéréoscopiques de Mme Pradier, de ses proches, de son mari et des sculptures de celui-ci.

Il y a eu peu de photographes sourds-et muets depuis, au XXIeme siècle sont apparus des artistes aveugles. A partir de 1971, et du Sixième Congrès de la Fédération Mondiale des Sourds, célébré à Paris, les entendants travaillant avec les sourds prennent conscience de l’importance des traductions simultanées en Langue des Signes. En 1977 le Ministère de la Santé abolit les anciennes restrictions qui pesaient sur la langue des signes.
Le 17 juin 1988, le Parlement Européen vote une résolution sur les langues des signes à l’usage des sourds. Elle vise à la reconnaissance officielle dans chaque état membre du langage gestuel employé par les sourds. Elle invite les états membres à éliminer tous les obstacles auxquels se heurte encore l’usage du langage gestuel, à financer des projets en faveur de l’enseignement à des enfants et à des adultes entendants du langage des signes par des sourds formés à cette fin.

16.09.2001 Don d’une Plaque Originale de Daguerre à la Bibliothèque Nationale

Don Daguerre Plaque Don Daguerre Verso
Au dos du montage, la marque du collectionneur aérostier Charles Dollfus (1893-1981) est aposée sous une intriguante note autographe de Paul Nadar (1856-1939), qui semble une prudente réminiscence :

“J’ai acheté en novembre 1926, le présent daguerréotype en même temps qu’un autre surement un peu plus ancien et portant la signature de Daguerre. Ces deux plaques à ce qu’il m’a été affirmé proviennent d’un ancien photographe qui les avait reçues en présent de Daguerre lui+même. P. Nadar 48 rue Bassano”

Les doutes sont levés quand et seulement quand on accède, dans la réserve du département des estampes et de la Photographie de la Bibliothèque Nationale, au second portrait. Le verso de celui-ci est annoté de la même main. Cette fois-ci, la note affirmative est une véritable attestation datée du mois de l’acquisition :
“J’ai acheté le présent daguerréotype provenant d’un ancien photographe qui le tenait de son père, ami paraît-il de Daguerre, et en même temps qu’une autre plaque du même auteur. Il n’y a pas lieu de douter de l’authenticité de la signature de Daguerre qui s’identifie parfaitement avec d’autres bien connues.
Cette plaque oxydée sur les bords, compte parmi les premières de Daguerre.
P. Nadar, Novembre 1926, 48 rue Bassano”

Ce second portrait est en ligne sur le site Gallica : Accès au document