23.03.2018 PWT 12-2018 Thirteen Fragile Original Gelatin Relief Matrices from Galerie Contemporaine

“Portraits were printed in woodburytype, a fully continuous tone photomechanical process using carbon black, superbly stable from light fading. This process required negative lead matrices, filled with hot, gelatin-based, pigmented ink. A goodquality india ink was used to produce black images. Woodburytype images were also printed in dark-brown, brown, or purple-brown colors resembling gold-toned albumen photographs in which black was mixed with red pigments” (cf. Stulik& Kaplan, Woodburytype, CCI).

The lead mold, the negative matrix needed a positive matrix: a gelatin relief matrix like those. A high-power hydraulic press was used to press the gelatin matrix into some smooth, perfectly leveled plate of lead, forming then one, two, three negative lead matrices (molds). After a solution of gelatin, albumen, sugar, and ammonium dichromate was dried, it was exposed to sunlight under a glass negative of Nadar or Carjat.

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19.09.2015 PROPOSITIONS POUR ÉTABLIR UNE TAXINOMIE DES OBJETS PHOTOGRAPHIQUES MATÉRIELS

PROPOSITIONS POUR ÉTABLIR UNE TAXINOMIE DES OBJETS PHOTOGRAPHIQUES MATÉRIELS (Colloque Capitales Photographiques)

L’identification des indices matériels des faits est l’objet de la criminalistique définie comme l’art et la science de découvrir, d’analyser et d’identifier ces indices. Elle démontre,
elle établit la vérité d’une chose ou d’un fait, elle doit être convaincante, évidente, formelle.

L’imprécision, la fragilité et la relativité du témoignage humain ont conduit progressivement la Justice à adopter des témoignages plus objectifs tels que les preuves indiciales
qui, comme disait Locard : “si elles ne disent pas toute la vérité, ne disent que la vérité”.

Vérifier la date d’impression des épreuves photographiques anciennes en recherchant des indices :
– l’analyse physico-chimique du procédé
– la recherche de signatures, de tampons
– l’analyse du papier, du support, d’éventuels étiquettes, montages, passe-partouts, cadres
– la détection de salissures, de pollution,,
– traitement de l’image, analyse informatique, photoshop
– indice par l’écriture
– les analyses en laboratoire de micro prélévements, etc…

Proposition : établir une catégorisation particulièrement simple permettant de repèrer préalablement l’épreuve étudiée par un couple de coordonnées définies selon un nombre limité de valeurs hexadécimales :
(0 à 9, A à F pour la zone, 1 à 9 pour la période).

Eric Hobsbawm a introduit la notion de Long XIXe siècle pour qualifier la période allant de 1789 à 1914 (De de la Révolution française à la Première Guerre mondiale).
– L’Ère des révolutions : 1789-1848
– L’Ère du capital : 1848-1875
– L’Ère des empires : 1875-1914
Dans, L’Âge des extrêmes, il définit le court XXe siècle pour qualifier la période 1914-1991 (de la Première Guerre mondiale à la disparition de l’Union Soviétique).

Périodes : Neuf Âges de la photographie classique
1 L’Âge des inventions : 1789-1848
2 L’Âge d’or : 1848-1870
3 Période de ruptures : 1870-1875
4 L’Ère des empires : 1875-1914
5 Père guerre mondiale (WWI) : 1914-1918
6 Avant-Gardes : 1918-1939
7 2nde guerre mondiale (WWII) : 1939-1945
8 Reconstruction et expansion : 1945-1991
9 L’Âge numérique : 1991- now

Lieux : Seize zones pour la photographie classique (Systeme hexadecimal), suivant les indicatifs téléphoniques plus six lettres

0 Observatoires, laboratoires, Cosmos

1 USA-Canada
2 Afrique
3 Europe du Sud, Espagne, Portugal, Italie, Grèce, Balkans
4 Europe de langues germaniques,  Belgique, Pays-Bas, Allemagne, Suisse, Danemark, Suède, Norvege
5 Mexique, Guatemala
6 Asie du Sud-Est, Australie, Nouvelle Zélande
7 Russie d’Europe et d’Asie, Kazakhstan
8 Japon, Corées
9 Orient : Turquie, Arabie, Perse, Aie centrale, Mongolie

A. Amérique du Sud, Brésil, Guyanes, Antilles

B. Bloc (former Eastern Bloc), Pays d’Europe de l’Est non germanique de la Bulgarie à la Finlande.

C. Chine

D. Deccan, Sous-continnent Indien

E. England, Angleterre, Iles britanniques

F. France

Quelques exemples illustrés :

16.1 - copie

8.1 Japon Corée période des inventions : ici Japon, avant Meiji

18.4

1.4 Alaska avant 1914, ici premières photographies d’Alaska au temps des chercheurs d’or : Nome, 1900

01.2

F.2 Age d’or de la photographie en France, épreuves albuminées des années 1860 (Carjat)

09.6 - copie

1.6 USA Canada 1918-1941, ici photos de presse années 1920 et 1930
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01.06.2014. Parution de Nicéphore, cahier de photographies n°2

Nicephore Baudelaire couv

Sommaire :

Au lecteur, 5
L’Artiste du dernier jour, 7
Hopkins Forest, 10
Jean-Paul Avice, Des Ennemies intimes ? 12
Paul Louis Roubert, En Revenir à Baudelaire, 16
Jérôme Thélot, Une Collectionneuse : Mlle Bistouri, 18
Sur un Air de Baudelaire, 24
Chronologie des 15 portraits connus de Charles Baudelaire,  26
La Main droite du poète, 70
Reconstitution, 73
L’Atelier d’Etienne Carjat, 75
Le Portrait de M. Arnauldet, 80
D’un Salon l’autre, 83
Le Salon de 1859, 92
Stéphane Mallarmé, Le Phénomène futur, 104
Charles Baudelaire, Mlle Bistouri, 109
Félix Nadar, Baudelaire intime, 112
Bibliographie illustrée, 116

“Du rapport de Baudelaire à la photographie, on a surtout retenu la condamnation de cette «industrie» mettant, selon lui, fin à l’art, conduisant l’humanité à l’idolâtrie narcissique de sa triviale image, mais Baudelaire, grand ami de Nadar qu’il tutoyait, et qui posa pour lui plus que beaucoup de poètes de son temps, «s’y connaissait» en photographie. Il savait bien que les vrais photographes parviennent à saisir d’un être plus que cette extériorité matérielle…” J.P. Avice

Une image anonyme surgit tout-à-coup au milieu d’un vide-grenier par un matin pluvieux d’octobre 2013. Un indice ténu, une inscription, une marque motiva une enquête sur l’identité des personnages présents sur cette photographie. Au crayon sous ce portrait, un nom, celui de “Mr Arnauldet”. Très vite, le personnage flou au second plan est identifié comme étant Charles Baudelaire. Il semble s’insinuer dans l’image. Pourfendeur reconnu de la photographie, le poète considère la multiplication des images comme le pire fléau de son temps. Et voici qu’apparaît cette image, qui, par sa singularité, nous mène vers un ailleurs, soutenir la reine des facultés : l’imagination.

Un programme de recherches est établi pour s’assurer de l’authenticité de l’épreuve et établir l’identité du photographe et de ses modèles. Ici, l’un des enquêteurs prononce une phrase déterminante : «M. Arnauldet se fait tirer le portrait mais n’est pas dans l’axe de la chambre», cette photographie est prise comme en coulisse, ce que nous regardons n’est pas le portrait de M. Arnauldet, mais son «making of», une photographie de backstage, une photographie «volée», une «capture d’écran». Il y aurait donc une deuxième chambre, voire un second photographe dans le studio. Cette pratique courante au XXe siècle, systématique dans l’univers du cinéma, est totalement inattendue en 1860.

“La photographie de Carjat est en ceci étonnante qu’elle est à la limite de l’instantané, conception presque inédite alors ; cette photographie semble capter l’imprévu dans lequel se glisse l’image saisie d’un Baudelaire curieux. C’est une image qui échappe aux canons esthétiques théorisés par Baudelaire – si moderne fut-il – car elle anticipe une photographie captant le transitoire, le fugitif et le contingent sans chercher à usurper les qualités de l’art. Baudelaire n’est pas passé à côté de la modernité photographique, il l’incarne ici.” P.L. Roubert

 

Nicephore Baudelaire dos

“Le poète luttant contre le péril qui lui est le plus intime, celui de voir sa passion iconophile virer en idolâtrie, et de sentir sa vocation de poète se perdre en ensorcellements fantasmatiques, invente avec la figure de Mademoiselle Bistouri le moyen de résister à l’empire des idoles, à la destruction de la vie par les objectivismes, à l’absolutisation technologique des apparences. Mais cette résistance on ne peut plus précaire, exposée et terriblement fragile, n’est que la plus faible qu’il puisse maintenir, celle d’une prière tout de même, quoique sans confession ni croyance assurée, à la fin de sa vie dans un petit poème en prose.” J. Thelot

Notre société tout entière est préoccupée du démantèlement de l’ordre esthétique qui a prévalu depuis la Renaissance mais s’effondre sous une myriade de selfies, d’images de tout et de rien. Le débat entamé il y a cent cinquante ans par Charles Baudelaire et Félix Nadar entre poésie et photographie, entre image inanimée et imagination, reste ou redevient d’une brûlante actualité.

Ce second cahier est expédié aux abonnés.

 

20.03.2014 “La toile était levée et j’attendais encore”

Arnauldet et son ami

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Musée d’Orsay achète une image photographique de Baudelaire

Un article de l’express annonce la décision du Musée d’Orsay

Un premier commentaire est publié sur son blog par André Gunthert, suggérant un “exemple précoce de photobombing”

Malgré tout le charme des analyses uchroniques, l’hypothèse d’une irruption accidentelle du poète dans le champ d’une camera ne résiste pas longtemps à l’analyse paisible.

En 1861, la pratique du collodion est ardue et nécessite la patience de tous les intervenants, ce qui a engendré tant de physionomies sévères sur les portraits du Second Empire.

Ensuite la silhouette surgissante est hors du champ de netteté dont la profondeur à l’époque ne dépasse pas de quelques dizaines de centimètres la tête du modèle assis.

Encore plus troublant, il n’aurait simplement pas pu surgir dans le portrait car ce portrait central de la séance est dans le cadre d’un autre appareil, à la gauche de notre perception, faisant face à la toile, au modèle assis et à son chapeau.

Une remarque essentielle est apparue sur le blog de culture visuelle :

reponse de francois chevret

C’est dans bien plus qu’une photographie accidentelle que le poète à fait irruption.

Le numéro 2 de Nicéphore, cahier de photographies, a été consacré à ce double portrait.

 

Une video a été réalisée à Bogotá :

18.03.2014 El telón estaba levantado (Message musical de Colombie)

El Telon

Conoces, como yo, el delicioso dolor
y de ti, dices : ” Oh hombre extraño !”
– Yo iba a morir. Fue en mi alma amorosa
Deseo mezclado de horror, un mal particular

La ansiedad y la brillante esperanza, sin humor faccioso.
Más se vaciaba el fatal reloj de arena,
Más mi tortura era áspera y deliciosa ; (o Mas aspera y deliciosa era mi tortura)
Todo mi corazón se arrancaba del mundo conocido

Era como el niño (o el infante, más poético) ávido de espectáculo
Odiando el telón como se odia un obstáculo
Por fin, la fría (o cruel, dura) verdad se reveló

Morí sin sorpresa, y la terrible aurora
Me envolvía. — Cómo! no es más que eso?
El telón estaba levantado y yo seguía esperando

El Telon rojo

Pour accéder à la vidéo, cliquer ici ou sur l’une des captures d’images.

El Telon Video

 
 

 

21.02.2014 Préparation du prochain numéro de Nicéphore, cahier de photographies

Consacré au poème Le Rêve d’un Curieux de Charles Baudelaire, il sera publié en français, des traductions anglaise et espagnole seront mises en ligne.

Il sera envoyé à tous les abonnés.

The Dream of a Curious Man

To F.N. (Felix Nadar)

Do you know as I do, delectable suffering?
And do you have them say of you: “O! the strange man!”
— I was going to die. In my soul, full of love,
A peculiar illness; desire mixed with horror,

Anguish and bright hopes; without internal strife.
The more the fatal hour-glass continued to flow,
The fiercer and more delightful grew my torture;
My heart was being torn from this familiar world.

I was like a child eager for the play,
Hating the curtain as one hates an obstacle…
Finally the cold truth revealed itself:

I had died and was not surprised; the awful dawn
Enveloped me. — What! is that all there is to it?
The curtain had risen and I was still waiting.

Translated by William Aggeler, The Flowers of Evil (Fresno, CA: Academy Library Guild, 1954)

Curieux

07.01.0002 Deux Alphonse(s) de Launay

Nous remercions les lecteurs qui ont insisté pour rétablir les diverses activités à chacun des deux contemporains portant le même nom.

C’est  le vicomte Alphonse-Henri Henryet de Launay (1822-1891), ami de Charles Bataille,  auteur de nombreuses pièces de théâtre, le “Capitaine de Launay” comme le moque Maxime Rude dans les “Confidences d’un journaliste”, qui est le directeur de la revue Le Boulevard du 1er décembre 1861 à juin 1863, locaux communs avec l’atelier d’Étienne Carjat, 56 rue Laffitte. Cette revue de Carjat est le principal moyen de publication de Charles Baudelaire, poèmes, poèmes en prose, articles de critique.

Le photographe Alphonse de Launay, parfois orthographié Delaunay, de cinq ans son cadet est né le 15 octobre 1827 à Rouen, décédé en 1906. Son père, Pierre Alphonse de Launay, était courtier maritime, décédé en 1842 et sa mère, Zélie Esther Pothée, était décédée en 1830 quand il n’a pas trois ans.

01.2 Lapin Alphonse de Launay

Avocat de formation, il se consacre jeune aux arts et aux voyages, le premier en Espagne en 1851.

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05.12.0001 Le Portrait de M. Arnauldet ou Le Rêve d’un Curieux ?

Cette première exposition des Studios Robespierre, sous la forme d’une enquête mise en scène, a été inaugurée le jeudi soir 05 décembre 2013, voir l’article dédié à la soirée :   « Le monde allait finir … à moins qu’une image… »

Tous les lecteurs sont invités à envoyer leurs remarques, suggestions et corrrections  par courrier électronique à studios @ robespierre. fr.

Arnauldet et son ami

Le Portrait de M. Arnauldet ou Le Rêve d’un Curieux ?

Connais-tu, comme moi, la douleur savoureuse
Et de toi fais-tu dire: “Oh! l’homme singulier!”
— J’allais mourir. C’était dans mon âme amoureuse
Désir mêlé d’horreur, un mal particulier;

Angoisse et vif espoir, sans humeur factieuse.
Plus allait se vidant le fatal sablier,
Plus ma torture était âpre et délicieuse;
Tout mon coeur s’arrachait au monde familier.

J’étais comme l’enfant avide du spectacle,
Haïssant le rideau comme on hait un obstacle…
Enfin la vérité froide se révéla:

J’étais mort sans surprise, et la terrible aurore
M’enveloppait. — Eh quoi! n’est-ce donc que cela?
La toile était levée et j’attendais encore.

Un premier article de Jérôme Dupuis a paru dans l’Express  le mercredi 20 novembre : “Photographie inédite: un air de Baudelaire”

Cet air de Baudelaire méritait une enquête.  Qui était ce Mr Arnauldet au premier plan ?

Présentation de la méthode de recherche adoptée et des indices relevés :

The Dream of a Curious Man
To F.N.
Do you know as I do, delectable suffering?
And do you have them say of you: “O! the strange man!”
— I was going to die. In my soul, full of love,
A peculiar illness; desire mixed with horror,
Anguish and bright hopes; without internal strife.
The more the fatal hour-glass continued to flow,
The fiercer and more delightful grew my torture;
My heart was being torn from this familiar world.
I was like a child eager for the play,
Hating the curtain as one hates an obstacle…
Finally the cold truth revealed itself:
I had died and was not surprised; the awful dawn
Enveloped me. — What! is that all there is to it?
The curtain had risen and I was still waiting.

— William Aggeler, The Flowers of Evil (Fresno, CA: Academy Library Guild, 1954)

English translation online : Flowers of Evil

05.12.0001 Les locaux du Boulevard et le studio de Carjat 56 rue Laffitte inaugurés vers le 1er décembre 1861

Google map Laffitte Jardin du 56 rue Laffitte

Google map LaffitteGoogle map Laffitte

56 rue Laffitte : Corps de logis à quatre fenêtres de façade sur la rue avec retour en aile à gauche dans la cour, double en profondeur, élevé sur caves, un rez-de-chaussée, deux étages carrés et un troisième mansardé sur cour seulement

Un seul escalier

Cour plantée

Construction en pierres de taille, moellons et pans de bois

Deux boutiques, un atelier de photographie et dix autres ocations, tant industrielles que privées

Propriétaire :Bourdet François Sauveur, y demeurant (1863)

Puis après adjudication du 13 mars 1872 pour 221.843 Frs une veuve Dervillé

Locataire du Vestibule et rez de chaussée à gauche au fond

M. Carjat Pierre Etienne 3500frs 1313 frs (habitant rue Notre Dame de Lorette)

Année 1863 Gastineau associé 3000

1865 Mathieu Légé, associé

1868 5000 Légé Georges associé

Sur cet associé Benjamin Gastineau (1823-1903), qui connut le bagne et la prison, dirigea une revue Franc-maçonne et participa activement à la commune, Carjat publia un portrait-carte et une notice (voir fin de l’article)

DSCF0876

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