07.09.2017. La réception de l’invention proclamée de Daguerre, quelques articles dans la presse parisienne des années 1830 et 1840.

Procédé de Daguerre avec la lumière, Le Journal des Débats, 5 février 1839

Réclamation relative à l’invention de Daguerre adressée à l’Académie par M. Talbot; pris de position en faveur de Daguerre, en considérant qu’il s’occupe de son travail depuis plus de dix ans: “(l’invention) les uns la trouvent consignée tout au long dans quelque passage de leurs nombreux ouvrages; lorsqu’elle ne s’y trouve pas explicitement et en toutes lettres, ils vous la montrent au moins sous forme de doute ou de prophétie (…) d’autres trouvent le moyen de donner instantanément du corps et de la vie à une idée vague qu’ils ont émise et qu’ils n’ont su poursuivre ni démontrer”.

Des l’année 1814, Nièpce s’occupait de réaliser l’idée première de fixer les images de la chambre claire; mais le procédé de Daguerre est considéré ici remarquable par “sa véritable découverte”, c’est-à-dire la composition d’une substance caractérisée par une extrême sensibilité à l’influence de la lumière.

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14.04.2016 PWT 15-2016 «Mr. Daguerre has too much promised … Mr. Daguerre is compromised» “Monsieur Daguerre a trop promis… Monsieur Daguerre s’est compromis” (première livraison)

PWT-15 couv

This transmission presents articles as well as a first selection of books and lithographsrelated to Daguerre, the Diorama, and the discovery of photography.

During the next months there will be 4 more transmissions dedicated to the same topic,
preparing the October convention of the Daguerrian Society of America in NYC.

07.01.2015 Il y a 76 ans, le 07 janvier 1939, Paul Valery célèbre le centenaire de l’annonce de l’invention de la Photographie, “une nouvelle inquiétude”

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“Invitée à paraître dans cette solennité, qui fut instituée pour célébrer une invention toute nationale, et l’une des plus admirables qui aient été produites au cours du XIXe siècle, l’Académie française ne pouvait manquer d’y faire entendre son hommage aux grands Français qui ont eu l’idée de la Photographie, et qui ont su les premiers fixer la ressemblance des choses visibles par l’action de la lumière qui émane d’elles.

Ces « autres créations modernes du génie humain » renvoient en premier lieu aux techniques d’impres (…)
2Les Lettres, cependant, au culte desquelles notre Compagnie est particulièrement vouée, ne semblent point, au premier regard, offrir des rapports très évidents avec cette belle invention, ni avoir été par celle-ci plus grandement modifiées dans leur esprit et dans leurs pratiques qu’elles ne l’ont été par tant d’autres créations modernes du génie humain.

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01.05?2014. Les onze premières expositions des produits de l’industrie française, 1798-1849 et l’apparition de l’héliographie.

Première exposition : An VI, 1798 (Directoire)
Sur une idée de François de Neufchateau
Soixante arcades construites sur le Champ de Mars
Trois Jours, parmi les jours complémentaires de l’an VI de la Révolution (19-21 septembre 1798)
110 exposants dont les Didot présentant les éditions “stéréotypes”.
Remarque sur les jours complémentaires, Les cinq jours supplémentaires de fin d’année, parfois appelés sans-culottides ou sanculotides avait tous un nom :
jour de la vertu (17 septembre), du génie (18 septembre), du travail (19 septembre), de l’opinion (20 septembre), des récompenses (21 septembre)
L’an III et l’an VII en eurent un sixième dénommé jour de la révolution (22 septembre)
Les prix furent remis le jour des récompenses.

Deuxième exposition : An IX, 1801 (Consulat)
Cent quatre portiques dans la cour du Louvre
Cinq Jours complémentaires de l’an IX (17-21 septembre 1801)
Chaptal fait déposer un exemplaire de chaque invention exposée au CNAM
229 exposants

Troisième exposition : An X, 1802 (Consulat)
Cent quatre portiques dans la cour du Louvre,
avec au centre une reconstitution à l’échelle de la Lanterne de Démosthène
Six Jours dont les complémentaires de l’an X (16-21 septembre 1802)
540 exposants

Quatrième exposition : 1806 (Empire)
Cent vingt-quatre portiques dans la cour des Invalides
Vingt-quatre jours de Septembre 1806
1422 exposants
Remarque : Le 22 fructidor an XIII (9 septembre 1805), Napoléon signa le sénatus-consulte qui instaura le retour au calendrier grégorien à partir du 1er janvier 1806.

Longue interruption des expositions

Cinquième exposition : 1819 (Louis XVIII)
Quarante-et-une salles du Palais du Louvre
Trente-six jours, inauguration le 25 Aout 1819
1662 exposants

Sixième exposition : 1823 (Louis XVIII)
Colonnade et premier étage du Palais du Louvre
Août 1823
Membres du Jury : Arago, Biot, Gay-Lussac, …
1648 exposants

Septième exposition : 1827 (Charles X)
Membres du Jury : Arago, Gay-Lussac, baron Gérard …
1631 exposants reçurent 425 récompenses

Interruption

Huitième exposition : 1834 (Gouvernement de Juillet)
sur une surface de 14.288 m2
Membres du Jury : Brongniart, Paul Delaroche, Gay-Lussac, baron Gérard…
2447 exposants reçurent 697 récompenses

Neuvième exposition : 1839
Du 1er mai au 31 juillet 1839
Grand Carré des Jeux aux Champs Élysées, sur une surface de 16.500 m2
6e commission des Beaux Arts : Fontaine, Président, Beudin, Blanqui, Brongniart, Paul Delaroche, Léon de Laborde (rapporteur des progrès de l’imprimerie et de la litograpgie), Renouard et Sallandrouze.
8e commission des Arts divers : Chevreul, président, Barbet, Bosquillon … laborde (rapporteur des progrès des imitations de la nature)…Schlumberger
3381 exposants
Remise des médailles et des prix le 28 juillet 1839

Dixième exposition : 1844
exposants
Avec le premier rapport sur la “photographie” alors dénommée “Épreuves daguerriennes”
Texte numérisé complet accessible sur le site du CNAM
Pas de médailles aux photographes mais des mentions honorables pour Sabatier-Blot et Bourquin, et des citations favorables pour Claudet et Bisson aîné :
Claudet Bisson 1844

Onzième exposition : 1849
exposants
Avec le second rapport sur la “photographie” alors dénommée “Héliographie sur plaque, ou sur papier”
Septième section : Héliographie; Léon de Laborde rapporteur et auteur d’un remarquable article introductif. Texte numérisé complet accessible sur le site du CNAM

On remarque qu’il accompagne la médaille descernée à Bayard d’un regret sur la retenue fort peu “commerciale” de l’inventeur :

Bayard en 1849-2

Bayard en 1849

Ce sera ensuite le début des célèbres expositions universelles :

Exposition Universelle de Londres, 1851

Exposition Universelle de Paris, 1855

27.01.2014 Vente d’un daguerréotype de Cyrus Macaire à Rennes lundi 27 janvier

 

DaguerréotypeMacaire

Louis-Cyrus Macaire (1807-1871) et Jean-Victor Warnod (1812-1892)
Navire quittant le port du Havre
c. 1851-1853
Daguerréotype 1/2 plaque (à vue 147×106 mm), dans son cadre en bois noirci d’origine, verre noir peint, papier bleu d’origine.
Image probablement non redressée comme pour la plaque de la BNF, afin de favoriser la vitesse et netteté de la prise de vue.
Jean Victor Macaire a changé de nom pour porter celui de son épouse, Louis Warnod, en 1847.

Exceptionnel daguerréotype en parfait état d’origine, jamais ouvert. La provenance est explicitée dans les deux articles de Ouest-france reproduits ci-dessous. Maître Carole Jezequel l’a adjugé 87.000 euros.

Un seul daguerrotype repertorié à ce jour, il est à la Bibliothèque Nationale Cf BNF Res Eg6-170. Il a été exposé au Musée d’Orsay, Le daguerréotype francais. Un objet photographique (2003) page 271 (reproduction et notice) puis au Metropolitan Museum, “The Dawn of Photography: French Daguerreotypes, 1839-1855” (2004) Louis-Cyrus Macaire and Jean-Victor Macaire-Warnod, known as “les frères Macaire” (French, 1807-1871; French, 1812-after 1886), Ship Leaving the Port of Le Havre, 1851.

Les photographes se sont installés en haut de l’ancienne tour François Ier, on aperçoit le public sur la Jetée Nord (CF fin de cet article).

Coordonnées de la maison d’enchères : ÉTUDE RENNES ENCHÈRES

Ces daguerréotypes aujourd’hui bien rares furent remarqués et célébrés par le public du début du Second Empire. Voici un extrait de l’article célèbre de Francis Wey (1853)

Comment le soleil est devenu peintre – Histoire du daguerréotype et de la photographie
(Le Musée des familles, 20 juillet 1853, p. 289-300).

Il semblait, après tant de prodiges, que la voie perfectible était parcourue jusqu’à ses limites, lorsque l’on apprit, il y a dix-huit mois, que des héliographes, établis au Havre, obtenaient des dessins de marine, et saisissaient au vol les vagues de l’océan. — La chose est impossible, disait-on ; mais les savants n’eurent pas le loisir de le démontrer ; on adressa des preuves palpables à l’Institut.
Par l’effet de la rapidité avec laquelle ils opèrent, MM. Macaire et Warnod sont parvenus à saisir, dans le mouvement même, un fugitif instant d’immobilité relative …
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17.04.0001 – Le catalogue de la vente dans tous ses états

Pour les bibliographes, nous précisons qu’il existe en tout trois états du catalogue de papier, au format grand in-12 carré

Couvertures Deux versions

 

État A, achevé d’imprimé du 13 mars 2013, Photographie sur la couverture avec un P majuscule, imposition dite en cascade, impression des feuillets recto-verso à partir du troisième, broché, cousu.

État B, achevé d’imprimé du 1er avril 2013, Photographie sur la couverture avec un p minuscule, imposition dite en cascade mais avec un décalage d’une page, impression des feuillets en vis-à-vis, page du collophon redressée, broché cousu, une correction au dos du volume.

État C, identique pour le corps à la version B, reliure souple « integra », gardes blanches.

15.04.2013 – Autoportrait de Fortuné Petiot-Groffier. Éléments nouveaux et méthodes d’attribution

concernant le portrait daguerrien de l’homme assis reproduit en couverture du catalogue de la vente du 17 avril 2013.

Homme assis 1841

Ce daguerréotype a été trouvé avec une autre demi-plaque de même format dans l’atelier préservé de Petiot-Groffier à Châtenoy-le-Royal dans les années 1960 et vendus dans une vente aux enchères à Dijon.

Il avait alors été identifié avec le célèbre Bayard par lʼiconographe assisant Mme Chautard, la bibliothécaire chargée dʼun musée de la photographie financé par l’entreprise Kodak et situé au milieu de leurs usines de Vincennes.

Cette identification correspondait au souvenir de la famille : Petiot-Groffier aurait conservé avec lui les portraits des deux hommes qui l’avaient initié en 1841 à la photographie daguerrienne.

Autoportrait Richebourg petit

La confirmation des identifications resta difficile pendant des décennies. Un nouveau visiteur trouva dans le même atelier un manuscrit de 15 pages autographe adressé par Richebourg à Petiot-Groffier, et publié dans les Carnets de Clémentine.

Ce document identifiait définitivement l’un des deux autoportraits confirmant ainsi la tradition transmise dans la famille.

page de Richebourg

Lors de la vente aux enchères (Collection Jammes, La Photographie IV), chez Sotheby’s, les deux portraits étaient catalogués sans attributions, mais une annotation au dos du montage indiquait l’hypothèse : “Bayard ??”

Bayard-Petiot Groffier1

 

Dag Sotheby's

Dans les premiers mois de 2013, un projet dirigé par Michel Frizot aboutit à la mise à disposition des chercheurs d’une version numérisée des positifs directs de Hippolyte Bayard (HB) conservés à la SFP dont deux autoportraits restés à ce jour inédits et datant de 1839. On remarque l’attitude et la pause adoptées, communes à tous ces portraits de la période “primitive”.

Bayard-SFP

 

Puis, le 25 mars 2013, une nouvelle piste à vérifier, un nouvel indice à prendre en considération. M. François Lepage nous communica une esquisse de portrait de M. Joseph-Fortuné Petiot-Groffier (PG) en nous suggérant de la comparer au modèle du daguerréotype.

Nous avons à la suite de sa demande récherché un portrait de PG daté vers 1850, et de fait il y en avait un dans les collections de la Bibliothèque Clémentine (aujourd’hui offertes et transmises à la SFP, rue de Richelieu).

Voici les éléments et la méthode que nous considérons. Suite dans le pdf :

Discussion portrait assis au daguerréotype PG et HB 0413

01.09.2010 Publication du Trésor de Mercure (Daguerréotypes de Girault de Prangey)

Trésor de Mercure couv

Esprit fort et indépendant né après la Terreur, Joseph-Philibert Girault de Prangey (1804-1892) est le dernier descendant des seigneurs de Vitry dont le fief de Vitry-lès-Nogent (Haute-Marne) a été entièrement détruit au début du XVIIe siècle. Il nait à Langres, l’antique Andemantunum, ville gallo-romaine dont le nombre des habitants n’a pas bougé depuis vingt siècles, 8.000 personnes à chaque époque dont le célèbre Denis Diderot au XVIIIe siècle. Girault y étudie les arts avec son ami le futur peintre Jules-Claude Ziegler (1804-1856), puis ensemble ils partent pour Paris parfaire leur formation dans les ateliers de Ingres et Heim. Ils créent ensemble le premier musée de Langres dans l’ église Saint-Didier, abandonnée depuis la revolution. L’esprit mordant de Joseph-Philibert irrite et irritera toute sa vie ses contemporains, il a lu le Dernier Abencérage de Chateaubriand et part pour l’Espagne étudier les vestiges arabes de l’Andalousie. Après avoir vu mourir son père, ses deux jeunes frères, sa petite soeur et enfin sa mère en 1828, il reste solitaire. De retour de Grenade en 1835, il consacre son héritage à la construction d’un palais mauresque dans le lieu le plus froid et le plus austère de France, une anfractuosité du plateau de Langres, à l’abri de l’incompréhension de ses contemporains hostiles mais avec une vue dégagée sur les Alpes, les Vosges et le Jura. Bien avant le gout pour l’orientalisme en architecture et le modernisme visionnaire de Jules Verne,
il invente un palais ajouré d’arabesques, les Tuaires de Courcelles sont inspirés d’un Yali.

Un astucieux système de réseau de fontaines chantantes et de tuyaux de vapeur sous pression animent et chauffent des serres peuplées de fruits exotiques, d’ananas et de palmiers, d’oiseaux de paradis et de perroquets moqueurs.

Continuer la lecture de « 01.09.2010 Publication du Trésor de Mercure (Daguerréotypes de Girault de Prangey) »

30.04.2010 Coédition avec une galerie d’antiquités : Stone and Photography

couverture stones

This volume is published in conjunction with an exhibition entitled Stone and Photography. From the Middle Ages to Medievalism May 4, 2010 to July 31, 2010
Pierre et Photographie. Du médiéval au médiévisme, LES ENLUMINURES, Le Louvre des Antiquaires 2, Place du Palais-Royal, 75001 Paris – France tel : +33 (0)1 42 60 15 58 info@lesenluminures.com http://www.lesenluminures.com
Remerciements : Annie Blanc, Jacques Torregano, Virginie Enl’art

“L’invention photographique de Daguerre est présentée en août 1839, par Arago devant l’Académie des sciences. L’État français l’acquiert contre une rente viagère annuelle de 6 000 francs versée à Daguerre et de 4 000 francs à Isidore Niépce, le fils de Nicéphore, pour en faire don au monde.
Daguerrre est aussi peintre. L’Intérieur de Rossly Chapel qu’il peint en 1824, montre que l’esprit et l’esthétique de ses peintures et dioramas sont marqués par le néogothique.
De la Révolution à la Restauration se définit la notion de monument historique.C’est la naissance d’une administration mais aussi d’une esthétique qui trouve dans la génération romantique ses hérauts.
Les premiers photographes sont face à un dilemme, la plus moderne des inventions est mise au service de l’inventaire du passé. Pourtant les premiers d’entre eux sont les plus jeunes et s’avèrent être les plus audacieux…”

Carnet en pdf : Stones maquette

31.01.2004 Serge Plantureux : The Quest of Joseph Hamel to Find the Real Inventor of Photography

31:.01.2004 couv English Hamel

Niepce, Doguerre or Talbor ? ENGLISH TRANSLATION BY SUSY FIRTH :

“Photography was about to make its appearance on the world’s stage, although it did not yet bear the name of photography.

For some time now, the public had been closely following the work of research chemists and opticians, who in various countries had been trying to find a simple but effective method of reproducing faces and landscapes. The shop windows of the Palais-Royal put the latest drawing machines on display, the mysterious camera obscura and the elegant camera lucida with its long articulated arm. At the beginning of January 1839, the French newspapers announced that the eagerly awaited new invention was finally ready, and was of such a particular nature that a grand ceremony was going to be held in which scholars, artists and the Nation’s leaders would come together to celebrate the universal significance of the new invention. There would be no favouritism towards captains of industry, no legal or administrative barriers to slow down production, and this marvel, which would come to be called photography would soon be given, in the name of France to the whole of Humanity.

To be precise, the government had decided in a spirit of longstanding cordial rivalry, to give the secret to the whole world, except for England, a country very pernickety about patents, and sceptical about the ostensible paternity of the invention. The French inventors would of course be celebrated and decorated for this generosity. Rarely has a gift given so much pleasure and for so long.

Perhaps the quickest to appreciate it was a certain Joseph Hamel…”

31:.01.2004 maquette English Hamel

Accés au texte français publié six mois plus tôt :

L’Espion et la Fougère

21.01.2004 Serge Plantureux : Niepce, Daguerre or Talbot ? Or The Quest of Joseph Hamel to Find the Real Inventor of Photography

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Texte complet :

Niepce, Daguerre or Talbot ? Or The Quest of Joseph Hamel to Find the Real Inventor of Photography

A review was published in the iphotocentral Newsletter :

 

NIEPCE, DAGUERRE OR TALBOT? THE QUEST OF JOSEPH HAMEL TO FIND
THE REAL INVENTOR OF PHOTOGRAPHY. English translation by Suzy Firth.

History is slippery in the best of circumstances, but in looking backward to the wwatershed year of 1839, when photography emerged amidst the smoke and
steam of the Industrial Revolution, the view is hazy at best. Who invented
the medium? The great names attached to the beginnings of photography are
familiar enough–mainly Louis-Jacques-Mandy Daguerre and William Henry Fox
Talbot–but this short investigative essay by Serge Plantureux adds the
story of Joseph Hamel to the historic mix. It describes how Hamel sought the
truth in the course of seeking advantage for Mother Russia, and came to view
the French “heliographer” Joseph Nicephore Niepce as the medium’s true
inventor

Indeed, this pleasing curiosity of a book was first published last year in
French, but it comes to us now in an English translation. Firth’s task could
not have been easy, for Plantureux’s verbal style seems sprawling and
informal, and some further proofing would have caught several typographical
errors, but the information is compelling. If nothing else, it limns a
portrait of a man who may well have been the world’s first industrial spy,
sent to the West in the early 1800s by Russian Tsar Nicholas I to keep the
Motherland abreast of the surging technological developments of France and
Great Britain. 

As the Tsar’s man, Hamel–who was born of German colonists along the river
Volga–was a distinguished presence, well-schooled in the sciences and an
earnest observer of everything from new educational systems to the emergence
of the telegraph and new methods of electrolysis. While his European hosts
happily opened their cultures to him, he kept the Tsar up to date on various
breakthroughs, so that by 1839 he was nicely positioned to play a role in
bringing photography to Russia.

At this point in the narrative, Plantureux gets a little overwhelmed by the
tide of historical cross-currents that place the likes of Talbot, Daguerre,
and Niepce at the generative heart of the medium. While the verifiable truth
seems a bit murky, it becomes clear to us that the invention of photography,
like most technological breakthroughs, was more a shared achievement than a Promethean bestowal of fire by any one man. Daguerre, for example, is
depicted as the great showman and entrepreneur who knew the value of
contracting with Niepce, whose “heliographs” were important early steps in
developing the process. Talbot, of course, was refining techniques in his
own way.

Hamel, viewing Niepce as the true inventor of the medium, grew close with
the Niepce family and was able to collect important early examples, which
made their way to Russia. By then, the fledgling era of the photography
collector was upon the art world, and Hamel’s seminal gathering of images by
Niepce is an achievement in itself. This 50-page book is enhanced by a dozen
or so black-and-white plates, including a classic 1844 portrait of Daguerre,
that are themselves worth the book’s $5 price. So is the amusing epilogue,
in which Hamel persuades the Tsar to let him journey to America. Tsar
Nicholas shared the view of many Europeans that the Americas were rife with
cannibals, and feared that his faithful Hamel would develop a taste for
human flesh, if not be devoured himself. Thus, he made Hamel sign a pledge
that on his visit to the U.S., “I shall not eat human meat.”

26.07.2003 Serge Plantureux : L’Espion et la Fougère

01.07.2003 Hamel l'espion et la fougere couv

“La photographie allait bientôt être révélée. Elle ne s’appelait pas encore photographie.

Depuis quelque temps déjà, le public suivait avec intérêt les travaux des chimistes d’une part, des opticiens de l’autre, qui en plusieurs contrées tentaient de trouver un moyen simple et fidèle de reproduire les visages et les paysages. Les vitrines du Palais-Royal proposaient les plus récentes machines à dessiner, de mystérieuses cameræ obscuræ et d’élégantes chambres claires au long bras articulé.

En ce début de janvier 1839, les journaux français ont annoncé que la nouvelle invention tant attendue était enfin prête, et d’une nature si singulière qu’une grande cérémonie rassemblerait bientôt savants, artistes et représentants de la Nation pour célébrer la portée universelle de la nouveauté. Aucun industriel ne serait favorisé, aucune barrière juridique ou administrative n’en freinerait la diffusion et cette merveille, qui deviendrait la photographie, serait
bientôt offerte, au nom de la France et d’un certain Daguerre, à l’Humanité toute entière.

Pour être précis, le gouvernement avait décidé, non sans esprit de vieille et cordiale rivalité, d’offrir le secret au monde entier sauf à l’Angleterre, pays fort tatillon sur les brevets, et critique sur la paternité de la découverte annoncée.

Bien sûr, les inventeurs français seraient fêtés et décorés, même indemnisés pour cette libéralité.

Rarement un cadeau fit autant et aussi durablement plaisir. Le plus prompt à l’apprécier était un certain Joseph Hamel. Il rassembla méthodiquement l’essentiel des essais et des documents qui permettent aujourd’hui de comprendre la genèse de l’invention de la photographie. Ce singulier explorateur aurait probablement été défini au siècle précédent comme un pirate, et au siècle suivant comme un espion économique. Il venait exactement du bout du monde, et nous allons raconter maintenant son étrange aventure…”

27.07.2003 L’espion et la fougere

Le texte a été complété et corrigé avant d’être traduit en anglais six mois plus tard :

NIEPCE, DAGUERRE OR TALBOT? THE QUEST OF JOSEPH HAMEL TO FIND
THE REAL INVENTOR OF PHOTOGRAPHY. By Serge Plantureux; English translation
by Suzy Firth
. Published by Accademia dei Venti ISBN #2-84940-003-3; EAN
#9782849400036. . 48 pages.

Paris.Photo.2002 (sixième salon) La Route de la Photographie

11.11.2002 Route de la photographie couv

Ce catalogue était le premier d’un cycle de trois, avec L’Épreuve du temps et le Plaisir de l’analyse publiés à la suite en novembre 2003 et 2004.

Profitant des nouvelles possibilités offertes par les progrès de la PAO et des logiciels de mise en page et de traitement d’image, chaque catalogue se concentrait sur 100 épreuves, “Cent propositions pour une collection”, dont les reproductions étaient prévédées de textes rares à trouver, comme le reportage en direct sur le suspens de la divulgation de la photographie par Alfred Donné (1839).

“Le premier perfectionnement auquel est parvenu M. Niepce a été de rendre la nature telle qu’elle est sous le rapport des ombres et des clairs, et de remplacer les effets renversés par des effets en harmonie avec la lumière … C’est à l’aide d’une préparation obtenue avec le bitume de judée sec et dissous dans l’huile de lavande que M. Niepce a fait ses premiers essais et obtenu ses premiers succés.

Il parvint en outre à soustraire sa préparation à l’action ultérieure de la lumière, de manière à pouvoir conserver les empreintes qu’il avait produite ; jusque-là ces empreintes ne pouvaient pas même être vues, puisque du moment où on les exposait à la lumière pour les regarder, tout s’effaçait en prenant une teinte uniforme.

Enfin, un troisième point, le plus curieux, le plus inattendu, qui a dû singulièrement exercer la sagacité de M. Niepce et qui joue encore le plus grand rôle dans les effets du Daguerrotype est le suivant : lorsque la feuille de cuivre plaquée d’argent sur laquelle était étendue la préparation de bitume avait été exposée à l’action de la lumière, l’empreinte des images était à peine sensible quoiqu’elle existât réellement comme on va le voir, et il a fallu un nouvel effort d’invention pour la faire apparaître aux yeux … L’image imprimée par les rayons lumineux sur la préparation de M. Niepce a besoin, pour se produire aux yeux, de subir l’action d’un nouvel agent, et cet agent était l’huile de pétrole dans les essais de l’auteur ; l’huile de pétrole, à ce qu’il paraît, a la propriété d’attaquer et de dissoudre les points de la surface métallique qui ont été préservés par les ombres de l’action de la lumière, tandis qu’elle est sans influence sur les points frappés par les rayons du soleil ; on voit alors l’image sortir de la courbe où elle était cachée, et il suffit de laver la plaque pour la soustraire à l’action ultérieure de la lumière…

C’était, on le conçoit, jour de solennité à l’Institut ; l’Académie des Sciences et l’Académie des Beaux-Arts s’étaient réunies pour entendre l’exposition, faite par M. Arago, des procédés de M. Daguerre, dont on s’entretient avec tant d’intérêt dans le monde depuis huit ou dix mois ; les résultats que l’on avait vus de cette importante découverte, inspiraient une vive curiosité d’en connaître le secret, et ce secret touchant à la fois aux intérêts des arts et à ceux de la science, un nombreux public, composé d’artistes, de savants et d’amateurs, se pressait aux portes de l’Institut, trois heures avant l’ouverture de la séance ; dans cet empressement auquel l’Académie n’est point accoutumée, on pouvait craindre qu’il n’y eût quelque désordre ; mais les mesures avaient été si bien prises, que tout le monde, au moins tout ce qui a pu entrer dans la salle, a pu voir et examiner à son aise les produits du Daguerrotype, et entendre les développemens dans lesquels est entré M. Arago…

Trois tableaux exécutés par les procédés de M. Daguerre étaient exposés comme échantillons ; ces tableaux ont sans doute été fort admirés ; mais ce n’était pas là l’objet important de la séance ; deux d’entre eux étaient connus, et personne ne doutait de la perfection des résultats obtenus par M. Daguerre lui-même : on savait qu’entre ses mains son invention était arrivée au plus haut degré de perfection. ..

Le procédé de M. Daguerre est destiné à le répandre, et peut-être n’est-il que trop en harmonie avec notre disposition actuelle et trop propre à favoriser les penchants et les goûts de notre époque…”
(Alfred Donné, Feuilleton du Journal des Débats, et divers articles sur la divulgation du secret du daguerréotype, janvier à septembre 1839)

Accès à la suite du texte et au catalogue complet en pdf. Les progrès des traitements de textes étaient quand même relatifs et le pdf est constitué de sept parties contenant un ou plusieurs cahiers de 12 pages, décrivant différentes parties de u globe où arrive tour à tour la nouvelle de l’invention , avec tous ses effets, succession de zones géographiques, qui préfigure une classification simple.

11.11.2002 Route de la photographie A-E
11.11.2002 Route de la photographie F-H
11.11.2002 Route de la photographie J-L
11.11.2002 Route de la photographie M-P
11.11.2002 Route de la photographie Q
11.11.2002 Route de la photographie R-T
11.11.2002 Route de la photographie V-W

Accédez aux deux autres catalogues du même cycle :
L’Épreuve du temps
le Plaisir de l’analyse

16.09.2001 Don d’une Plaque Originale de Daguerre à la Bibliothèque Nationale

Don Daguerre Plaque Don Daguerre Verso
Au dos du montage, la marque du collectionneur aérostier Charles Dollfus (1893-1981) est aposée sous une intriguante note autographe de Paul Nadar (1856-1939), qui semble une prudente réminiscence :

“J’ai acheté en novembre 1926, le présent daguerréotype en même temps qu’un autre surement un peu plus ancien et portant la signature de Daguerre. Ces deux plaques à ce qu’il m’a été affirmé proviennent d’un ancien photographe qui les avait reçues en présent de Daguerre lui+même. P. Nadar 48 rue Bassano”

Les doutes sont levés quand et seulement quand on accède, dans la réserve du département des estampes et de la Photographie de la Bibliothèque Nationale, au second portrait. Le verso de celui-ci est annoté de la même main. Cette fois-ci, la note affirmative est une véritable attestation datée du mois de l’acquisition :
“J’ai acheté le présent daguerréotype provenant d’un ancien photographe qui le tenait de son père, ami paraît-il de Daguerre, et en même temps qu’une autre plaque du même auteur. Il n’y a pas lieu de douter de l’authenticité de la signature de Daguerre qui s’identifie parfaitement avec d’autres bien connues.
Cette plaque oxydée sur les bords, compte parmi les premières de Daguerre.
P. Nadar, Novembre 1926, 48 rue Bassano”

Ce second portrait est en ligne sur le site Gallica : Accès au document