21.09.2012 Histoire de daguerréotype, l’identification de Marguerite Palais, future Mme Le Secq

Marguerite Palais

Comparaison du portrait d’une jeune femme en grand deuil avec le portrait daté de 1848 de Marguerite Fanély Palais (1830-1862), devenue madame le secq le 11 juillet 1848, et photographiée par son mari, dont l’unique épreuve connue est conservée dans les collections du Musée des Arts Décoratifs.

Identification Marguerite e

 

Identification Marguerite s

En cliquant sur les images, on accède à trois animations créées pour la versions 3wdoc

Identification Marguerite

On remarque un défaut du sourcil gauche, plus court que le droit, les mains aux ongles impeccables, dernière coquetterie autorisée en période de grand deuil.

Dans les années 1840, une jeune femme ou un jeune homme devait attendre la fin de sa période de deuil de six mois avant de se marier : «Règlement des deuils. Les grands deuils sont ceux qui se partagent en trois temps: la laine, la soie noire, et le petit deuil. On ne porte le grand deuil que pour père, mère, grand-père, grand’-mère, mari, femme, frère et soeur (…) Pour père et mère, six mois» (Almanach National. Annuaire de la République Française pour 1848/1850, p. 987).

Marguerite Palais est alors en grand deuil, et sa mère est indiquée comme décédée dans l’acte officiel de son mariage avec Henri Le Secq le 11 juillet 1848.

En cliquant sur les images ou sur ce lien, on accède à diverses animations créées pour la versions 3wdoc

21.07.2012 Gustave Le Gray rue Vivienne. Parution du premier cahier de photographies

Vendredi 27 juillet avait lieu le vernissage de l’exposition de daguerréotypes et la sortie du premier cahier de photographies.

Video vernissage Le Gray

Une video réalisée par Lyes Hammadouche ce soir-là est en ligne sur Vimeo

Nicephore premier cahier couverture

Été 1827, Nicéphore Niépce obtient les premières héliographies d’après nature. Conscient de la difficulté à rencontrer un soutien dans son propre pays, alors gouverné par un ministère Ultra, Niépce se rend avec son invention à londres où il est « persuadé de trouver des amateurs décidés des beaux-arts, naturellement disposés à bien accueillir une découverte qui peut en reculer les limites ».

À Paris, pendant le printemps révolutionnaire de 1848, un jeune artiste, reprenant le flambeau, décide de prouver que l’invention de niépce repousse effectivement les limites des beaux-arts. Dans un atelier en plein air organisé sur un balcon de la rue vivienne, Gustave Le Gray réalise ses premières oeuvres, aidé de ses amis.
Ces portraits, sortant d’un sommeil de plus de 160 années, viennent de surgir dans notre civilisation bouleversée par les effets exponentiels de l’invention. Ils sont présentés avec le récit documenté de l’enquête, l’identification des modèles ainsi que la recherche des témoins.

Le Gray que ses contemporains considéraient comme le champion français de l’acceptation de la photographie parmi les beaux-arts, réalise un autoportrait idéal qui incarne sans vieillir toute l’histoire de ce combat accompli.

Le site www.nicephore.com est dédié à Nicéphore, cahier de photographies. On y remarque en particulier la version animée par 3wdoc, intitulée version magique.

Pour accéder directement au texte en français et en anglais en pdf :

Nicephore premier numero Gustave Le Gray rue Vivienne

ENGLISH cahier NICEPHORE GUSTAVE LE GRAY_Mise en page 1

Le site dédié à ce numéro, avec la version magique animée : version magique

21.07.2012 Il y a cinquante ans dans le monde : l’état de la recherche en histoire de la photographie (Adhémar et Jammes)

État des questions sur l’histoire de la photographie

Un article de 1962 de Jean ADHÉMAR et André  JAMMES, « État des questions sur l’histoire de la photographie », Bulletin des Bibliothèques de France, 1962, n° 7, p. 345-350
[en ligne] <http://http://bbf.enssib.fr/sommaire/1962/7>

I. Ce qui existe

Les Français disposent du livre classique de Raymond Lécuyer, Histoire de la photographie, éd. de l’Illustration, 1945. Il date un peu, mais l’essentiel reste bon, et les 1 200 illustrations, tirées de collections alors privées (Gilles, Barthélemy, Cromer, Sirot) sont très utiles. Ce livre ne dispense pas de consulter ceux de Georges Potonnié (Histoire de la découverte de la photographie, 1925, 99 ill., trad. angl. 1936 sans les illustrations; Cent ans de photographie, 1940). Le livre du Dr Joseph Maria Eder (Geschichte der Photographie, Halle, 1932, 2 vol., 372 ill., traduction anglaise, New York, 1945, sans illustrations) rend de précieux services pour l’histoire de la technique photographique, mais il est entaché d’une certaine partialité.

Actuellement deux ouvrages généraux sont indispensables, celui de Beaumont Newhall (The History of photography from 1939 to the present day, éd. du Musée d’Art moderne de New York, 1949, 163 ill.) et celui d’Helmut Gernsheim (The History of photography from the earliest use of the camera obscura in the eleventh century up to 1914, Londres, 1955, 359 ill.). Ces deux savants ont renouvelé la question, ce que n’a pas fait Peter Pollack dans sa Picture history of photography, New York, 1958 (plus de 600 ill., trad. française en 196I, incomplète, voir G. A. B., mai 196I).

On peut consulter des albums sans prétention : Les Premiers temps de la photographie, 1840-1870 par H.-T. Bossert et H. Guttmann (Paris, 1930, 199 pl., édition allemande également), La Vieille photographie depuis Daguerre jusqu’en 1870 (Paris, 1935, 144 pl.), Le Petit Musée de la curiosité photographique, par Louis Chéronnet (Paris, 1945, 193 ill.), le n° 23 du Trait, sur la photographie ancienne, textes de Aragon, Sougez, Besson, Tuefferd, et des catalogues d’expositions, le meilleur étant celui de Beaumont Newhall pour l’exposition Photography, 1839-1937 au « Museum of Modern Art » (London, 1937, 95 pl.). En l’absence de catalogues étendus ou de monographie détaillée, ces sortes d’albums, même les plus médiocres, permettent d’intéressants rapprochements et des identifications.

Il n’existe pas encore de bibliographie de la photographie; une, due à M. Albi Boni est en préparation à New York (elle groupe 1 400 titres). Mais on peut se servir du catalogue de la collection Epstein : Columbia University Library. A catalogue of the Epstean Collection on the history and science of photography and its applications, especially to the graphic arts (New York, 1937). Bien entendu, le Manuel bibliographique du photographe français de Bellier de la Chavignerie publié en 1863 est bien dépassé, mais il est encore précieux par l’indication d’ouvrages et d’artistes anciens introuvables sans son aide.

Notons que, à la suite de Gisèle Freund, des essais ont été faits pour étudier l’aspect sociologique de la photographie ainsi que sa place dans la civilisation actuelle, et non pas seulement sa place dans l’histoire des techniques. Il s’agit du livre de Gisèle Freund que nous venons de citer et qui ne concerne qu’une partie du problème (La Photographie en France au XIXe siècle, essai de sociologie et d’esthétique, Paris, 1936, 24 pl.), et aussi des suivants : The History of photography, its relation to civilization and practice, par Erich Stenger, Easton 1939; (trad. de l’édition allemande de 1938) et de deux autres travaux du même auteur : Die Beginnende Photographie im Spiegel von Tageszeitungen und Tagebüchern (Wurzbourg, 1943, 62 ill.) et Siegeszug der Photographie in Kultur, Wissenschaft, Technik (Seebruck, 1950, 80 pl.).

Il existe des recueils de textes, de sources sur la photographie, celui de Eder : Quellenschriften zu den frühester Anfängen der Photographie bis zum XVIII Jahrhundert (Halle, 1913), et celui malheureusement trop limité, de Beaumont Newhall : On photography, a source of photo history in fac-similé (New York, 1956, 14 pl. et fig.) qu’il faut ajouter à celui de R. Colson : Mémoires originaux des créateurs de la photographie (Paris, 1898).

On verra aussi le catalogue de l’exposition des Brevets d’invention français, 179I-1902, Paris, 1938 (chapitre sur les arts graphiques et la photographie par André Jammes).

Sur la valeur esthétique de la photographie, il faut lire encore l’article fondamental de Robert de la Sizeranne, La Photographie est-elle un art, dans la Revue de l’art ancien et moderne (1897), auquel répond en 1937 Man Ray dans La Photographie n’est pas l’art (avant-propos de A. Breton).

La forme de la photographie qui se rapproche des grands mouvements artistiques a été très bien étudiée par Helmuth Gernsheim : Aesthetic trends in photography past and present (I. From realism to impressionism ; II. The Return to realism; III. Documentation and reportage) dans Motif, nos I-3, Londres, 1958-59, 75 ill.) et très intelligemment, à propos d’un certain groupe par Robert Doty : Photo secession. Photography as a fine art (New York, George Eastman House, monograph n° 1, 54 pl.).

L’idée que la photographie a apporté une vision nouvelle du monde par son action sur la peinture a été développée dans une exposition à la Bibliothèque nationale en 1955 (catalogue par J. Adhémar et J. Armingeat, titre : Un siècle de vision nouvelle, dû à M. Sonthonnax). La question de la relation entre gravure et photographie a été considérée par exemple dans le livre de Van Bastelaer : Rivalité entre gravure et photographie (Bruxelles, 190I).

Il n’existe pas encore de grandes histoires nationales de la photographie. Le livre de L. W. Sipley, A Collector’s guide to American photography est tout aussi élémentaire que le manuel de S. Morozov, Russkaja khudožestvennaja fotografija, Moscou, 196I. En revanche, il faut citer l’apparition des histoires par époques, telles que le livre de Helmut et Alison Gernsheim sur Daguerre (Londres, 1956), à compléter par le catalogue de l’exposition Daguerre et les premiers daguerréotypes français, à la Bibliothèque nationale par J. Adhémar et Beaumont Newhall (196I) et par la liste des daguerréotypistes français (presque uniquement parisiens) établie notamment d’après le Bottin par J. Adhémar (196I, multigr.). On verra pour les autres pays les livres suivants : Wilhelm Weimar, Die Daguerreotypie in Hamburg (Hambourg, 1915, 49 pl.), Wilhelm Dost et Eric Stenger, Die Daguerreotypie in Berlin, 1839-1860 (Berlin, 1922, ill.), Beaumont Newhall, The Daguerreotype in America (New York, 196I, 83 pl. et fig.).

Pour les primitifs de la photographie anglaise, on consultera David Octavius Hill, der Meister der Photographie, par H. Schwarz (Leipzig, 193I, 80 pl.), Roger Fenton, photographer of the Crimean war, par H. et A. Gernsheim (Londres, 1954, 85 pl.) et les livres suivants; consacrés à la photographie victorienne : Masterpieces of Victorian photography, par H. Gernsheim (Londres, 195I, 72 pl., catalogue d’exposition réédité avec planches et textes différents pour Londres, Cologne, Munich, 195I, 1959, 61), Victorian snapshots, par Paul Martin (Londres, 1939, 72 pl.), Victorian photography, par Alex Strasser (Londres, 1942, 48 pl.), Queen Victoria, a biography in word and picture (Londres, 1959, 393 ill.), la plupart photographiques), Julia Margaret Cameron, par H. Gernsheim (Londres, 1948, 54 pl.) qui complète l’essai de Virginia Woolf et Roger Fry, Victorian photographs of famous men and fair women by Julia Margaret Cameron (Londres, 1926, 24 pl.) et enfin le livre de l’inépuisable H. Gernsheim sur Lewis Carroll photographer (Londres, 1949, 64 pl.).

La même période en France est moins étudiée. On attend le livre de Michel-François Braive sur Nadar (voir en attendant le n° de décembre 1960 de Camera avec articles de Braive, R. E. Martin, E. Sougez, 27 ill.), et celui qu’annonce Jean Prinet. On lira le Bayard de Lo Duca (Paris, 1943, 48 pl.) et le catalogue de l’exposition Bayard au « Folkwang Museum » d’Essen en 1959-60 (par O. Steinert et P. G. Harmant), ainsi que le livre, ancien, de Paul Gruyer, Victor Hugo photographe (Paris, 1905, 42 pl.).

Pour l’Amérique, il existe tantôt des livres sur les anciens photographes et leur rôle historique, tantôt des histoires des cités telles qu’elles sont contées par des photographes souvent obscurs du XIXe siècle, par exemple : Mathew Brady, Historian with a camera, par James D. Horan (New York, 1960, 455 ill.), Gardner’s photographic sketch book of the civil war, par Gardner (New York, 1959, 100 pl.) Frederic E. Ives, par L. W. Sipley (Philadelphie, American Museum of photography) 2 ou encore Photography and the America scene, a social history, 1839-1889, par Robert Taft (New York, 1938, ill.). A compléter par le travail de Louis Walton Sipley, A Collector’s guide to American photography (Philadelphie, American Museum of photography) et par le catalogue des photographies anciennes de la Bibliothèque du Congrès de Washington (Images of America, 1939-1900, a cat., 1957).

La photographie envisagée par sujets, et spécialement sous l’angle du portrait, s’étudie dans le livre de L. Fritz Gruber, Fame, famous portraits of famous people by famous photographers (Londres et New York, 1960, 120 pl.). On verra aussi sur ce sujet les Immortal portraits de A. Strasser (Londres, 194I, 48 pl.) et le catalogue de l’exposition Portraits d’hier à la Bibliothèque nationale (Paris, 196I).

Les photographies d’archéologie ont été aussi étudiées, sommairement : voir H. Bramsen, Marianne Brons, Bjørn Ochsner, Early photographs of architecture and views in two Copenhagen libraries (Copenhague, 1957, 40 pl.), Atget, photographe de Paris, préface par P. Mac Orlan (Paris, 1930, 96 pl.), Atget, photographe de Saint-Germain-des-Prés, par Yvan Christ (Paris, 195I, 64 pl.), Dans les rues de Paris au temps des fiacres, texte par Léon Paul Fargue, G. Pillement et R. Coursaget (Paris, 1950, très illustré), Paris tel qu’il fut (Paris, 195I), texte de Chéronnet, 104 ill., le Paris de la « Comédie humaine » photographié, par Yvan Christ, dans le Jardin des Arts, 1955, n° 7.

Pour l’histoire, on verra l’album de W. Schade, Europäische Dokumente, Historische Photos aus den Jahren 1840-1900 (Stuttgart, Berlin, Leipzig, vers 1900, 13I pl.).

Pour la technique, on consultera notamment E. Courmont, Histoire et technique de la photogravure (Paris, 1947, 173 fig.) et les travaux de L. W. Sipley édités par l’ « American Museum of photography » de Philadelphie, sans oublier le catalogue de la section L du Musée du Conservatoire national des arts et métiers de Paris (1949).

La question du Musée de la photographie est d’actualité en France. Elle se pose depuis longtemps puisqu’on attribuait en 1856 à Napoléon III l’intention d’en ouvrir un. Celui de la maison Kodak à Harrow a un catalogue depuis 1947. En attendant la création d’un musée de cet ordre 3, André Jammes, dans un article de Caractère (Noël 1960) a suggéré d’éditer des albums donnant, pour la photographie et dans l’esprit des originaux, des fac-similés semblables à ceux qu’on fait pour les dessins.

La seule revue spécialisée sur l’histoire de la photographie est Image, le journal de la « George Eastman House », de Rochester (1952-1962). Bien entendu, de nombreuses revues de photographies consacrent de temps en temps des articles à ce sujet (Camera, Point de vue, etc.); il faut signaler une initiative très heureuse, celle du Monde, qui a confié une rubrique sur la photographie à M. Girod de l’Ain. Celui-ci y parlera des expositions, des livres et des albums dont, jusqu’ici, personne ne rendait compte systématiquement.

II. Ce qui manque.

On ne peut plus publier actuellement de recueils d’images tels qu’on en a publiés vers 1930-1950; d’autre part les quelques histoires et anecdotes qu’on trouve dans les sources accessibles traînent partout. Il faudra donc faire paraître des travaux sérieux à caractère scientifique.

Mais on ne pourra les voir paraître rapidement, car, tout ou à peu près tout est à faire dans le domaine de la recherche. Il faut d’abord réunir des photographies actuelles et anciennes. La Bibliothèque nationale de Paris s’en occupe 4: après avoir acquis la collection Nadar, elle a consacré récemment une dizaine de millions à enrichir les collections déjà importantes (environ 1 500 000 épreuves) qu’elle avait reçues par dépôt légal depuis 1850. Elle a acquis la collection Sirot (70 000 photos d’amateurs, 1850-1900) 5, la collection de Monde et Camera (350 000 clichés des meilleurs agences de presse, reportages, 1900-1940); elle a reçu la collection de Clair-Guyot (photos de l’Illustration, 1900-1945), une collection de vues stéréoscopiques, et, grâce au Salon national et à la Biennale, l’essentiel des photographies françaises contemporaines.

Il faudra ensuite dépouiller des revues et livres du XIXe siècle, car les sources n’existent pas réunies, comme on l’a fait pour la peinture, ni répertoriées par des dictionnaires. Le travail est considérable, et demandera bien une dizaine d’années s’il est fait en équipe.

D’autre part, il faudra accueillir et susciter les renseignements sur les photographes contemporains qu’ont publiés Photo-Monde, Camera et autres; pour le moment, le Cabinet des estampes ne peut dépouiller que Point de Vue où A. Plécy publie chaque semaine des photos avec notice 6, mais il faudra que des dossiers plus complets soient établis pour chaque photographe.

Pour tout cela, il faudra non seulement une aide de l’État, mais aussi une de la profession, et le Centre international de la photographie (C. I. P.) devrait bien promouvoir ce genre d’études dont l’intérêt et l’urgence ne sont plus à démontrer.

Notes :

1. Notre liste ne comporte que des ouvrages indispensables au travailleur, on n’y trouvera aucun des ouvrages anciens (même à forme historique, comme ceux de Chevreul, Fouque, Blanquart-Evrart). Nous sommes certainement incomplets, et nous aimerions vivement qu’on nous signale notamment les contributions étrangères qui manquent.

2. Georges Eastman, par Carl Ackerman (Londres, 1930).

3. Dont, comme M. Julien Cain l’a plusieurs fois signalé, la Bibliothèque nationale possède les éléments, et auquel, sous forme d’expositions, elle consacre souvent une de ses galeries.

4. Depuis l’origine. Elle a reçu depuis 185I, par dépôt légal, de très nombreuses épreuves. Voir : Les Photographies au Cabinet des estampes, mémento pour l’enregistrement… – In-4°, 32 p., dactyl., vers 1944, par Catherine Serullaz et Jean Prinet (auteur d’un livre sur la photographie dans la collection Que sais-je et d’articles dans Photo-Monde en 1953-1954 sur Estampes et photographies à la Bibliothèque nationale).

5. La collection Sirot, après son entrée aux Estampes et sa dispersion dans les séries sujets, a fait l’objet d’un dépouillement par auteurs qui s’est ajouté au catalogue, un peu plus ancien, des photographes, et qui continue à être tenu à jour.

6. Nous présentons, ici, avant tout, l’effort, encore mal connu, de la Bibliothèque nationale, mais nous n’ignorons pas celui d’autres bibliothèques et d’autres musées, comme, par exemple, la « George Eastman House ».

 

01.05.2012 Sur un Portrait de Niépce signé Laguiche

Laguiche:LecuyerLaguiche a Austin 1795

Le portrait dessiné par Laguiche, publié par Lécuyer en 1945 est une mystification (extraits d’une conversation avec AJ).

“Il a été reproduit en premier par Lécuyer à pleine page en hors-texte, or ce portrait, dessiné par Laguiche en 1795, n’a de relation avec Nièpce que géographique. Il fut en effet trouvé par un courtier malhonnête (Galopin de la Brélie) en Bourgogne, à une vente aux enchères, à Dijon ou à Chalon-sur-Saône, mais comme un simple portrait non identifié (cela me fut confirmé par Pierre Lambert). Le nom de Niépce, rajouté au verso n’avait d’autre but que d’en accroître la valeur. Il fut alors fort avisé de convaincre Lécuyer qui bouclait son Histoire de la Photographie, puis de le vendre assez cher à un collectionneur local (H. Soret de Chalon sur Saône). Quelques temps plus tard il fut revendu à Alain Brieux qui le cataloga néanmoins en invoquant la notice de Lécuyer, il est aujourd’hui à Austin, Texas, avec le célèbre Point de vue du Gras”.

AJ ajoute qu’”il découvrit par la suite que ces malhonnetetés dont La Brélie était familier n’avaient d’autre raison qu’un horrible secret, un fils fou, mais fou dangereux qu’il souhaitait soustraire à la rigueur des asiles et maintenait honteusement enfermé dans son petit appartement parisien”.

La librairie Alain Brieux le revendit sur son catalogue de décembre 1964 à Helmut Gernsheim pour 2.500 francs. Le portrait est aujourd’hui conservé au Texas : Harry Ransom Humanities Research Center, Box 7219, The University of Texas at Austin, Austin, Texas 78713, telephone : 1-512-471-6793.

15.04.2012 Rue Morgue

Couverture Rue Morgue

Nous avons invité le Docteur Philippe Charlier, médecin légiste spécialisé en Histoire et Anthropologie, à venir consulter nos tiroirs d’histoire du crime, contenant des épreuves photographiques d’époque, conservées par des inspecteurs de police ou distribuées aux agences de presse, aux journaux du temps, ou encore provenant de l’inépuisable source de l’hôtel des ventes de la rue Drouot.

Le Docteur Charlier a sélectionné une soixantaine d’épreuves qui vont faire l’objet d’une édition d’art ainsi que de cartes postales, et qui, accompagnées de ses passionnants commentaires, constituent la première partie de cet album ouvrant sur la préface de Mathilde, qui a coordonné ce projet, sous l’égide de Serge Plantureux.

Sur les feuillets blancs en fin de volume, vous êtes invités à coller des articles de presse, à dessiner des croquis, ou à déposer les autocollants repositionnables bientôt mis dans le commerce.

Pour consulter le catalogue en pdf, il est recommandé d’afficher par double page :
15.04.2012. rue morgue

10.04.2012 Photographies dans la Presse. Nouveaux articles sur l’affaire Crespy-le-Prince

D’abord un article d’Hervé Martin le 9 février 2012 dans le Canard enchaîné :

Capture d’écran 2014-10-09 à 20.52.41

Article haute def en pdf :Canard Enchaine

Puis un article de Vincent Noce le 10 avril 2012 dans Libération :

GRAND ANGLE. Il y a un an, une collection exceptionnelle de négatifs du XIXe siècle était mise aux enchères à Deauville. Des faux qui ont abusé experts et acheteurs. Et une arnaque qui bouleverse le marché de la photo.
Ce qui devait être un big bang de la photographie est en train de muter en trou noir. De Paris à New York, le petit monde discret des amateurs est bouleversé par la diffusion d’un ensemble exceptionnel de photographies anciennes. Or, des rapports scientifiques confidentiels émanant de Paris, Londres et Boston, et dont Libération a pu avoir copie, ne laissent aucun doute : ce sont des faux…

Article complet : Le vieux cliché était presque parfait

21.03.2012 Analyse d’un portrait possible de Nicéphore Niépce

Nicephore les yeux (myope ?)

C’est le jour du printemps, le 21 mars 2012 que Mr E. après avoir demandé le matin même si nous accepterions de l’aider à résoudre une question iconographique difficile apporta vers l’heure de midi un portrait dessiné, signé et daté 1805 dans un montage un peu ancien. Au dos : une identification : Joseph-Nicéphore Niépce (1765-1833), inventeur de la photographie.

Lussigny-Niépce arrive

Or on  connaît Niépce surtout par des portraits posthumes et idéalisés. Un portrait d’homme jeune par Laguiche est très controversé.

Dos du montage

Au dos du montage, étiquette de papier et  notice photocopiée qui reprend des éléments de la biographie proposée en 1925 par Georges Potonniée, sans prendre en compte ni les nouveaux éléments publiés en 1983 par Paul Jay ni surtout les travaux de Manuel Bonnet et Jean-Louis Marignier  publiés par Pierre-Yves Mahé : Niépce : Correspondance et papiers [préf. de Janine Niepce] / Saint-Loup-de-Varennes, Maison Nicéphore Niépce , 2003.

Les modalités de la longue enquête sont définies et agréées. Elle portera sur une identification des portraits connus de Niépce, une analyse matérielle du portrait  et de son montage, une identification de la signature et donc du peintre-dessinateur.

En mars 2012, nous sommes exactement un an après l’apparition publique des faux calotypes “Crespy-le-Prince” mis en vente par Artcurial le 29 mars 2011 à Deauville, avec un catalogue  qui a dupé trop de gens importants, l’enquête vient de démarrer et la possibilité d’un piège astucieux en ce premier anniversaire de la vente, sous la forme d’un portrait de grande valeur scientifique sinon économique oblige à rédoubler la vigilance et vérifier toutes les étapes de la méthode.

Il faut préciser que le propriétaire du portrait est connu depuis longtemps, bibliophile et bibliographe rigoureux, il produit un ensemble de dessins anciens qui, affirme-t-il proviennent de la même collection, et qu’il a acheté en un lot dans un carton à l’hotel des ventes vers 1982. Il affirme ne pas avoir touché au montage, ce qui sera confirmé par les analyses.

On établi alors une liste des portraits supposés de l’inventeur de la photographie. Cette liste récèle bien des surprises et des contradictions. Le plus ancien document éligible et établi comme certain est un “portrait parlé”, établi par la police de l’an IX sur son passeport délivré pour un voyage de Nice à Chalon-sur-Saône et entré récemment dans les collections de la BNF :

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12.12.2011 – Since Photography, catalogue de vente de photographies à Drouot Montaigne

12.12.2011 Since Photography couv

Commissaire-priseur : Me Alexandre Giquello. La convention essentielle de catalogage concerne la datation des œuvres, l’époque donnée pour chaque photographie est celle de l’épreuve positive, et du premier usage de celle-ci.

12.12.2011 Since Photography Baldus

Les notices ont été préparées par Jean-Mathieu Martini et toute l’équipe de Photocéros selon les principes de description “spécialement établis pour décrire des épreuves photographiques positives, avec leur histoire et leurs stigmates, et non des images référencées par leur numéro de négatif.

12.12.2011 Since Photography Ponti

Elles ont été rédigées en français et résumées en anglais avec l’aide de Farrah Spott.

12.12.2011 Since Photography Greene
Calotypes, Paris et la France, Études d’arbres, Corot, Paysages, Désastres de la guerre, Théâtre italien, Atget, Anschütz, Janssen, Marey, Kühn, Monet, Métropolis, Gimpel, Man Ray,Edgerton, Brehme , Salas Portugal, Brassaï, Robert Franck, Morath, Callahan, Cavalli, Giacomelli, Christo,

marey

Le catalogue présente en particulier un important ensemble d’épreuves positives de Marey.

“La nouveauté chronophotographique impose une révision du regard, habitué à ne juger, en matière de beauté, que de ce qu’il est habitué à voir. La vérité scientifique, nécessairement dérangeante, remet en cause non seulement l’objectivité apparente du regard, mais tous les acquis du goût et du jugement esthétique :
– Le laid ne serait-il que l’inconnu, et la vérité blesserait-elle nos regards quand nous la voyons pour la première fois ?
Ainsi Marey (Le Mouvement, 1894) renvoyait-il les artistes à leur incapacité de perception occulaire.

(Michel Frizot, Étienne-Jules Marey Chronophotographe, Paris, Nathan-Delpire, 2001 p. 284)

12.12.2011 Since Photography Edgerton

Accès au pdf complet : SINCE PHOTOGRAPHY CATALOGUE COMPLET.PDF

Estimations : 12.12.2011 Since Photography estimations

12.12.2011 Since Photography Ollivier

Résultats : 12.12.2011 Since Photography résultats

Paris.Photo.2011 (quinzième édition) La Porte de l’Humilité

15.11.2011 Declercq passion2

Le stand était de dimensions extravagantes à la mesure d’un projet que les circonstances rendaient depuis plusieurs mois inadapté à l’environnement général.

La programmation fut réinventée en un temps terriblement limité et le stand repensé autour de la réplique légère de la porte de l’humilité de l’église de Bethleém. Porte conçue par le sculpteur russe Alexandre (Sacha) Pozin.

Trois cercles concentriques proposaient au centre des photographies uniques et particulièrement “patrimoniales”, autour des épreuves du XXe siècle de grandes signatures s’adressaient aux collectionneurs investisseurs, enfin sur les murs extérieurs, des interprétations contemporaines étaient proposées aux passants et aux curieux.

Deux vidéos animaient les salles intérieures :

Une interview de Mgr Éric de Moulin-Beaufort explicitant les négatifs de Louis De Clercq réalisés à Jérusalem peu après Noel 1859 et documentant le nouveau Chemin de la Passion. (Caméra et montage : Lyes Hammadouche et Romain Renault) : en ligne sur Vimeo

Une vidéo conçue à partir d’archives sovietiques tentait d’expliquer dans la présence de jeunes chimpanzés dans un album de famille à l’aspect plutôt classique. Cet album allait constituer le point de départ d’une enquête de nombreuses années.

Soviet Monkeys

“Soviet Monkeys” réalisée à St-Petersbourg en 2011 par Inna Pozina et ses amis à partir des images d’archives des années 1960 et 1970 des singes de la station zoologique dirigée par le Pr Leonid Firsov et créée par le célèbre Dr Pavlov.

Accès à la vidéo : 11.11.2011

28.07.2011 Agenda Phaëton, avec cinq saisons

Mise en page 1

Cet agenda s’adresse non seulement aux papivores insatiables mais aussi aux gens pressés qui se sont lassés des agendas virtuels extrêmement efficaces dans le présent mais ne gardant pas plus de mémoire du passé qu’un poisson rouge.

Une fois noirci, il se transforme en journal du temps passé, et l’on peut avoir du plaisir à le conserver une fois les cinq saisons effeuillées. Le prochain comportera deux printemps et les semaines se répartiront de janvier 2014 à juin 2015. Vous devinez qu’il sera suivi par un agenda des deux étés qui annoncera le très attendu agenda des deux automnes.

Chaque semaine annonce un projet d’enquête en cours des studios Robespierre qui sera dévoilée lors de la fête de présentation le jeudi 14 novembre 2013.

Le patrimoine hérité des 150 premières années de pratique photographique est aussi intrigant aux yeux de l’observateur terrestre que la nuit étoilée. Il est aussi vain et périlleux de dresser son inventaire que de faire un catalogue de toutes les étoiles du ciel. Tycho Brahe avait réussi à établir un catalogue précis de 1004 étoiles sans télescope en partant des constelations du Zodiaque. On peut proposer au voyageur curieux un repère simple pour se diriger selon 19 grandes zones et 9 périodes principales. La galerie des Studios Robespierre va explorer tour à tour ces lieux et ces périodes de l’histoire de la photographie. L’agenda sera imprimé sur papier et pourra se conserver dans le même univers que les épreuves photographiques anciennes qu’il décrit et anime. Il pourra, lui aussi, être offert entre amis ou parents.

On ne résiste pas à citer ici longuement un manifeste datant de 1926 de El Lissitzky en faveur des livres de papier, et en particulier des livres simultanés, texte / image : «Dans le domaine de l’art, chaque invention est un moment unique, qui ne connaît guère de progrès par la suite. Avec le temps surgissent toutes sortes de variations sur le même thème, parfois plus corsées, souvent plus fades. Mais la force qui prévalait à l’origine est rarement de nouveau atteinte. Ainsi en va-t-il, jusqu’à ce qu’à force de remplois, l’action produite par l’oeuvre d’art s’automatise et se mécanise, tant et si bien que les sens émoussés ne réagissent plus au medium utilisé. Les temps sont alors mûrs pour une nouvelle invention. Ce qu’on nomme le technique est inséparable de l’artistique. Et c’est pourquoi nous voulons, et ce n’est pas chose futile, en finir avec certaines idées reçues. Gutenberg, l’inventeur du système d’impression par caractères mobiles, a imprimé par ce
moyen une poignée de livres, qui demeurent les réalisations suprêmes de l’art du livre typographique. Les siècles qui lui succédèrent ne furent marqués par aucune invention majeure dans le domaine qui nous intéresse — jusqu’à la photographie.

Si l’on cesse un instant de porter sur tout un regard présomptueux, force est d’avouer que les premiers daguerréotypes ne constituent en aucun cas des objets primitifs mais bien au contraire les plus grandes réalisations de l’art photographique.

L’idée qui anime les humains depuis la fin de la guerre est la consommation matérialiste, alors même que ce qui caractérise les productions aujourd’hui, est leur dématérialisation. Un exemple : Les échanges de correspondances se multiplient, les enveloppes de papier s’entassent. Le téléphone est inventé, les réseaux téléphoniques se multiplient. La radio sans fil arrive. Le matériel s’amenuise
quand il devient envahissant. Nous dématérialisons, nous faisons triompher les énergies libérées sur la matière inerte. C’est un signe de notre temps. Quelles déductions pouvons nous établir de ces observations dans notre domaine de l’art.
Si je pointe ces analogies, c’est pour prouver qu’aussi longtemps que le livre sera nécessaire en tant qu’objet palpable, c’est-à-dire pas encore supplanté par des réalisations radiophoniques ou cinématographiques dématérialisées, il nous faut s’attendre à des inventions dans le domaine de la fabrication du livre, pour qu’ici encore on atteigne le niveau de notre temps.

Nous connaissons deux sortes d’écriture : un signe pour chaque concept (idéogramme, comme en Chine) et un signe pour chaque son (caractère). Le progrès du caractère des alphabets européens modernes par rapport à l’idéogramme est relatif. L’idéogramme est immédiatement universel. C’est-à-dire que si un russe, un allemand ou un américain s’imprègnent de ces concepts, alors ils sauront
lire silencieusement le chinois ou l’égyptien, sans avoir à apprendre leurs langues car la langue et l’écriture sont ici deux choses différentes. Voici un avantage que le livre conçu à partir de caractères alphabétiques a perdu. Je suis convaincu que le livre de demain sera plastique et figuratif.

Avant la Grande guerre, l’idée du livre simultané est apparue et a, d’une certaine manière, été réalisée avec la Prose du Transsibérien de Blaise Cendrars dont la typographie a été composée par Sonia Delaunay-Terk.

La bible de Gutenberg a été imprimée avec des caractères. La bible de notre temps ne peut pas se contenter de caractères. Le livre trouve son chemin jusqu’au cerveau à travers l’oeil, et non par l’oreille. Et les ondes lumineuses qui affluent sont bien plus rapides et intenses que les ondes sonores. La bouche ne permet que la parole, le livre offre à l’oeil une multitude de possibilités
d’expressions.

Les livres de papier rivalisent avec les monuments de pierre et de bronze.

En apprenant à lire, nos enfants découvrent une langue graphique, ils grandissent dans une autre relation au monde et à l’espace, à la figure et à la couleur. Nous serons heureux si les livres figurent et transmettent le devenir lyrique et épique de notre temps”. El Lissitzky (Unser Buch, Gutenberg-Jahrbuch 1926 ).

Agenda 2012 (Phaeton) semaine Thebes

Pour accédez au texte complet et au corps de l’ouvrage en pdf : Phaeton Agenda 2012 FRANCAIS)

L’agenda a été publié également en russe et en anglais :

Mise en page 1

Mise en page 1

Pour accéder au texte anglais : Phaeton Agenda 2012 ENGLISH)

Diaporama de quelques pages :

21.06.2011 Les questions posées par les calotypes mis en vente par Artcurial Deauville mènent aux sources de l’invention du négatif papier ciré et au témoignage de Moutrille

Crespy avec trace de pouce gras

Le ou les photographes du “dimanche 23 juillet” avaient utilisé de vieux papiers, des rochers sans âge et un procédé dit primitif pour réaliser leurs compositions séduisantes et quelque peu répétitives.

Un procédé primitif du négatif papier mais déjà considérablement amélioré par l’emploi de cire d’abeille. Or cette amélioration est assez mal datée même si l’affaire Crespy justifie maintenant de rechercher et de vérifier avec précision la chronologie des inventions et des usages.

Un négatif sur papier ciré suivant le procédé décrit par Gustave Le Gray est une feuille de papier imprégnée de cire d’abeille ordinaire fondue. Elle est ensuite et ensuite seulement immergée dans une solution d’iodure et de bromure de potassium, puis sensibilisée avec une solution de nitrate d’argent.

L’ avantage consiste à pouvoir préparer à l’avance les négatifs, et donc ne plus être dépendant de la proximité d’un laboratoire complet. Elle permet par exemple de se rendre en forêt photographier un rocher, ou encore de préparer une série de papiers pour une séance de prises répétées.

Outre cette mobilité offerte aux opérateurs calotypistes, le procédé à la cire rend les négatifs papiers plus transparents et comme le dit Gustave Le Gray dans son Traité Nouveau Théorique et Pratique de photographie de donner des demi-teintes parfaites :

Traite nouveau

La cire vierge a pour l’iode à peu près la même affinité.

Une solution chaude de gélatine appliquée sur le papier en même temps que l’iodure et les autres sels laisse un encollage qui ne se redissout pas également à froid.

J’ai indiqué le premier ce mode de préparation en 1849, en donnant la colle de poisson, qui est la gélatine la plus pure.

L’albumine forme aussi un excellent encollage par la propriété qu’elle a de de devenir insoluble par la chaleur (70 degrés environ), par les acides et par l’alcool. (…)

Les résines, le camphre, le gluten fermenté dissous dans l’alcool, forment aussi d’excellents encollages par leur insolubilité dans l’eau. Le collodion jouit de la môme propriété …

En principe général, pour qu’un encollage soit parfait pour les papiers photographiques, il faut qu’il puisse se dissoudre dans le même liquide qui contient les préparations préliminaires, et qu’il devienne ensuite par la dessiccation insoluble dans les autres préparations à subir. L’amidon, l’inuline, la glycyrrhizine, la gélatine, le mucilage de graine de lin, le sucre de lait, le sérum, l’albumine animale et végétale dissous dans l’eau, les résines, le camphre, le gluten fermenté et le collodion dissous dans l’alcool, jouissant de ces propriétés, se trouvent donc excellents.

La cire vierge, devenant perméable aux liquides après un séjour de quelque temps dans un bain de sels alcalins, forme aussi un des meilleurs encollages , qui, en môme temps, n’exclut pas les autres. Elle met le papier dans un état parfait pour recevoir les préparations, et lui permet d’en recevoir l’action pendant un temps très-considérable sans s’altérer ni se désagréger“.

Pour être plus précis, les photographes membres de la SFP préparant l’Exposition  Universelle, 1889 font un appel public aux témoins de ces premières heures. Et un seul témoignage surgira, précieusement retranscrit dans le bulletin de la Société :

Moutrille 1

Souvenirs de Ernest Moutrille publiés dans le Bulletin de la SFP :

Moutrille 2

«M. Davanne, J’ai appris par M. Varaigne, Président de la Société photographique de Limoges, que vous étiez à la recherche de clichés photographiques sur papier ciré et de documents sur l’origine de ce procédé.

J’étais très lié avec Mestral, qui m’a cédé son atelier et tous ses clichés. Je vous en envoie quelques-uns, que je suis très heureux de vous offrir s’ils peuvent vous être utiles. Quant aux renseignements, ceux qui restent dans ma mémoire sont assez vagues et très incomplets. Voici ce que Mestral me racontait: travaillant un jour chez Legray, avec lequel il était en rapports quotidiens, il avait posé par mégarde un pain de cire blanche sur la boîte à brome qui leur servait pour le daguerréotype, dont ils s’occupaient beaucoup.

Ils furent très surpris de voir se dessiner sur ce pain de cire, qui s’était recouvert de vapeurs de brome, la silhouette de la croisée de la chambre qu’ils occupaient. Immédiatement, ils ont frotté de cire une feuille de papier et l’ont traitée comme une plaque daguerrienne; ils obtinrent ainsi un semblant d’image.

Très peu chimistes l’un et l’autre, ils en seraient restés là s’ils n’avaient été faire part de leur résultat à M. Regnault, de l’Institut, qui les félicita de leur découverte et leur conseilla de plonger leur feuille de papier ciré dans un bain d’iodure, puis dans un autre bain de nitrate d’argent; ce qui fut fait et réussit si bien que M. Regnault, qui s’intéressait beaucoup à eux, leur fit obtenir du Ministère des Beaux-Arts la commission d’aller faire la photographie de tous les monuments historiques de France.

Le Gray Mestral Aubeterre

C’est ainsi que, fort peu maîtres de leur procédé, ils sont partis avec une voiture portant et leur personne et tous leurs appareils, pour faire le tour de la France, s’arrêtant partout où ils trouvaient ou un vieux souvenir ou un monument historique à reproduire. C’est cette collection que Mestral m’a cédée et dont je vous envoie quelques épreuves. Je le répète, Monsieur, tous ces renseignements sont très vagues: il y a 35 ans au moins que Mestral me les a racontés et je n’y ai attaché, à cette époque, que très peu d’importance.

MM. Aguado, Vigier et Bayard étaient très liés avec Legray et Mestral, et partageaient fort souvent leurs travaux ; ils pourront, je crois, vous donner plus de renseignements que je ne puis le faire. Agréez, Monsieur, mes plus affectueuses salutations. E. Moutrille»

Ce témoignage indique aussi le rôle essentiel joué par Regnault, et éclaire la nature de l’album conservé à la SFP, contenant un portrait de jeune femme très proche du portrait daguerrien identifié comme Madame Le Gray.

Remarquons l’enchaînement des évènements : Le Gray et Mestral révèlent des daguerréotypes (quels daguerréotypes ?) aux milieu de vapeurs métalliques, quand ils font l’observation fortuite de la formation d’une image sur un pain de cire blanche d’abeille.

Le chimiste Regnault les accueille, les écoute, leur explique ce qu’ils ont découvert et la portée de leur innovation. Ils la partagent (en particulier avec Le Secq dès juin 1848). Victor Regnault, observant cette générosité scientifique leur fait obtenir bientôt la première commande de la jeune république à des opérateurs de la nouvelle invention : deux places dans la Mission héliographique du printemps 1851. C’est dans cette ambiance qu’ils fondent ensemble la Société Héliographique (janvier 1851) puis participent à l’aventure du journal La Lumière (février 1851).

Moutrille rassemble ces souvenirs plus de trente ans après avoir acquis de Mestral son atelier de photographies. En 1856, Mestral a abandonné la photographie et Paris, sans laisser d’explications ni de témoignage alors que son ami Le Gray vient de perdre son indépendance en acceptant de travailler pour un riche et vieux commanditaire, Barnabé Louis Gabriel Charles Malbec de Montjoc, marquis de Briges (1784-1857), dont les deux fils héritiers et apprentis-naufrageurs pousseront Le Gray à la faillite quatre ans plus tard afin de mieux se saisir de son affaire.

 

30.04.2011 John G. Morris : Photo Diary, photographies à Drouot Montaigne

30.04.2011 John Morris Photodiary

Commissaire-priseur : Me Alexandre Giquello.
Catalogue conçu et réalisé par Photocéros avec Kristen Gresh.
C’est le premier catalogue de vente aux enchères où il a été possible de donner avec une précision relative (parfois le jour exact) la date de tirage de chaque épreuve du XXe siècle, car John Morris avait la mémoire de chaque première parution en tant que “Picture Editor”. Il a transmis sa mémoire en en transcrivant de sa main le récit au dos de chaque épreuve. Kristen Gresh a écrit l’introduction du catalogue (disponible en anglais dans le pdf) :

John Morris dday

“Le vingtième siècle constitue une grande époque de storytelling visuel, quand les photographies de presse étaient développées et tirées systématiquement pour leur distribution et publication. Les photographes étaient constamment proche de l’action et ont produit des récits photographiques d’une grande qualité publiés dans des magazines et des journaux comme Life, Ladies’ Home Journal, Holiday, The New York Times, et The Washington Post. Ces photoreportages étaient le résultat d’une collaboration entre les rédacteurs de photo et les photographes. A ce moment-là, comme aujourd’hui, éditer des photographies allait de l’attribution des missions à la mise en page et la publication ; cette édition faite en coulisse joue un rôle décisif dans la construction de notre identité visuelle collective.

L’essor de la photographie numérique contribue à l’importance aujourd’hui prise par les photographies de presse du siècle dernier en les transformant en objets historiques. Ces objets ont de plus en plus de valeur historique et mérite d’être collectés, étudiés et préservés. Le John G. Morris Photo Diary est une collection éclectique amassée par un rédacteur de photo de grande renommée tout au long de sa carrière de soixante-quinze ans. Ces 230 photographies, avec des écritures personnelles sur le verso de chaque épreuve, constituent une anthologie visuelle, voire une collection unique qui a la spécificité de ne pas être compilée par un collectionneur mais par un professionnel du photojournalisme.

John Morris capa

C’est la collection de quelqu’un qui, dans le passé, jetait des tirages d’Henri Cartier-Bresson et d’autres photographes à la poubelle lorsqu’il avait terminé de s’en servir pour imaginer des mises en page ou bien lorsqu’ils n’étaient pas publiés. Une grande partie de ces documents sont des épreuves qui lui ont servi comme documents de travail. C’est aussi un recueil de photographies qui lui ont été données à travers le temps par ces amis et collègues parmi les plus grands photographes du vingtième siècle. Cet ensemble atypique inclut des épreuves rares, certaines avec des marques de rédaction, crayon gras ou tampons de censure datant de temps de guerre. Ces traces d’histoire ajoutent à leur valeur ainsi qu’à l’histoire de la photographie, du photojournalisme et des médias.
Le John G. Morris Photo Diary raconte visuellement la carrière de Morris et révèle sa position au cœur du photojournalisme, tout en complémentent son autobiographie Get the Picture. Le Diary commence lorsqu’il est étudiant à l’Université de Chicago ou il a crée et édité le magazine des étudiants Pulse. Après ses études, il a travaillé pour le magazine Life et est devenu leur rédacteur de photo à Londres pendant la guerre. Morris est celui qui a sauvé les onze images légendaires du jour du débarquement des Alliés en Normandie lorsque l’émulsion fondue a accidentellement détruit la plupart des précieux négatifs. Le Diary comprend également l’œuvre de Morris comme photographe de la Libération de la France lorsqu’il a accompagné les correspondants de guerre : German Surrender in Normandy ou Annotated Rennes Contact Sheet. Se trouve également dans cette section une image rare de Capa at Work, n°28, qui montre Capa photographiant la reddition de soldats allemands.

John Morris allende

Après la Seconde Guerre Mondiale, Morris, au Ladies Home Journal (LHJ), a continué de travailler avec son ami proche Robert Capa et d’autres photographes comme Sol Libsohn, co-fondateur de la New York Photo League, et Esther Bubley. Il a conçu la série People are People the World Over (1947-1948) qui avait pour but d’illustrer une humanité partagée par tous, illustrant des familles d’agriculteurs de douze pays différents. People are People a inspiré Edward Steichen dans la concéption de sa grande exposition de 1955, The Family of Man. Elle était également une des premières commandes pour la jeune agence coopérative Magnum Photos qui a été fondé en 1947. Morris a envoyé Capa photographier une famille en Slovaquie ; au retour de sa mission prolongée, Capa lui a offert une des pièces maîtresse de cette collection : la passionnante Gypsy Wedding, n° 48. Ce n’est qu’une des nombreuses photographies inédites du Diary qui enrichit notre lexique visuel et complète notre connaissance des images iconiques.

En 1953, Morris est devenu International Executive Editor de Magnum, et a aidé la jeune agence à passer ses années les plus difficiles. Morris était responsable de la négociation des droits des photographies d’Henri Cartier-Bresson notamment lorsqu’une de ses photos a fait la Une en janvier 1955 de Life. Military Appraisal at Moscow Trolley Stop, n°66, est une vision de l’intérieur de la Russie en pleine guerre froide. De cette époque, le Diary comprend de nombreux portraits de Capa, ainsi que des photographies historiques : Italian Political Rally de Chim ou Cartier-Bresson à Magnum d’Elliott Erwitt.

John Morris hcb

Lorsque Morris s’est mis en indépendant (freelance), il a crée Independent Picture Service (IPS) et a distribué des photoreportages. Cette sélection des photographies documente les problèmes politiques et sociaux des années 60, y compris Police Shooting Range de Thomas Hoepker et Father and Son de Akihiko Okamura, publiée par Marjorie Morris dans le livre anti-guerre And/or. Juxtaposées avec ses images de conflits on trouve des photographies poignantes de la vie quotidienne américaine comme Water Witch de Jim Richardson et Caboose Coffee, n° 96, des cheminots de Simpson Kalisher.
En 1961, Morris a assemblé une séquence inoubliable sur John et Jacqueline Kennedy avec leurs photographies célébrées de mariage de Toni Frissell. Morris a négocié la publication de l’unique photoreportage dans LHJ. Il a également joué un rôle crucial dans l’obtention de la permission pour Cornell Capa de prendre les images de la Maison Blanche en coulisse, des œuvres fascinants de la vie quotidienne politique. Les photographies connues et inconnues dans la section Kennedy sont suivies par des images politiquement fortes du mouvement des droits civiques aux Etats-Unis, figurant notamment Freedom Rider Accompanied by the National Guard, n° 147, de Bruce Davidson.

Yoichi Okamoto, ancien officier de la United States Information Agency, a eu un accès sans précédent à la Maison Blanche sous le Président Lyndon B. Johnson. Le Bureau de photographie de la Maison Blanche venait d’être crée. Le laboratoire photographique interne, utilisé auparavant uniquement pour des raisons militaires, est devenu l’atelier d’Okamoto. Il était le premier photographe « civil » de la Maison Blanche ce qui constitue un tournant du photojournalisme politique. Des portraits de puissants hommes politiques au travail en temps de guerre étaient édités dans IPS Contact Sheet de Morris : President Johnson with Rep. Clarence Cannon, n°159 et Vietnam War Briefing, n° 163. Au New York Times, Morris a révolutionné la présentation de la Une et a publié les premières photographies couleurs de l’atterrissage sur la lune.

Les amitiés prestigieuses de Morris ont eu un impact sur l’histoire de la photographie. Ceci explique la présence des photographies remarquables comme celle de Dorothea Lange, A Useful Woman in Small Ways, 1951, n°82 et la section dédiée à l’œuvre de Hansel Mieth and Otto Hagel, deux photographes peu reconnus de Life. Des épreuves rares (proof prints) de Haïti de W. Eugene Smith, tiré par Smith lui-même, témoignent aussi de la relation étroite et de l’amitié entre photographe et rédacteur.

La section finale du Diary est consacrée à Paris où vit Morris depuis 28 ans. Elle termine avec des épreuves de nombreux anciens collègues et amis comme Marc Riboud, Peter Turnley et Jane Evelyn Atwood. Morris continue son implication et rôle dans l’histoire du photojournalisme restant à jour de l’évolution du médium, toujours disponible à découvrir de nouveaux photographes talentueux.

Chaque note du diary est un objet photographique unique. Le John G. Morris Photo Diary nous conduit à travers l’histoire visuelle de notre siècle, nous présentant des images classiques ou nous faisant découvrir des images inconnues, non sélectionnées pour publication mais qui sont tout aussi important pour l’histoire. A l’âge de 94 ans, Morris partage ses histoires personnelles et professionnelles dans ce photo diary. Au travers de son expérience comme rédacteur de photo ou de son activisme politique comme démocrate et militant pour la paix, Morris a fait une contribution majeure à l’histoire du photojournalisme en permettant à des millions de gens de voir le monde à travers les yeux de ceux qui étaient les plus proches des événements du vingtième siècle.

Notices en français : John Morris 30 avril francais

Résultats : 30.04.2011 Resultats vente John G Morris Photo Diary – 30 avril 2011

Twentieth-century photojournalism represented a time of strong visual storytelling, when news pictures were developed in darkrooms and printed systematically for distribution and publication…

Catalogue complet (English) : 30.04.2011.Photo diary

16.04.2011 Rom, revue d’optimisme modéré, n°III

01.04.2011. couv R.O.M III

Dans ce numéro vous trouverez : L’Éditorial et le mot des webmasters, les actualités gitanes, une enquête sur des évidences photographiques, l’invité : Sergey Sveshnikov, le récit du tournage de la vidéo Ligovsky Prospekt, le colloque de Rosphoto, et la suite du feuilleton.

Accédez à la revue complète

Pour les esprits curieux une version provisoire de la maquette :11.11.2010 ROM III en préparation

Ainsi que les autres numéros parus ou à paraître :

Rom I
Rom II
Rom IV

18.11.2010 Looking East : Photographies à Drouot Montaigne (principes de description en anglais et en russe)

18.11.2010 couv Looking east 18 novembre 2010

Commissaire-priseur Me Alexandre Giquello. La convention essentielle de catalogage concerne la datation des œuvres, l’époque donnée pour chaque photographie est celle de l’épreuve positive, et du premier usage de celle-ci. Les notices ont été préparées par Jean-Mathieu Martini et toute l’équipe de Photocéros selon les principes de description “spécialement établis pour décrire des épreuves photographiques positives, avec leur histoire et leurs stigmates, et non des images référencées par leur numéro de négatif.

18.11.2010 Shapiro Looking east 18 novembre 2010

Elles ont été rédigées en anglais avec l’aide de Farrah Spott : “Principles of description :
The cataloguing principles used have been specially established to describe the history and stigma of positive photographic prints, not the images as referenced by their negative numbers.

When an old photographic print leaves a library or an attic, or a simple documentary record enters a collection or a museum; the way we look at it changes at the same time, this is what we seek to describe. The description accompanying a photograph signifies and transforms its meaning. Each of our descriptions begins with an author’s name, thus emphasizing the artistic nature of photography. A bas-relief collodion photographed by Bayard is a Bayard, the portrait of Cartier-Bresson by Beaumont Newhall is a Beaumont Newhall.

Since the advent of photography, world history can be seen as more synchronous; the prosperous periods of nations correspond to the golden ages of photography, the wars and revolutions coincide with the technological and sociological changes of the medium. It seems productive to propose a new unified benchmark to hold together any general collection of photographs.

Identify areas and times. The sites are grouped into nineteen major geographic areas that have often evolved in different periods−for instance, drawing a historical map of Poland is a challenge. Time could be divided into nine major periods of photography, which can fluctuate depending on the continent, where wars and similar places do not always start and finish on the same day.

18.11.2010 Mehedin Looking east 18 novembre 2010

France could be area 01, the origin of the coordinates coincides with the first research of young Joseph Niepce, the inventor who adopted the name of Nicephore, who focused on the multiplication of images. Followed by the United Kingdom–02; Italy–03; Spain and Portugal–04; Germany, Austria, the Netherlands and Switzerland–05; Eastern Europe–06; Northern Europe with Iceland– 07; Russia both European and Asiatic–08; United States and Canada–09; Mexico and Guatemala–10; Latin America–11; Brazil and the Guyanas–12; the East from Greece to Persia–13; the Indian subcontinent– 14; China and Indochina–15; Japan and Korea–16; Africa and the Pacific Zone–17; North and South Poles–18; the Cosmos and the infinitely small–19.”

18.11.2010 Bureau Looking east 18 novembre 2010

Et en russe avec l’aide d’Anastasia Shapovalova : “Об организации фотографического наследия.

Располагая совокупностью изобретений, начавшихся с фотографии, человек получил в свое распоряжение новые возможности фиксации историй, как реальных, так и придуманных. Один за другим, различные слои общества приняли в качестве излюбленных средств репрезентации изображение, зафиксированное фотосъемкой, и движущуюся картинку кино, изобретенные художниками и учеными. Присутствие науки дало повод к постановке вопроса о том, является ли фотография искусством?

Впервые ситуация обострилась в 1857 году: Альфред-Эмильен, граф де Ньюверкерке, отказался дать разрешение на экспонирование работ фотографов на Выставке изобразительных искусств, и вскоре за ним надолго последовало значительное число прочих учреждений. В 2008 году, спустя полтора века, произошли события, завершившие дебаты: организованная Лувром выставка «Делакруа и фотография», и выставка Музея Метрополитэн, демонстрирующая работы 13 художников, мощь и упорство которых в создании визуальных шедевров достойны восхищения. Курьезная символичность: подобно тому, как лондонская выставка Книгопечатание и разум, посвященная пятисотлетнему юбилею печатной книги, проходила в эпоху угасания книгопечатной традиции, этот нью-йоркский показ совпал с исчезновением понятия негатива и печати снимков на бумаге.

Ретроспективный анализ того длительного сумрака, в котором на протяжении ста пятидесяти лет находились экспонирование и изучение фотографий, демонстрирует нам постоянное присутствие двух основных проблем – прежде всего, сложности организации коллекций, сюжет которых выходит за рамки предмета локальных культуры и истории, а также проблемы отбора отдельных отпечатков из общей внушительной массы и их последующего описания.

Цензура текста, древняя, как само письмо, нередко служила оправданием кострам и аутодафе, цензура изображения приводила к военным конфликтам… Авторитарные режимы всегда проявляли максимальное внимание к поддержанию массовой амнезии путем цензуры изображений, однако, ничто не сравнится с визуальными ограничениями, налагаемыми теократией. В Восточной Римской империи и на Западе уничтожение и тотальное запрещение изображений завершилось в 787 г. победой иконопочитателей над иконоборцами, тем не менее, и после этой даты использование изображений оставалось жестко кодифицированным вплоть до начала эпохи Ренессанса.

18.11.2010 Lebedev Looking east 18 novembre 2010

Федерико Зери так определил этот феномен: «На протяжении тысячелетия, последовавшего после развала Западной Римской империи, … тяжелые социальные потрясения, войны III века и религии, основанные на таинствах и заимствованной с Востока эсхатологии, способствовали переориентации изобразительного искусства, устремившегося ко все более символическому выражению, тогда как описание объективной реальности, основанное на взгляде и прикосновении, оказалось заброшенным» (F. Zeri, Mythe visuel de l’Italie, p. 7).

Открытия, сделанные итальянскими художниками Треченто и Кватроченто, стали поводом для гордости итальянцев, которые приняли и в течение пяти веков хранили это видение мира и пейзажа : «Очевидно, что цикл, начавшийся в конце XIV века и продолжившийся открытием перспективы, подошел к завершению только после Второй Мировой войны… Описание объективной реальности Италии и итальянцев не исчезло; но областью выражения стало кино, а не живопись. Переход от одного к другому проходил по этапам, которые сложно определить… однако, основные аспекты неореализма зафиксированы в Дьявольских любовниках Лукино Висконти» (Ibid., p. 142). Нужно ли видеть в этой гордости итальянцев за их способ репрезентации, рожденный вместе с Ренессансом, причину их сдержанности в отношении фотографии? Другие страны – США, Канада, Аргентина – приняли без затруднений изобретение, современное началам их собственной истории…

18.11.2010 Kafka Looking east 18 novembre 2010

Сегодня фиксированное или движущееся изображение, фотографическое и кинематографическое, захватило всемирное культурное пространство. Это принятие фотографического языка в качестве средства репрезентации внутренней реальности или фантазии сопроводило жесткий разрыв человека и печатной книги. В середине 1980-х годов, библиотекари Нью-Йоркской Публичной библиотеки обсуждали, нужно ли интегрировать фотографические альбомы в фонд (или хранить их отдельно), и дает ли серия фотоснимков право на авторский статус. Двадцать лет спустя, в то время, как библиотеки, под влиянием перспектив оцифровки, шинкуют свои лишние экземпляры, Нью-Йоркская Публичная библиотека стала декорацией для съемок фильма-катастрофы (The Day After Tomorrow, 2005), в котором пережившие климатический апокалипсис отказываются (но после острых обсуждений) сжечь экземпляр Библии Гутенберга. Очевидно, что составления алфавитных каталогов фотографов недостаточно для организации визуального наследия, предоставленного двумя столетиями фотографических проб и практик, так же, как недостаточно естественной хронологической классификации студий (по нумерации негативов) или агентств (по дате изготовления снимка).

18.11.2010 Lorens Looking east 18 novembre 2010

Более общие или более сложные модели каталогизации уже предложены историей книжных коллекций, собраний гравюр, даже почтовых марок. Для расстановки печатных книг, Конрад Геснер (1516 – 1565), улучшая традицию монахов-переписчиков, в своей работе «Всеобщая библиотека» (1545) предложил использовать алфавитный порядок авторов, комбинированный с классификацией по формату и сюжету (Теология, Философия). Только через два столетия, в 1771 г., впервые была сформулирована общая идея организации собрания эстампов. Карл Хайнрих фон Хайнекен (1706 – 1791), происходивший из семьи ученых и художников, долгие годы систематизировал коллекцию графа Брюля, премьер-министра Саксонии. Хайнекен сохранил классификацию в алфавитном порядке авторов (в случае, если имя художника известно) и предложил для расстановки эстампов систему 12 разрядов, обозначенных римскими цифрами. Учитывая, что со времен изобретения фотографии, история мира все больше синхронизируется, периоды процветания наций соответствуют золотому веку фотографии, войны и революции совпадают с техническим переворотом и социологическими трансформациями медиа, кажется перспективным предложить унифицированную систему ориентации, способную служить организации любой коллекции фотографий. В истории фотографии можно было бы выделить 9 периодов, определяемых историей континентов (где войны, даже т.н. «мировые», не всегда начинались и оканчивались в один и тот же день), и распределить локализации по 19 географическим зонам ( также «подвижным» в зависимости от периода – одна только историческая карта Польши кажется непростой затеей). Таким образом, можно предложить общую систему организации коллекции фотографических отпечатков по 9 периодам и 19 зонам.

kyzylkum

Когда старинная фотография покидает библиотеку, чердак или папку с документами для того, чтобы войти в частное или музейное собрание, то наш взгляд на это изображение меняется, как только мы принимаемся за его описание: способ описания фотографии сопровождает и определяет переход к новому узусу. Поэтому кажется важным начинать описание фотоснимков, отобранных для включения в музейное собрание, с имени автора фотографии, подчеркивая таким образом ее творческую сущность. Барельеф Клодиона, сфотографированный Баяром – это работа Баяра, портрет Картье-Брессона, сделанный Бомон-Ньюхоллом – это «Бомон-Ньюхолл». Важнейшее положение, от применения которого отказывается пока еще большинство учреждений, касается датировки: датой создания фотографии нужно признать дату изготовления позитива и первого его употребления : так, знаменитый фотоснимок Шанхая 1949 года, отпечатанный с негатива Анри Картье-Брессона в 1980 г. для выставки в одной из парижских галерей, является французской фотографией 1980-х годов. Мы различаем подлинную Мону Лизу и открытку с ее изображением, оригинальное издание Цветов зла Бодлера и недавнее, карманного формата – именно в этом ключе необходимо обдумать способы организации фотографического наследия.
Париж, 22 октября 2010 г.”

Accès au pdf : 20.11.2010.Looking East complet

Résultats : 18.11.2010 Résultats Looking east 18 novembre 2010

01.11.2010 Rom, revue d’optimisme modéré, n°II

21.06.2010 Couv ROM II

Dans ce numéro vous trouverez : L’Éditorial et le mot des webmasters, les actualités gitanes, une enquête sur des évidences photographiques, l’invité du grand papier, Gilles Berquet, les petites et grandes annonces, calendrier des ventes, la suite du feuilleton…

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Pour les esprits curieux une version provisoire de la maquette :11.11.2010 ROM III en préparation : 21.06.2010 ROM II

Ainsi que les autres numéros parus ou à paraître :

Rom I
Rom III
Rom IV

01.09.2010 Publication du Trésor de Mercure (Daguerréotypes de Girault de Prangey)

Trésor de Mercure couv

Esprit fort et indépendant né après la Terreur, Joseph-Philibert Girault de Prangey (1804-1892) est le dernier descendant des seigneurs de Vitry dont le fief de Vitry-lès-Nogent (Haute-Marne) a été entièrement détruit au début du XVIIe siècle. Il nait à Langres, l’antique Andemantunum, ville gallo-romaine dont le nombre des habitants n’a pas bougé depuis vingt siècles, 8.000 personnes à chaque époque dont le célèbre Denis Diderot au XVIIIe siècle. Girault y étudie les arts avec son ami le futur peintre Jules-Claude Ziegler (1804-1856), puis ensemble ils partent pour Paris parfaire leur formation dans les ateliers de Ingres et Heim. Ils créent ensemble le premier musée de Langres dans l’ église Saint-Didier, abandonnée depuis la revolution. L’esprit mordant de Joseph-Philibert irrite et irritera toute sa vie ses contemporains, il a lu le Dernier Abencérage de Chateaubriand et part pour l’Espagne étudier les vestiges arabes de l’Andalousie. Après avoir vu mourir son père, ses deux jeunes frères, sa petite soeur et enfin sa mère en 1828, il reste solitaire. De retour de Grenade en 1835, il consacre son héritage à la construction d’un palais mauresque dans le lieu le plus froid et le plus austère de France, une anfractuosité du plateau de Langres, à l’abri de l’incompréhension de ses contemporains hostiles mais avec une vue dégagée sur les Alpes, les Vosges et le Jura. Bien avant le gout pour l’orientalisme en architecture et le modernisme visionnaire de Jules Verne,
il invente un palais ajouré d’arabesques, les Tuaires de Courcelles sont inspirés d’un Yali.

Un astucieux système de réseau de fontaines chantantes et de tuyaux de vapeur sous pression animent et chauffent des serres peuplées de fruits exotiques, d’ananas et de palmiers, d’oiseaux de paradis et de perroquets moqueurs.

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25.06.2010 – Épreuves choisies, catalogue de la vente du 25 juin 2010 à Drouot Montaigne

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Commissaire-priseur Me Alexandre Giquello. La convention essentielle de catalogage concerne la datation des œuvres, l’époque donnée pour chaque photographie est celle de l’épreuve positive, et du premier usage de celle-ci. Les notices ont été préparées par Jean-Mathieu Martini et toute l’équipe de Photocéros selon les principes de description “spécialement établis pour décrire des épreuves photographiques positives, avec leur histoire et leurs stigmates, et non des images référencées par leur numéro de négatif.

Quand une épreuve photographique ancienne quitte une bibliothèque, un grenier ou un simple dossier documentaire pour entrer dans une collection ou un musée, le regard que nous portons sur elle se transforme en même temps que l’on s’attache à la décrire : la méthode de description de la photographie accompagne et signifie ce déplacement vers un nouvel usage.
Chacune de nos descriptions commence par un nomd’auteur, privilégiant ainsi la nature artistique de la photographie.

Un bas-relief de Clodion photographié par Bayard est un Bayard, le portrait de Cartier-Bresson par Beaumont-Newhall est un Beaumont-Newhall.

Considérant que depuis l’apparition de la photographie, l’histoire du monde s’est faite de plus en plus synchrone, que les périodes de prospérité des nations correspondent avec les âges d’or de la photographies quand les guerres et les révolutions coïncident aux bouleversements technologiques et sociologiques du medium, il a semblé fructueux de proposer un repère unifié susceptible d’organiser toute collection générale de photographies.

Repérer les espaces et les temps. Les temps pourraient se répartir selon 9 grandes périodes de la photographie, qui peuvent fluctuer selon les continents, où les guerres, même mondiales, ne commencent et ne finissent pas toujours le même jour. Les lieux sont regroupés en 19 grandes zones géographiques qui ont bien souvent évolué selon les périodes—dessiner une carte historique de la Pologne est une gageure.

La France est la zone 01 : l’origine du repère coïncide avec les premières recherches du jeune JosephNiépce, qui adopta pour nom d’inventeur celui de l’iconodule Nicéphore pour se consacrer à la multiplication des images. Viennent ensuite : 02, Le Royaume-Uni ; 03, L’Italie ; 04, La péninsule ibérique ; 05, L’Allemagne, l’Autriche, les Pays-Bas et la Suisse ; 06, L’Est de l’Europe ; 07, LeNord de l’Europe ; 08, Les Russies ; 09, Les usa et le Canada ; 10, LeMexique et le Guatémala ; 11, L’Amérique Latine ; 12, Le Brésil et lesGuyanes ; 13, Les Orients ; 14, Le sous continent indien ; 15, La Chine et La Cochinchine ; 16, L’empire du Japon et les deux Corées ; 17, L’Afrique et le Pacifique ; 18, Les Pôles ;”

La période 1 correspond aux temps des inventions, qui est aussi celui des daguerréotypistes de l’époque de Louis-Philippe (1789-1849). La période 2 est pour la France celle de l’âge d’or qui s’achève avec le désastre de Sedan, pour Rome et l’Italie, 1849-1870, interrompue avec les dernières batailles du Risorgimento. La période 3 coïncide avec les différents conflits qui embrasent tour à tour le monde, Guerre de sécession (09-3), défaite de Sedan et Siège de Paris (01-3), guerre entre la Prusse et l’Autriche (05-3). Le second âge d’or, période 4, correspond à la démocratisation du Kodak et à la splendeur du pictorialisme. La période 5 commence avec la grande rupture historique de la la première guerre mondiale et se prolonge avec la révolution bolchévique (08-5) oumexicaine (10-5). Suivent la floraison pacifique des avant-gardes, période 6, la seconde guerremondiale, période 7, commençant dès 1933 en Allemagne (05-7) , 1936 en Espagne (04-7), 1932 en urss avec le début de la terreur (08-7). A l’optimisme retrouvé, à l’esthétique des clubs de photographies et des maîtres de la fin du XXe siècle, 8, succède la révolution technologique du numérique dont nous connaissons encore les turbulences, 9.

Une fois ce repère défini, les conventions suivantes ont été adoptées :
• Si un photographe n’a pu être identifié à temps, il est caractérisé par ses coordonnées dans le repère général.
• L’époque donnée pour chaque photographie est celle de l’épreuve positive, et du premier usage de celle-ci, vérifiée à l’aide des publications scientifiques disponibles et des ressources en ligne (telle que l’étonnant “peib.dmu.ac.uk”). Une liste des cent ouvrages les plus utiles ou les plus consultés est en cours de conception.

giannuzzi

Le catalogue décrit un groupe peu fréquent de calotypes négatifs et positifs par Pesce, Giannuzzi et les premiers photographes en Perse. Accés au catalogue : 25juinEPREUVESCHOISIES

Accès aux résultats : 25.06.2010 Résultats ventes épreuves choisies 25 juin

30.04.2010 Coédition avec une galerie d’antiquités : Stone and Photography

couverture stones

This volume is published in conjunction with an exhibition entitled Stone and Photography. From the Middle Ages to Medievalism May 4, 2010 to July 31, 2010
Pierre et Photographie. Du médiéval au médiévisme, LES ENLUMINURES, Le Louvre des Antiquaires 2, Place du Palais-Royal, 75001 Paris – France tel : +33 (0)1 42 60 15 58 info@lesenluminures.com http://www.lesenluminures.com
Remerciements : Annie Blanc, Jacques Torregano, Virginie Enl’art

“L’invention photographique de Daguerre est présentée en août 1839, par Arago devant l’Académie des sciences. L’État français l’acquiert contre une rente viagère annuelle de 6 000 francs versée à Daguerre et de 4 000 francs à Isidore Niépce, le fils de Nicéphore, pour en faire don au monde.
Daguerrre est aussi peintre. L’Intérieur de Rossly Chapel qu’il peint en 1824, montre que l’esprit et l’esthétique de ses peintures et dioramas sont marqués par le néogothique.
De la Révolution à la Restauration se définit la notion de monument historique.C’est la naissance d’une administration mais aussi d’une esthétique qui trouve dans la génération romantique ses hérauts.
Les premiers photographes sont face à un dilemme, la plus moderne des inventions est mise au service de l’inventaire du passé. Pourtant les premiers d’entre eux sont les plus jeunes et s’avèrent être les plus audacieux…”

Carnet en pdf : Stones maquette