Paris.Photo.2012 (seizième édition) Gustave Le Gray : “La photographie repousse les limites des beaux-arts”

Le Gray discussion du visage

L’enquête a fait l’objet d’une publication. Le stand proposait une contextualisation et une installation de l’enquête elle même. Des œuvres anciennes étaient exposées, daguerréotypes de Girault de Prangey, une plaque d’or ciselée de Daguerre et bien sur le groupe de portraits retrouvés de Gustave Le Gray et son cercle.

Des artistes contemporains avaient interprété les œuvres anciennes, comme Didier Naert :

Naert hommage a Le Gray

Lyes hammadouche a réalisé une patiente reconstruction d’un buste en 3D du photographe :

Hammadouche hommage 3D

Romain Renault une vidéo où l’autoportrait de désintègre et se recompose :

15.11.2012 PARIS PHOTO ROMAIN RENAULT 1

 

Les visiteurs ont pris eux-mêmes beaucoup de photos.

Stand Paris Photo 2012

Plusieurs articles ont relévé l’effort :

Article Natacha Wolinski

 

“Assiste-t-on alors à la décomposition de la photographie ? La photographie n’existe-t-elle plus par elle-même, parce qu’elle est devenue de l’art contemporain tout court ? Serge Plantureux a sa petite idée sur la question. « La photographie s’est atomisée, s’est décomposée, mais elle est l’unique et principale source de jeunesse de la nouvelle époque dans laquelle on arrive. Donc elle meurt tout en provoquant la mort définitive et radicale de toutes les vieilles techniques et proposant les nouvelles, sans qu’on ne sait exactement comment elles vont se recomposer ». Plantureux expose différentes interprétations d’un portrait de Gustave Le Gray (« La photographie repousse les limites des beaux-arts ») par des jeunes artistes. Le Totem vidéo de Romain Renault part d’un portrait peint à un portrait daguerréotypé de Le Gray pour arriver à son portrait idéal.”

Extrait d’un long article de Siegfried Forster pour RFI : «Paris Photo» repousse les frontières de la photographie

“Ce n’est peut-être pas l’impression de tout un chacun, mais, arpentant deux jours durant les allées de Paris Photo (jusqu’au 18 novembre), ce sont surtout les photographies anciennes qui m’ont séduit. Plusieurs galeries exposent des trésors du XIXème et c’est toujours aussi fascinant de revenir aux origines. La palme revient sans doute à Serge Plantureux (A13), qui a fait un important travail de présentation et de contextualisation, mais bien d’autres stands historiques sont ici absolument passionnants…”

Extrait de l’article du blogueur Lunettes Rouges

15.11.2012 PARIS PHOTO LUNETTES ROUGES

Ce n’était pas l’impression du comité de sélection de Paris-Photo 2013

Paris.Photo.2011 (quinzième édition) La Porte de l’Humilité

15.11.2011 Declercq passion2

Le stand était de dimensions extravagantes à la mesure d’un projet que les circonstances rendaient depuis plusieurs mois inadapté à l’environnement général.

La programmation fut réinventée en un temps terriblement limité et le stand repensé autour de la réplique légère de la porte de l’humilité de l’église de Bethleém. Porte conçue par le sculpteur russe Alexandre (Sacha) Pozin.

Trois cercles concentriques proposaient au centre des photographies uniques et particulièrement “patrimoniales”, autour des épreuves du XXe siècle de grandes signatures s’adressaient aux collectionneurs investisseurs, enfin sur les murs extérieurs, des interprétations contemporaines étaient proposées aux passants et aux curieux.

Deux vidéos animaient les salles intérieures :

Une interview de Mgr Éric de Moulin-Beaufort explicitant les négatifs de Louis De Clercq réalisés à Jérusalem peu après Noel 1859 et documentant le nouveau Chemin de la Passion. (Caméra et montage : Lyes Hammadouche et Romain Renault) : en ligne sur Vimeo

Une vidéo conçue à partir d’archives sovietiques tentait d’expliquer dans la présence de jeunes chimpanzés dans un album de famille à l’aspect plutôt classique. Cet album allait constituer le point de départ d’une enquête de nombreuses années.

Soviet Monkeys

“Soviet Monkeys” réalisée à St-Petersbourg en 2011 par Inna Pozina et ses amis à partir des images d’archives des années 1960 et 1970 des singes de la station zoologique dirigée par le Pr Leonid Firsov et créée par le célèbre Dr Pavlov.

Accès à la vidéo : 11.11.2011

Paris.Photo.2010 (quatorzième salon) Ligovsky Prospekt

17.11.2010 Stant PPHOTO2010

L’accrochage du stand était russe, avec une œuvre étonnante de l’architecte Nikolay Khomoutetski (1905-1973), le portrait d’une rue, Ligovsky Prospekt, un panorama datant de 1933. Composé de photographies assemblées, au fil de ses 24 mètres de long on y voit les immeubles et monuments qui bordent l’avenue. Khomoutetski Nikolay Fiodorovich était un architecte, historien de l’architecture, directeur de l’institut de l’architecture (1948-1952)

Au début des années 1930, le populaire responsable de la ville, Kirov charge ses architectes urbanistes de penser à un nouveau plan pour Leningrad.
C’est à cette occasion qu’est constitué cet étonnant panorama où l’on voir déjà l’affectation des édifices religieux aux stations du metro. Comme les chrétiens de Rome aux premiers siècles avaient transformé les temples des anciens dieux en églises.

17.11.2010 Stant PPHOTO 2010
Le reportage d’un visiteur russe, Maxime Vishnevsky est accessible sur le site artnasos

Ce fut l’occasion de la production de la première vidéo, réalisée par deux étudiants de premi§re année de l’École des Arts Déco Paris, par Romain Renault et Lyes Hammadouche, avec l’aide précieuse et la voix d’Anastasia Chapovalova.

15.11.2010 Ligovsky

Chaque immeuble de Ligovsky Prospect, ou un panorama photographique de 36 mètres de long.

A la façon d’une frise, ce collage minutieux de centaines de photographies est chargé d’histoire et fait le lien entre notre monde d’aujourd’hui et la Russie des années 30; au moment précis ou l’URSS bascule de l’utopie communiste à la terreur stalinienne. Simon Sebag Montefiore, le biographe de Staline, propose de dater le début de la grande terreur à partir du suicide de l’épouse de Staline, en 1932.

La perspective Ligovsky (en russe Ligovsky Prospekt) est le nom du boulevard perpendiculaire a la perspective Nevsky, au cœur de Leningrad, ici minutieusement photographié en 1933 pour les travaux des urbanistes. Le but premier de cette frise n’était pas documentaire, mais c’était un outil pour un vaste projet de réaménagement urbain. Les 24 mètres de long de cet assemblage photographique sont rehaussés d’esquisses au crayon, témoins singuliers des désirs grandioses de transformations des architectes soviétiques.

Les années de guerre civile qui ont suivi les deux Révolutions de 1917 ont fait disparaître les trois quarts des deux millions et demi d’habitants de Pétrograd. Et depuis la collectivisation forcée des terres, la Ligovsky Prospekt est devenue le boulevard du crime. Occupée par des malfrats en tout genre c’est la rue du vice à Leningrad.

Déjà Avant la Révolution, la majorité des habitants de cette avenue était issue des couches populaires de la société, anciens serfs assujettis à la noblesse, en grande partie analphabètes. Pour eux, la liberté était un concept nouveau. Désormais, les riches propriétaires immobiliers sont expulsés de la rue. L’exode rural des paysans amène dans les villes une nouvelle masse ouvrière, les immeubles sont collectivisés et les appartements partagés.

La Révolution bolchevique se veut profonde, en plus de l’économie et de l’agriculture, c’est aussi la morale qui doit être transformée; le jeu, les femmes faciles sont interdites, et l’État mène une politique très sévère à l’égard des criminels. Paradoxalement, quand la Révolution a fait monter l’insécurité et la criminalité dans le pays, la Ligovsky Prospekt a été un modèle de transformation urbaine. (d’assainissement urbain ?)

Au moment de la réalisation de ce panorama, les migrations ont cessé, empêchées par les forces armées qui tiennent les paysans à l’écart des villes. La misère tenue à distance, l’URSS conserve s’efforce de montrer son plus beau visage, celui des villes qui sont le témoin de la force de cette nouvelle idéologie.

Réaménagements et projets. Depuis le début des années 20, le pouvoir veut moderniser le pays, de nombreux projets empreints de gigantisme voient le jour.

Les dirigeants veulent optimiser les villes selon le système communiste de partage. Dans cette période d’industrialisation massive l’idée est de confondre la vie du peuple à celle de l’industrie. Chaque activité devait être localisée par secteur : le travail, le logement, le sport et l’éducation.

Pour sortir de l’économie agricole, le pays engage la construction de nombreuses usines et amorce un plan d’électrification totale du pays par la création d’une trentaine de centrales électriques.

Sur ces photographies de la perspective Ligovsky, on peut voir l’ambition du réaménagement par les dessins de la construction de nouveaux immeubles. Les églises sont transformées en autant de stations de métro; une marque de changement de civilisation, de l’effacement de la religion au profit d’une nouvelle croyance, celle du travail.

Kirov, chef communiste de Leningrad était à la tête du projet de réaménagement, mais trop populaire au sein du Parti, en 1934 il fut assassiné (aujourd’hui on a la preuve que l’ordre était venu de par Staline qui sentait voyait en lui la menace d’un concurrent potentiel). Avec cette mort tous les projets de réaménagements urbains sont être enterrés.

C’est l’acte de naissance du régime de la « grande terreur », mené par Staline. Le dictateur mit en place dans les heures qui suivirent l’assassinat de Kirov la « loi du 1er décembre », qui permettait de juger les détracteurs sans aucune enquête préliminaire. Cette loi condamna 1,4 millions de personnes, dont 681 mille furent fusillés de 1934 à 1938.

En 1933 la situation du pays est critique, le peuple a été décimé par deux les famines, en 1933 l’URSS en a déjà subit deux, conséquences directes de la Révolution et de la politique de collectivisation qui ont engendré près de 10 millions de morts en l’espace de 12 ans. À la veille de la Seconde Guerre mondiale, Staline entame les grandes purges qui supprimèrent les vétérans et tous les témoins du passé de la Révolution de 1917.

Cette photographie de la Ligovsky Prospekt est le témoin direct d’une rue témoin modèle de l’histoire de l’urbanisme soviétique. Au début elle n’était qu’un canal servant à l’irrigation des jardins du Tsar. Elle fut ensuite envahie par les paysans asservis, par la pègre, puis dépeuplée par la Révolution, par la guerre civile, par les purges staliniennes. Elle a été en grande partie épargnée par les bombes qui s’abattirent pleuvaient sans cesse sur Leningrad lors du blocus de 900 jours pendant la Seconde Guerre mondiale. Et Aujourd’hui la rue conserve un visage très proche de ce que nous montre le panorama composé en 1933.
Maintenant encore, le panorama de la Ligovsky Prospekt reste le support du rêve de ces projets de création d’un avenir meilleur.

Acces a la video : https://www.youtube.com/watch?v=vVjj7rXWgjA

 

Paris.Photo.2009 (treizième édition) Le Harem du Pacha

15.11.2009. Photo Goupil-Fesquet041

« Le 7 novembre 1839, j’ai fait à Alexandrie devant le pacha d’Egypte Mehemet Ali, une belle épreuve de son Harem en deux minutes 1/2 de 10 à 11 heures du matin. »

Histoire de la première photographie prise en Orient par le neveu du peintre Horace Vernet, notes manuscrites originales du premier photographe, Frédéric Goupil-Fesquet, adressées à son professeur Eugène Hubert qui lui a enseigné la technique à la fin du mois de septembre 1839. Le daguerréotype fut reproduit dans la première série des excursions daguerriennes de Lerebours.

15.11.2009. Lettre Goupil-Fesquet leger

Pages du catalogue général : 12.11.2009 catalogue Paris-Photo

Paris.Photo.2008 (douzième salon) Grand Inventaire, Huit : Where ?

huit Where 1108 couv

“De Karnak à la planète Mars, les photographies nous invitent à nous déplacer dans le temps et dans l’espace, dans l’histoire et dans les modes de vie, dans les styles et les idéologies. Des temples de l’ancienne Égypte à la Magna Grecia de l’Italie méridionale (Paestum), de la Rome classique (Colisée et temple de Vesta) jusqu’au Nouveau Monde (représenté par les antiques murs de Cuzco et la flèche déjà classique du Chrysler Building), bientôt nous nous engageons dans le chemin de l’espace, promesse de nouvelles frontières. Au cours d’un voyage vers la Lune a été prise la célèbre photographie du globe terrestre qui ne cesse depuis de nous fasciner, en montrant les rapports de proportions de notre planète à ce qui l’entoure.

Nous nous déplaçons dans l’histoire, empruntant les sentiers de la gloire et surtout de la folie militaire, comme la plaine de Balaklava, où a été consommé l’un des actes les plus insensés de la stupidité humaine, une charge infinie de cavalerie à terrain découvert contre des batteries d’artillerie, et contre les ordres des supérieurs. Le visage absorbé d’un enfant, perdu dans l’examen d’un soldat de plomb représentant Frédéric de Prusse, nous aide à nous rappeler combien l’homme conserve dans l’âge adulte ses faiblesses par rapport à la fascination irrationnelle du jeu destructeur de la guerre. Tranchées, bombardements et camps de détention nous ramènent par contre à la réalité des conséquences concrètes de la guerre. Car la guerre ne limite pas son oeuvre de destruction aux seules périodes pendant lesquelles elle est livrée ouvertement. Le bureau de Mussolini rédacteur en chef de journal pendant les années qui précèdent la prise du pouvoir en 1922, est une minutieuse mise en scène, qui illustre l’idée d’une lutte politique continuation de la guerre et utilisant les mêmes moyens. Sur la table se trouvent plus de revolvers et de grenades que de livres et de stylos, tandis que la simplicité de l’aménagement voudrait suggérer au spectateur l’austérité et le sens de sacrifice du soldat prêt à partir à tout moment…” (préface de Luca Enaudi)

Le texte est disponible en pdf, mais en plusieurs parties :

huit final
huit final 2
huit final 3
Huit final 4

Paris.Photo.2007 (onzième salon) Grand Inventaire, Neuf : Who ?

neuf Who couv 0907

Présentation de Jean-Hugues Berrou :

“Être à la fois photographe et modèle, se trouver des deux côtés de l’appareil. C’est d’abord cela l’autoportrait, une contorsion mentale et physique parfois inconfortable, voire même acrobatique. L’exercice impose le dédoublement instantané, du moins depuis que les surfaces sensibles sont si rapides. Pour entamer l’histoire de l’autoportrait, en 1840, Hippolyte Bayard avait quant à lui tout le temps de s’organiser. Dans son atelier, il enlève le bouchon de son objectif, puis va poser en noyé une bonne vingtaine de minutes, temps de pose nécessaire au procédé qu’il a mis au point. Il veut par là alerter le gouvernement qui boude son invention, et faire croire à un suicide. Le motif exige les yeux clos, il en profite sans doute pour s’accorder une petite sieste, puis retourne à l’appareil pour en reboucher l’objectif, et clore ainsi la prise de vue. Le premier autoportrait est une autofiction. Et comment pourrait-il en être autrement ?”

25.10.2007. Neuf table des matieres

Le pdf complet est disponible : 25.10.2007. Neufpdf
Regnault

Henri-Victor Régnault (1810-1878)
Le jardinier de la Manufacture de Sèvres, 1852
Épreuve sur papier salé encaustiqué, 256×194 mm, montage ancien, annotation d’époque au crayon sous l’épreuve : Par M. Regnault”.

Paris.Photo.2006 (dixième édition) Incorrigibles Iconodules

15.11.2006 Silhouette de Dali

“Tu ne feras point d’image taillée, ni de représentation quelconque des choses qui sont en haut dans les cieux, qui sont en bas sur la terre, et qui sont dans les eaux plus bas que la terre” (Exode, 20-4)

En 787, menés par le négociateur Nicéphore, les Iconodules triomphent au Concile de Nicée contre le parti iconoclaste encouragé d’abord par Constantin V puis Léon IV.

En 1787, le jeune professeur Joseph Niepce se voit brusquement retirer sa classe de 5e et est relégué au rang de Préfet de pension à cause de sa légèreté et de son manque d’autorité sur les élèves qu’il amuse avec des ombres chinoises. Il adopte le prénom de Nicéphore

En août 1967. Salvador Dali annonce : “Je vais photographier Dieu” et entreprends la réalisation de daguerreotypes dans sa maison de Port-Lligat :

“…le tableau que je viens de terminer, la Pêche aux thons, il s’agit pour la première fois d’un espace et d’une conception du monde limitée, donc la conception absoluement à l’opposé de celle de Pascal, l’angoisse duquel nous conduisait aux abîmes insondables des immensités infinies. L’espace de ce tableau est limité par les deux barques qui, s’apprachant et en tirant les filets, réduisent de plus en plus l’espace vital de cette biologie grouillante, de cette naissance collective des fonds abyssaux de la mer..; nous voyons les sardines et les anchois au dernier moment gicler dans tous les sens comme de véritables particules élémentaires. En effet, les protons, les anti-protons, les pimessons et toutes les dernières particules intra-atomiques sont absolument et d’une façon totalitaire chargées d’une énergie violente et uniquement explicable par les limitesde l’univers. Si l’univers était sans limites, l’idée même de l’énergie serait impensable et impossible de concevoir…
Mon grand ami, l’architecte Fundar m’a donné une équation mathématique pour prouver qu’à l’envers de l’angoisse existentialiste de Pascal, tout converge dans notre planète et, dans cette planète, dans la région de Perpignan où l’homme a établi l’étalon-mètre..; étalon qui servira à Dali et à ses collaborateurs Thomas d’Hoste et James, ensemble avec M. Marquet des Poids et Mesures du Ministère de l’Industrie pour obtenir sur une plaque daguerréotype, c’est-à-dire [avec la technique] la plus rétrograde, la dernière idée la plus méticuleusement pseudo-scientifique et sûrement mathématique : la première photographie de Dieu.

Parce qu’il se peut qu’un des grands responsables et du discrédit de l’idée de Dieu des temps modernes est justement Michel-Ange et les peintres de la renaissance lesquels ont peint une image de Dieu le représentant avec des grandes barbes et style radical-socialiste, espèce de Jaurès, orateur et grandiloquent, et c’est certain que la jeunesse de maintenant ne peut pas se satisfaire ni donner crédit à ces images naïves de Dieu.”

(“Interview de Salvador Dali” , Port LLigat, Août 1967, réalisation : Gérard Thomas d’Hoste ; son : Jacques James)
(Note : La Pêche aux thons est aujourd’hui sur l’île de Bendor, à la Fondation Paul Ricard)

15.11.2006. Machine à penser

“Première photographie de Dieu” Projet de Salvador Dali. Opérateurs : Gérard Thomas d’Hoste et Jacques James. Port Lligat, août 1967 Continuer la lecture de « Paris.Photo.2006 (dixième édition) Incorrigibles Iconodules »

Paris.Photo.2004 (huitième salon) Plaisir de l’Analyse

11.11.2004 chat bleu NB

Sous le titre le plaisir de l’analyse, le catalogue offrait une confrontation entre 120 épreuves anciennes et 120 définitions par Lacan de 120 termes freudiens. la maquette semble perdue, il reste des exemplaires imprimés et la trace des cartels du stand de Paris-Photo :

cartels du Plaisir

Plaisir suite fiches

route 2

route

Ce catalogue achevait un cycle de trois années avec
La route de la photographie
L’Épreuve du temps

 

maiakowski0503

rodtchenko Mayakowski

Alexandre Rodtchenco. Mayakowski suicidé.

meyerhold

Portrait de Meyerhold

Paris.Photo.2003 (septième salon) L’Épreuve du Temps

15.11.2003. L'épreuve du temps couv

“J’avais aperçu partout, dans les champs, et sur mon chemin, des hommes devenus statues, et divers animaux transformés en pierre par l’aspect de Méduse. Ce visage hideux, je ne l’avais vu moi-même que réfléchi sur l’airain de mon bouclier ; et tandis que le sommeil versait ses pavots sur le monstre et sur ses couleuvres, je tranchai sa tête.”
Ovide, Métamorphoses.

15.11.2003. L'épreuve du temps gardes

Un siècle avant que la prédiction de Lazare Markovitch Lissitski ne se réalise, avant que nos livres et nos photographies ne se dématérialisent, le dimanche 5 septembre 1886, le Journal illustré présenta ce que Nadar devait définir comme la première interview photographique de l’époque moderne. Le sujet n’était autre qu’Eugène Chevreul (31 août 1786, 9 avril 1889), le Président de l’Académie des sciences pour l’année 1839. À ce titre, Chevreul avait organisé la célèbre séance du 19 août 1839, pendant laquelle Arago avait divulgué le secret de la photographie. Ainsi, Nadar choisissait d’inaugurer ce nouveau genre de reportage en invitant le dernier témoin de la plus grande invention du siècle :

“M. Chevreul. — Je connaissais Monsieur Hersent comme membre de l’Académie des Beaux-Arts et comme peintre distingué. — Je me rencontrai une fois avec lui dans la cour de l’Institut. C’était [en 1839] au sortir de la séance de toutes les Académies réunies dans laquelle Arago venait d’exposer la découverte de Daguerre, sans avoir fait mention du nom de Nicéphore Niépce, le véritable auteur de l’héliographie dont le daguerréotype n’est qu’un des procédés.
Je me trouvai, dans la conversation, avoir à dire à Monsieur Hersent que le jaune à côté du bleu devient orangé et le bleu à côté du jaune passe au violet. Monsieur Hersent, que notre dissertation avait animé, me répondit :
— Si un autre que Monsieur Chevreul me disait cela, je dirais qu’il en a menti ! Mais Monsieur Chevreul me le disant, je lui réponds : — Je veux le voir pour le croire !
Il n’était pas possible, cette fois, de mieux parler. J’invitai aussitôt, de grand cœur, Monseur Hersent à venir me voir à mon laboratoire des Gobelins où je lui donnerais la preuve. Il est mort vingt ans après, sans être jamais venu me voir aux Gobelins, comme je l’en avais prié… Tant il fut peu curieux de connaître cette loi si intéressante du contraste simultané des couleurs !
Et faut-il se dire qu’un peintre de mérite, un homme éminent, classé dans l’élite des artistes, et par conséquent devant son exemple et son enseignement à ceux qui le suivaient, ait pu par indifférence, négligence ou je ne sais quel sentiment inexplicable, se refuser, se dérober à la connaissance de la Vérité, lorsque cette connaissance lui était offerte !
Mais je ne vous ai pas tout dit et il ne suffit pas encore de dire, il faut prouver ; il faut voir. Il faut que vous voyiez, il faut que je vous fasse voir. Je veux faire voir, parce que c’est quand je vois que je crois !…

 

foucauld par fizeau

 

Hippolyte Fizeau. Portrait de Léon Foucault. Paris, vers 1841. Daguerréotype 1/4 de plaque, 107×78 mm, petit poinçon ”c” au verso. ” Hippolyte Fizeau et Léon Foucault étaient tous les deux nés en 1819, à seulement 5 jours d’intervalle. Dès leur rencontre, vers 1841, ils décidèrent de travailler ensemble pour perfectionner le procédé du daguerréotype. De cette collaboration est née la première photographie du soleil. Plus tard, Fizeau calcula seul la première mesure de la vitesse de la lumière en 1849. Il obtint environ 315.400 km/s en employant une roue dentée tournant à vive allure sur un rayon lumineux réfléchi à une distance de 8 km de la source lumineuse. Provenance : Vente du 12 décembre 1997, Bibliothèque de MM. de Jussieu”

Extrait de la notice n° 2 du catalogue L’Épreuve du temps. Ce catalogue entraîna dans notre petite compagnie la réflexion sur les différents âges de la photographies et leurs correspondances dans les différentes zones géopolitiques. Accès au pdf en plusieurs parties :

15.11.2003. L;épreuve du temps cahiers A-B-C-D_ épreuve cahiers A-B-C-D
15.11.2003. L’épreuve du temps cahiers E-F-G
15.11.2003. L’épreuve du temps cahiers H-J-K-L
15.11.2003. L’épreuve du temps cahiers M-N-P
15.11.2003. L’épreuve du temps cahiers Q-R

1-9. Neuf daguerréotypes.
Trois essais primitifs par des scientifiques, Wheastone, Fizeau, Becquerel, suivis de six usages de la nouvelle invention, Richebourg, Lamaille, Andrieux.
10-17. Huit calotypes et papiers salés.
Dont un curieux photomontage et une preuve de patience, car il n’est pas simple de photographier des oiseaux.
18-25. Huit épreuves albuminées.
Portraits de voyageurs, de voleurs, de prêtres et d’artistes.
27. Le regard de Raspoutine.
28-34. Sept photographies argentiques.
Facéties, expérimentations et récréations scientifiques.
35. Sarah Bernhardt dans “Mères françaises”.
36-37. Danses et champagne.
38-47. Procédés trois couches.
Avant-gardes européennes. Les Vkhoutemas, l’école de Vienne, Prague, Londres, Paris.
48. Le portrait de la dame qui mangea son mari.
49-60. Masques et visages.
61-67. 1939-1945.
68. Le Barbier de Nanterre.
69. Alfred Hitchcock.
70-73. Quatre beaux tirages signés des années 1970.
Quand la photographie devint reine, quatre épreuves sélectionnées par Robert Doisneau, Boubat, Janine Niépce et Grete Stern.
74-75. Le grand sommeil.
76-79. Le monde des arts.
80. Le Mitterrand de Warhol.
81. Inna Alexandrovna Pozina.
82-100. Dix-neuf livres et documents sur l’histoire de la photographie.
Tiphaigne de la Roche, Hercules Florence, Nicéphore Niépce, Charles Bouton, Daguerre, John Draper, Victor Hugo, Charles Nègre, Nadar.

La page du catalogue de Paris-Photo reprenait un document warholien :15.11.2003. paris photo 2003

Paris.Photo.2002 (sixième salon) La Route de la Photographie

11.11.2002 Route de la photographie couv

Ce catalogue était le premier d’un cycle de trois, avec L’Épreuve du temps et le Plaisir de l’analyse publiés à la suite en novembre 2003 et 2004.

Profitant des nouvelles possibilités offertes par les progrès de la PAO et des logiciels de mise en page et de traitement d’image, chaque catalogue se concentrait sur 100 épreuves, “Cent propositions pour une collection”, dont les reproductions étaient prévédées de textes rares à trouver, comme le reportage en direct sur le suspens de la divulgation de la photographie par Alfred Donné (1839).

“Le premier perfectionnement auquel est parvenu M. Niepce a été de rendre la nature telle qu’elle est sous le rapport des ombres et des clairs, et de remplacer les effets renversés par des effets en harmonie avec la lumière … C’est à l’aide d’une préparation obtenue avec le bitume de judée sec et dissous dans l’huile de lavande que M. Niepce a fait ses premiers essais et obtenu ses premiers succés.

Il parvint en outre à soustraire sa préparation à l’action ultérieure de la lumière, de manière à pouvoir conserver les empreintes qu’il avait produite ; jusque-là ces empreintes ne pouvaient pas même être vues, puisque du moment où on les exposait à la lumière pour les regarder, tout s’effaçait en prenant une teinte uniforme.

Enfin, un troisième point, le plus curieux, le plus inattendu, qui a dû singulièrement exercer la sagacité de M. Niepce et qui joue encore le plus grand rôle dans les effets du Daguerrotype est le suivant : lorsque la feuille de cuivre plaquée d’argent sur laquelle était étendue la préparation de bitume avait été exposée à l’action de la lumière, l’empreinte des images était à peine sensible quoiqu’elle existât réellement comme on va le voir, et il a fallu un nouvel effort d’invention pour la faire apparaître aux yeux … L’image imprimée par les rayons lumineux sur la préparation de M. Niepce a besoin, pour se produire aux yeux, de subir l’action d’un nouvel agent, et cet agent était l’huile de pétrole dans les essais de l’auteur ; l’huile de pétrole, à ce qu’il paraît, a la propriété d’attaquer et de dissoudre les points de la surface métallique qui ont été préservés par les ombres de l’action de la lumière, tandis qu’elle est sans influence sur les points frappés par les rayons du soleil ; on voit alors l’image sortir de la courbe où elle était cachée, et il suffit de laver la plaque pour la soustraire à l’action ultérieure de la lumière…

C’était, on le conçoit, jour de solennité à l’Institut ; l’Académie des Sciences et l’Académie des Beaux-Arts s’étaient réunies pour entendre l’exposition, faite par M. Arago, des procédés de M. Daguerre, dont on s’entretient avec tant d’intérêt dans le monde depuis huit ou dix mois ; les résultats que l’on avait vus de cette importante découverte, inspiraient une vive curiosité d’en connaître le secret, et ce secret touchant à la fois aux intérêts des arts et à ceux de la science, un nombreux public, composé d’artistes, de savants et d’amateurs, se pressait aux portes de l’Institut, trois heures avant l’ouverture de la séance ; dans cet empressement auquel l’Académie n’est point accoutumée, on pouvait craindre qu’il n’y eût quelque désordre ; mais les mesures avaient été si bien prises, que tout le monde, au moins tout ce qui a pu entrer dans la salle, a pu voir et examiner à son aise les produits du Daguerrotype, et entendre les développemens dans lesquels est entré M. Arago…

Trois tableaux exécutés par les procédés de M. Daguerre étaient exposés comme échantillons ; ces tableaux ont sans doute été fort admirés ; mais ce n’était pas là l’objet important de la séance ; deux d’entre eux étaient connus, et personne ne doutait de la perfection des résultats obtenus par M. Daguerre lui-même : on savait qu’entre ses mains son invention était arrivée au plus haut degré de perfection. ..

Le procédé de M. Daguerre est destiné à le répandre, et peut-être n’est-il que trop en harmonie avec notre disposition actuelle et trop propre à favoriser les penchants et les goûts de notre époque…”
(Alfred Donné, Feuilleton du Journal des Débats, et divers articles sur la divulgation du secret du daguerréotype, janvier à septembre 1839)

Accès à la suite du texte et au catalogue complet en pdf. Les progrès des traitements de textes étaient quand même relatifs et le pdf est constitué de sept parties contenant un ou plusieurs cahiers de 12 pages, décrivant différentes parties de u globe où arrive tour à tour la nouvelle de l’invention , avec tous ses effets, succession de zones géographiques, qui préfigure une classification simple.

11.11.2002 Route de la photographie A-E
11.11.2002 Route de la photographie F-H
11.11.2002 Route de la photographie J-L
11.11.2002 Route de la photographie M-P
11.11.2002 Route de la photographie Q
11.11.2002 Route de la photographie R-T
11.11.2002 Route de la photographie V-W

Accédez aux deux autres catalogues du même cycle :
L’Épreuve du temps
le Plaisir de l’analyse

Paris.Photo.2001 (cinquième salon) Satyricon Redivivum (Fellini Secchiaroli)

14.11.2001 Satyriconannonce paris photo

À l’occasion de la sortie du premier livre de photographies entièrement rédigé en latin, les cartels du stand Paris Photo 2001 étaient rédigés en latin, les prix en chiffres romain :

14.11.2001 Satyricon cartels paris photo

“Satyricon Redivivium, 100 photos noir et blanc prises en 1968 par Tazio Secchiaroli sur le tournage de Fellini Satyricon, texte tout en latin extrait du Satyricon de Pétrone, Éditions In Ædibus Rhinocerotis ferocis/Serge Plantureux, Paris, 2001.” (article de wikipedia)

Paris.Photo.2000 (quatrième édition) Catalogue Vanités

Maïakovski et la mort

Ce catalogue publié en coïncidence avec le salon Paris-Photo de novembre 2000 décrit 200 épreuves anciennes. Il est numéroté “Un” mais en fait il est le dernier d’un cycle de six catalogues, tous numérotés à rebours.

En guise de présentation figurent deux phrases sybillines :

“Si jeunesse savait, si richesse pouvait” (proverbe moldave)

“Un collectionneur est quelqu’un qui voit ce que les autres ne voient pas” (Pablo Picasso)

Le cycle des six catalogues :

6) Dépressions & Solutions,1994.

5) Objets du desir,1997.

4) Aventures élémentaires, 1998

3) Petites histoires de photographies, 1999

2) Hors-La-Ville Zones, Banlieus, Ghettos, 1999

1) Vanités, 2000

Paris.Photo.1999 (troisième salon) Raoul Hausmann

15.11.1999 Hausmann a Paris Photo

Pages du catalogue du salon : 15.11.1999.pub paris-photo Hausmann

gardes hausmann 31

“Je l’avais vu dès 1940 traîner ça et là dans le village, tenant du boxeur myope, de l’alpiniste tyrolien et du touriste narquois, avec ses lunettes lenticulaires, sa veste et ses knickerbockers verts à carreaux, sa casquette clabaud aux pans relevés sur le sommet comme celle de Sherlock Holmes” (Sarane Alexandrian, l’aventure en soi, p. 105)

Raoul Hausmann22

Les publications concernant Raoul Hausmann sont plus nombreuses, mais contiennent des informations souvent contradictoires tant cet artiste résiste à l’exercice biographique et à la simplification. Raoul Hausmann a théorisé et pratiqué toutes les formes de créativité passant à sa portée, l’interview de Vera Broïdo avec Bartholomeuw Mari suggère quelques clés de cette débordante activité. Ses photographies nous semblent aujourd’hui remarquables et, heureusement pour nous, quelques épreuves anciennes sont parvenues jusqu’à nous, conservées par sa dernière compagne où quelques interlocuteurs de sa longue vie errante.

Raoul Hausmann21
Essai de chronologie, entretien avec Henri Pénicaut

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Raoul Hausmann est né le 12 juillet 1886 à Vienne, capitale de l’Empire Austro-Hongrois.
Pendant les années 1930, il dispose d’un passeport tchécoslovaque pour voyager, mais on le déchoit de sa nationalité après 1945, en raison de son “ascendance trop allemande”. L’administration française refuse de lui accorder la citoyenneté en 1960, le sénat de Berlin lui vote la nationalité allemande qu’il a finalement sollicitée pour ne plus être apatride.
Son père, Victor Hausmann, disciple d’Ermenegildo Donadini et de Karl von Piloty pratique et enseigne la peinture classique, académique, historique, dans la capitale impériale des Habsbourg. En déménageant en 1900 à Berlin, il continue à élever son fils dans une éducation artistique parfaite pour l’époque, fréquentant les cercles d’artistes les plus bourgeois mais aussi les plus remuants, Raoul abandonne le collège à 14 ans pour se consacrer à la vie créative.
Raoul Hausmann17
Raoul Hausmann n’a jamais commenté le double suicide de son prère et de sa mère le 5 février 1920 dans leur appartement de Berlin-Steglitz, Feuerbachstraße, 12, sinon par une sobre phrase dans un roman partiellement autobiographique : “Der Vater ist unsichtbar, doch es ist der Vater (le père est invisible, c’est donc le père, Hyle, page 95)”.
Le 18 février 1920, 13 jours plus tard, il anime avec Johannes Baader une folle soirée Dada à Hamburg. Son engagement dada redouble.
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Pendant l’été 1927, dans le port allemand de Kampen sur l’ile de Sylt, à la frontière occidentale avec le Danemark sur la Mer du Nord, Raoul Hausmann s’essaye pour la première fois à la photographie au coin du feu, avec son ami Henrik Wolzonn, le médecin sans pratique résidant au village.
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Ses premiers essais personnels, en tirage contact ou sus papier mat ne sont ni signés ni tamponnés. Toutes les épreuves conservées par Hausmann ont été inventoriées en 1990 chez Marthe Prévot et portent une référence au crayon au verso.
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Sylt devient trop célèbre, trop fréquentée, trop chère et dès l’été 1929, c’est plus à l’est, sur la côte balte de la Poméranie que Hausmann perfectionne sa pratique de la photographie. À Jershöjt, Poméranie, devenu Jaroslaviec, Pologne depuis 1945. C’est là qu’il réalise les remarquables études de nus de ses compagnes.
Le dadasophe est bigame, cet entêtement à braver la morale occidentale lui vaudra beaucoup d’incompréhension de ses contemporains, probablement plus tolérants néanmoins que leurs descendants.
Raoul Haumann a rencontré en 1905, sa première femme Elfriede Schaeffer (1876-1952), il n’a pas 19 ans, elle est plus âgée de 10 ans. Il a rencontré Hannah Höch (1889-1978) en 1915. Il se sépare de Hannah et divorce presque simultanément de Elfriede au début de 1922.
Il vient de rencontrer Hedwig Mankiewitz (1893-1974), qui l’épouse le 23 février 1923 et l’accompagnera jusqu’à la fin de sa vie à Limoges. Hedwig acceptera à plusieurs reprises ce systeme du ménage à trois, acceptant de vivre d’abord avec la jeune Vera Broïdo (née en 1907), rencontrée au printemps 1927 et qui sera présente jusqu’en Espagne en 1934 puis plus tard avec la jeune limougeote Marthe Prévost, rencontrée en septembre 1939 dans le refuge campagnard de Peyrat-le-Chateau.
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Hausmann expose pour la première fois des photographies de dunes à Stettin en sptembre 1931. Puis il participe à l’exposition de Hambourg de 1932.
Deux sortes de tirages anciens : mat foncé et mat plus blanc filigrané Agfa-Brovira.
Les tirages contacts sont souvent sur des papiers brillants filigranés Agfa-Lupex.
Hausann utilise un tampon.
Quelques épreuves vendues par Hausmann en 1932 sont réapparues dans l’extraordinaire vente Sotheby’s du 2 mai 1997, présentée comme la succession Helene Anderson, du nom de la belle-mère de la directrice d’une maison de retraite suisse où venait de disparaître la veuve de l’industriel de Dresde, collectionneur éclectique et militant nazi, Kurt Kirchbach.
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Dix jour après l’incendie du Reichstag et les arrestations de 4.000 communistes allemands, le 9 mars 1933 à 10 heures du soir, Hausmann et ses deux femmes prennent le train de nuit pour Paris. Ils ont pu retirer leurs maigres économies de la banque et se sont préparés pour l’exil.
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Entretien avec Henri Pénicaut (né en 1922) fondateur avec le journaliste Jacques Marjac (né en 1920) du C.A.P.L. en 1949.
Pénicaut rentre à pied du STO à Berlin-Postdam à l’été 1945. En chemin, il réquisitionne (butin de guerre) un appareil photo dans une ferme, un 6×6 isolet, qui devient son premier appareil.
Marjac (nom adopté dans la résistance) est journaliste au Populaire de Limoges et retrouve souvent Pénicaut à la sortie de l’imprimerie. Ils se sont croisés dans le studio du photographe commercial Milan, Bd Carnot, qui encouragea la création du club. Chez Milan, le Docteur Périgord montre aux deux jeunes les livres de référence, comme le traté du Leica du Dr Paul Wolff. Plus tard, c’est lui qui rapportera de Paris Images à la sauvette (Cartier-Bresson de 1958).
À la fondation, le club compte 15 membres dont une jeune femme Françoise qui a épousé un négociant en appareil (Neyens). On note aussi Barny, un homme plus âgé client de Milan. Pénicaut se marie en 1955 et quitte bientôt Limoges.
Le CAPL participe à la coupe de France (2 échelons, 25 clubs)1953.
Raoul Hausmann rejoint le CAPL en 1951, il arriva un soir d’hiver, impressionnant avec ses habits excentriques, ses deux épouses (dont l’une avec un fort accent), sa mauvaise vue. Il vivait alors dans un grand dénuement, sa table de nuit était un cageot de bouteilles renversé. Mais avec une grande dignité bourrue.
Un soir, RH présente ses tirages d’avant-garde lors d’une séance de sélection pour participer au salon de Bordeaux, présidé par Léonard. On accepte et ce sera l’unique fois de présenter quelques une de ses tirages mats sur papier “chamois”. Mais dès 1954, RH devra retirer toutes ses photos sur papier blanc-brillant (glacé).
RH ne facilite pas la tâche du directeur du club qui doit chaque calmer les esprits après ses provocations: ainsii un soir de sélection, il se lève sans prévenir et récite un poème phonétique, en vocalise tonitruante.

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Il faisiat un peu pitié, il était si peu impressionnant avec ses habits usés, on aurait dit un clochard, très fatigué par les épreuves des années de privation. On n’a jamais osé faire son portrait. Sa maison était dans le plus extrême dénuement, aucun objet d’art.
Pendant les séances où l’on regardait les photographies des uns et des autres, il était très humble, très secrets, avare d’explications, lachant seulement de temps en temps: “J”ai pris cela sur les plages de la Baltique”, “ Ile de Sylt”.
Il regardait les photos des autres en silence sauf de temlps en temps un: “ celle-là je l’aime bien”, il s’agissait d’une photo de P., une balle de tennis sur une chaise canelée qui réutilisait une idée de H (série l’ombre d’une chaise).
Il a payé sa cotisation, il venait avec ses deux femmes qu’il prtésentait ainsi ; l’une c’est ma femme, l’autre c’est ma maîtresse.
600 club français concourraient. Le CAPL est arrivé 4eme en 1951 (1953 ?) avec Hausmann. Il fallait présenter 4×4 épreuves : L’homme, le paysage, nature morte et libre. Il y avait eu 4 de P. 1 de Barny, Claude Hebrar et Greleau, l’ingénieur de sponts et chaussées.
Mais les formats et les papiers sont imposés : 30×40 blanc-brillant (justification donnée plus nerveux, meilleurs contrastes, il fallait fuir le pictorialisme d’avant-guerre). Hausmann notait au dos l’appareil utilisé. (Salons de Vienne et Paris, deux organisateurs rivaux Daniel Masclet et Lucien Lorelle)
P. partait aux salons de Préigueux ou Bordeaux au 6-7 dans 2-3 voitures (R.H. n’est pas venu, il vivait complètement reclus, incapable de se répérer dans Limoges, éternellement accompagné de ses deux femmes).
Chaque deux ans se tient un salon à Limoges avec des clubs invités. 15 jours dans la mairie, au premier étage. R.H. trainait dans les salles pour écouter les commentaires. Il participait aux accrochages pour suggérer des associations impertinentes, un pied semble donné un coup aux trois chaises du cadre à sa droite.

Raoul Hausmann06
R.H. avait fini par être accepté au club malgré d’énormes résistances combattues par P. Seule une minorité sur les 15 membres acceptait les images de R.H. Aucun ne tolérait son accent, son mode de vie. Greleau riait à son humour : devant une composition champêtre d’un poulain têtant sa mère, H. avait proposé le titre “un p’tit coup de blanc”.
La sélection pour l’accrochage des 150 à 200 photos avait valu le surnom de “Comité de la hache”. La jambe entr’ouverte de H. a été écartée à l’unanimité (jamais accrochée).
Après le récit d’un poéme, silence glacial d’incompréhension. le club le prenait au mieux pour un farfelu et s’étonnait que je sois ami avec lui. Il avait souvent d’étranges anomatopées, on pensait que c’était du Yiddish.

Hausman nègre

Paris.Photo.1998 (deuxième salon) La Police Donne un Visage à l’Anarchie

12.11.1998 Paris Photo Anarchistes 1

La première participation au célèbre salon Paris Photo fut l’occasion de reconstruire un mur avec plus de 400 portraits d’anarchistes fichés pour leurs opinions.

12.11.1998 Paris Photo Anarchistes 2

12.11.1998 La Police donne un visage aux Anarchistes

Un petit catalogue en papier reproduisait quelques portraits avec une liste de 417 noms, complété de l’âge et de la profession des suspects. Deux remarques : le célèbre Félix Fénéon, employé de Bernheim Jeune est reproduit sous le numéro 418, sans son nom. Quant à Ravachol, il figurait dans l’ensemble exposé, mais n’était pas à l’origine dans le fichier des suspects car il était déjà arrété. Sa présence relevait d’un choix historiographique.

12.11.1998 Paris Photo Ravachol

Voici la liste complétée des suspects de 1894, nom,’âge, profession, jour de leur fichage :

1. Adnet. Clotilde. 19 ans, née en décembre 74 à Argentant (Orne). Brodeuse. 7/1/94.
2. Adnet. Jeanne, Marie (femme Quesnel). 22 ans, née à Argentan. Couturière. 8/1/94.
3. Agneli. Gustave. 24 ans, né à Sala (Suède) le 24/5/69. Artiste-peintre. 14/3/94.
4. Alban. Jean-Louis. 35 ans, né à Paris. Plombier. Fiché le 5/3/94.
5. Alicante. Philibert. 33 ans, né à Seire (Seine & Oise). Coupeur de talons. 7/3/94.
6. Anacléto. Joseph, Jean-Baptiste. 36 ans, né le 14/7/57. Coiffeur. 16/3/94.
7. Anceau. Aimé-Firmin. 20 ans, né le 18/2/74 à Paris XIIe. Sculpteur sur bois. 17/7/94.
8. Arnaud. Eugène. 47 ans, né à Villeveyrac (Hérault). Ferblantier. 20/3/94.
9. Augendre. Ernest. 37 ans, né à St-Pierre le Moutier (Nièvre). Maçon. 1/3/94.

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