21.01.2004 Serge Plantureux : Niepce, Daguerre or Talbot ? Or The Quest of Joseph Hamel to Find the Real Inventor of Photography

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Texte complet :

Niepce, Daguerre or Talbot ? Or The Quest of Joseph Hamel to Find the Real Inventor of Photography

A review was published in the iphotocentral Newsletter :

 

NIEPCE, DAGUERRE OR TALBOT? THE QUEST OF JOSEPH HAMEL TO FIND
THE REAL INVENTOR OF PHOTOGRAPHY. English translation by Suzy Firth.

History is slippery in the best of circumstances, but in looking backward to the wwatershed year of 1839, when photography emerged amidst the smoke and
steam of the Industrial Revolution, the view is hazy at best. Who invented
the medium? The great names attached to the beginnings of photography are
familiar enough–mainly Louis-Jacques-Mandy Daguerre and William Henry Fox
Talbot–but this short investigative essay by Serge Plantureux adds the
story of Joseph Hamel to the historic mix. It describes how Hamel sought the
truth in the course of seeking advantage for Mother Russia, and came to view
the French “heliographer” Joseph Nicephore Niepce as the medium’s true
inventor

Indeed, this pleasing curiosity of a book was first published last year in
French, but it comes to us now in an English translation. Firth’s task could
not have been easy, for Plantureux’s verbal style seems sprawling and
informal, and some further proofing would have caught several typographical
errors, but the information is compelling. If nothing else, it limns a
portrait of a man who may well have been the world’s first industrial spy,
sent to the West in the early 1800s by Russian Tsar Nicholas I to keep the
Motherland abreast of the surging technological developments of France and
Great Britain. 

As the Tsar’s man, Hamel–who was born of German colonists along the river
Volga–was a distinguished presence, well-schooled in the sciences and an
earnest observer of everything from new educational systems to the emergence
of the telegraph and new methods of electrolysis. While his European hosts
happily opened their cultures to him, he kept the Tsar up to date on various
breakthroughs, so that by 1839 he was nicely positioned to play a role in
bringing photography to Russia.

At this point in the narrative, Plantureux gets a little overwhelmed by the
tide of historical cross-currents that place the likes of Talbot, Daguerre,
and Niepce at the generative heart of the medium. While the verifiable truth
seems a bit murky, it becomes clear to us that the invention of photography,
like most technological breakthroughs, was more a shared achievement than a Promethean bestowal of fire by any one man. Daguerre, for example, is
depicted as the great showman and entrepreneur who knew the value of
contracting with Niepce, whose “heliographs” were important early steps in
developing the process. Talbot, of course, was refining techniques in his
own way.

Hamel, viewing Niepce as the true inventor of the medium, grew close with
the Niepce family and was able to collect important early examples, which
made their way to Russia. By then, the fledgling era of the photography
collector was upon the art world, and Hamel’s seminal gathering of images by
Niepce is an achievement in itself. This 50-page book is enhanced by a dozen
or so black-and-white plates, including a classic 1844 portrait of Daguerre,
that are themselves worth the book’s $5 price. So is the amusing epilogue,
in which Hamel persuades the Tsar to let him journey to America. Tsar
Nicholas shared the view of many Europeans that the Americas were rife with
cannibals, and feared that his faithful Hamel would develop a taste for
human flesh, if not be devoured himself. Thus, he made Hamel sign a pledge
that on his visit to the U.S., “I shall not eat human meat.”

15.01.2004 Émile Simonet : Dessins de Prison

15.01.2004 Couv Emile Simonnet Fanfan

Dessins de la collection Philippe Zoummeroff. Dessins et utobiographie inédite précédée d’un texte du docteur Jean Lacassagne, L’art en prison, 1939.

(…) “Le criminel jeune et vigoureux qui a l’habitude de réaliser dans la vie courante de magnifiques performances sexuelles, souffre, durant son incarcération, de la chasteté forcée à laquelle il est astreint. Malgré le recours aux équivalents : masturbation ou manœuvres homosexuelles, il demeure un insatisfait, car il s’accommode mal de ces “ersatz” de l’amour. Aussi doit-il refouler en permanence son instinct génésique. Dans ces conditions, son érotisme mal contenu explose parfois et se traduit, soit par des inscriptions lubriques sur les murs des cellules, soit par des tatouages obscènes, soit encore et surtout par des dessins où le détenu peut donner libre cours à ses instincts fougueux. Il se complaira à crayonner des organes génitaux, des scènes variées de fornication, des accouplements étranges. La pratique du dessin devient pour celui qui s’y livre, un véritable exutoire, c’est une façon pour lui de se soulager.

Pour ne pas procurer de désagréments à notre ami Rousset, gérant de cette publication, nous nous abstenons de reproduire dans cet album des échantillons de ces dessins spéciaux, c’est bien dommage, car il s’agit là de documents qui perdent, pour des yeux médicaux, leur caractère obscène.

L’homme du milieu manque en général d’imagination, c’est pourquoi il reproduit sur le papier, avec force détails, avec la plus grande minutie, ce qu’il connaît ou ce qu’il voit. Il dessinera donc volontiers des filles, des souteneurs, des scènes de prison, de bordel et de bals musettes, des cambriolages, des règlements de compte. La plupart du temps on retrouvera dans ces dessins trois qualités maîtresses du tempérament criminel, elles dérivent d’ailleurs l’une de l’autre : la haine, l’esprit vindicatif et la violence.

Parfois cependant le criminel se laisse aller dans ses dessins à une sentimentalité délicate et touchante. Il dessine de fleurs, des femmes qui pleurent, le Christ en croix, la Sainte Vierge, des anges, des paysages bucoliques. Qui sait si la constatation de cette sensibilité chez un criminel ne pourrait être considérée comme un critère de relèvement possible !

Quoi qu’il en soit, il me semble que les dessins exécutés en prison ne sont pas l’expression de l’art propre du criminel. L’incarcération fausse son inspiration. L’homme emprisonné se sent vaincu, sinon dompté, sa mentalité n’est plus la même que lorsqu’il est en liberté, ses réactions sont donc différentes, par conséquent ses réalisations “artistiques” subiront, elles aussi, l’influence de la captivité…”

fanfan quai de la saone

“Ceci est un peu de ma vie, c’est un peu de la misère et du vice que j’ai croisés sur les rues fiévreuses des villes et dans les prisons de France, ce que je puis avouer de moins triste parmi tout ce dont je me suis tâché.

Pour vous qui lisez ces lignes, je revois les jours affreux de la guerre, ma mère faisant des obus à l’Arsenal avec mon frère rendu inconscient par l’alcool, les récits de cambriolage et d’agression qui ont remplacé pour moi les contes de Perrault, la misère de mon enfance entre un frère cambrioleur et des sœurs prostituées, les jours moroses à la communale, les nuits où le sang et le vin coulaient mélangés, tout ce qui a déformé mes sentiments et m’a conduit sur la route du bagne. Les années ont coulées depuis, j’ai 22 ans et je suis reléguable (…)

Un soir d’hiver 1918 (il a 7 ans, NdE), alors que mon frère me racontait des histoires du front, petite mère nous appela brusquement : — Prends ton fichu, me dit-elle, tu viens avec nous…”

fanfan ils tirent un bourgeois

Suite sur le pdf : maquette Simonet fanfan chante

fanfan chante

Un second ouvrage dans la collection des carnets a été réalisé avec la Bibliothèque Zoummeroff en juin 2009 : Dessins de Prison

Paris.Photo.2003 (septième salon) L’Épreuve du Temps

15.11.2003. L'épreuve du temps couv

“J’avais aperçu partout, dans les champs, et sur mon chemin, des hommes devenus statues, et divers animaux transformés en pierre par l’aspect de Méduse. Ce visage hideux, je ne l’avais vu moi-même que réfléchi sur l’airain de mon bouclier ; et tandis que le sommeil versait ses pavots sur le monstre et sur ses couleuvres, je tranchai sa tête.”
Ovide, Métamorphoses.

15.11.2003. L'épreuve du temps gardes

Un siècle avant que la prédiction de Lazare Markovitch Lissitski ne se réalise, avant que nos livres et nos photographies ne se dématérialisent, le dimanche 5 septembre 1886, le Journal illustré présenta ce que Nadar devait définir comme la première interview photographique de l’époque moderne. Le sujet n’était autre qu’Eugène Chevreul (31 août 1786, 9 avril 1889), le Président de l’Académie des sciences pour l’année 1839. À ce titre, Chevreul avait organisé la célèbre séance du 19 août 1839, pendant laquelle Arago avait divulgué le secret de la photographie. Ainsi, Nadar choisissait d’inaugurer ce nouveau genre de reportage en invitant le dernier témoin de la plus grande invention du siècle :

“M. Chevreul. — Je connaissais Monsieur Hersent comme membre de l’Académie des Beaux-Arts et comme peintre distingué. — Je me rencontrai une fois avec lui dans la cour de l’Institut. C’était [en 1839] au sortir de la séance de toutes les Académies réunies dans laquelle Arago venait d’exposer la découverte de Daguerre, sans avoir fait mention du nom de Nicéphore Niépce, le véritable auteur de l’héliographie dont le daguerréotype n’est qu’un des procédés.
Je me trouvai, dans la conversation, avoir à dire à Monsieur Hersent que le jaune à côté du bleu devient orangé et le bleu à côté du jaune passe au violet. Monsieur Hersent, que notre dissertation avait animé, me répondit :
— Si un autre que Monsieur Chevreul me disait cela, je dirais qu’il en a menti ! Mais Monsieur Chevreul me le disant, je lui réponds : — Je veux le voir pour le croire !
Il n’était pas possible, cette fois, de mieux parler. J’invitai aussitôt, de grand cœur, Monseur Hersent à venir me voir à mon laboratoire des Gobelins où je lui donnerais la preuve. Il est mort vingt ans après, sans être jamais venu me voir aux Gobelins, comme je l’en avais prié… Tant il fut peu curieux de connaître cette loi si intéressante du contraste simultané des couleurs !
Et faut-il se dire qu’un peintre de mérite, un homme éminent, classé dans l’élite des artistes, et par conséquent devant son exemple et son enseignement à ceux qui le suivaient, ait pu par indifférence, négligence ou je ne sais quel sentiment inexplicable, se refuser, se dérober à la connaissance de la Vérité, lorsque cette connaissance lui était offerte !
Mais je ne vous ai pas tout dit et il ne suffit pas encore de dire, il faut prouver ; il faut voir. Il faut que vous voyiez, il faut que je vous fasse voir. Je veux faire voir, parce que c’est quand je vois que je crois !…

 

foucauld par fizeau

 

Hippolyte Fizeau. Portrait de Léon Foucault. Paris, vers 1841. Daguerréotype 1/4 de plaque, 107×78 mm, petit poinçon ”c” au verso. ” Hippolyte Fizeau et Léon Foucault étaient tous les deux nés en 1819, à seulement 5 jours d’intervalle. Dès leur rencontre, vers 1841, ils décidèrent de travailler ensemble pour perfectionner le procédé du daguerréotype. De cette collaboration est née la première photographie du soleil. Plus tard, Fizeau calcula seul la première mesure de la vitesse de la lumière en 1849. Il obtint environ 315.400 km/s en employant une roue dentée tournant à vive allure sur un rayon lumineux réfléchi à une distance de 8 km de la source lumineuse. Provenance : Vente du 12 décembre 1997, Bibliothèque de MM. de Jussieu”

Extrait de la notice n° 2 du catalogue L’Épreuve du temps. Ce catalogue entraîna dans notre petite compagnie la réflexion sur les différents âges de la photographies et leurs correspondances dans les différentes zones géopolitiques. Accès au pdf en plusieurs parties :

15.11.2003. L;épreuve du temps cahiers A-B-C-D_ épreuve cahiers A-B-C-D
15.11.2003. L’épreuve du temps cahiers E-F-G
15.11.2003. L’épreuve du temps cahiers H-J-K-L
15.11.2003. L’épreuve du temps cahiers M-N-P
15.11.2003. L’épreuve du temps cahiers Q-R

1-9. Neuf daguerréotypes.
Trois essais primitifs par des scientifiques, Wheastone, Fizeau, Becquerel, suivis de six usages de la nouvelle invention, Richebourg, Lamaille, Andrieux.
10-17. Huit calotypes et papiers salés.
Dont un curieux photomontage et une preuve de patience, car il n’est pas simple de photographier des oiseaux.
18-25. Huit épreuves albuminées.
Portraits de voyageurs, de voleurs, de prêtres et d’artistes.
27. Le regard de Raspoutine.
28-34. Sept photographies argentiques.
Facéties, expérimentations et récréations scientifiques.
35. Sarah Bernhardt dans “Mères françaises”.
36-37. Danses et champagne.
38-47. Procédés trois couches.
Avant-gardes européennes. Les Vkhoutemas, l’école de Vienne, Prague, Londres, Paris.
48. Le portrait de la dame qui mangea son mari.
49-60. Masques et visages.
61-67. 1939-1945.
68. Le Barbier de Nanterre.
69. Alfred Hitchcock.
70-73. Quatre beaux tirages signés des années 1970.
Quand la photographie devint reine, quatre épreuves sélectionnées par Robert Doisneau, Boubat, Janine Niépce et Grete Stern.
74-75. Le grand sommeil.
76-79. Le monde des arts.
80. Le Mitterrand de Warhol.
81. Inna Alexandrovna Pozina.
82-100. Dix-neuf livres et documents sur l’histoire de la photographie.
Tiphaigne de la Roche, Hercules Florence, Nicéphore Niépce, Charles Bouton, Daguerre, John Draper, Victor Hugo, Charles Nègre, Nadar.

La page du catalogue de Paris-Photo reprenait un document warholien :15.11.2003. paris photo 2003

26.07.2003 Serge Plantureux : L’Espion et la Fougère

01.07.2003 Hamel l'espion et la fougere couv

“La photographie allait bientôt être révélée. Elle ne s’appelait pas encore photographie.

Depuis quelque temps déjà, le public suivait avec intérêt les travaux des chimistes d’une part, des opticiens de l’autre, qui en plusieurs contrées tentaient de trouver un moyen simple et fidèle de reproduire les visages et les paysages. Les vitrines du Palais-Royal proposaient les plus récentes machines à dessiner, de mystérieuses cameræ obscuræ et d’élégantes chambres claires au long bras articulé.

En ce début de janvier 1839, les journaux français ont annoncé que la nouvelle invention tant attendue était enfin prête, et d’une nature si singulière qu’une grande cérémonie rassemblerait bientôt savants, artistes et représentants de la Nation pour célébrer la portée universelle de la nouveauté. Aucun industriel ne serait favorisé, aucune barrière juridique ou administrative n’en freinerait la diffusion et cette merveille, qui deviendrait la photographie, serait
bientôt offerte, au nom de la France et d’un certain Daguerre, à l’Humanité toute entière.

Pour être précis, le gouvernement avait décidé, non sans esprit de vieille et cordiale rivalité, d’offrir le secret au monde entier sauf à l’Angleterre, pays fort tatillon sur les brevets, et critique sur la paternité de la découverte annoncée.

Bien sûr, les inventeurs français seraient fêtés et décorés, même indemnisés pour cette libéralité.

Rarement un cadeau fit autant et aussi durablement plaisir. Le plus prompt à l’apprécier était un certain Joseph Hamel. Il rassembla méthodiquement l’essentiel des essais et des documents qui permettent aujourd’hui de comprendre la genèse de l’invention de la photographie. Ce singulier explorateur aurait probablement été défini au siècle précédent comme un pirate, et au siècle suivant comme un espion économique. Il venait exactement du bout du monde, et nous allons raconter maintenant son étrange aventure…”

27.07.2003 L’espion et la fougere

Le texte a été complété et corrigé avant d’être traduit en anglais six mois plus tard :

NIEPCE, DAGUERRE OR TALBOT? THE QUEST OF JOSEPH HAMEL TO FIND
THE REAL INVENTOR OF PHOTOGRAPHY. By Serge Plantureux; English translation
by Suzy Firth
. Published by Accademia dei Venti ISBN #2-84940-003-3; EAN
#9782849400036. . 48 pages.

21.06.2003 Le premier carnet : Mode d’Emploi

couv mode d'emploi

Mode d’emploi pour réaliser la maquette d’un petit livre

Chaque petit livre des Venti possède des caractéristiques techniques et matérielles, librement adoptées à partir des contraintes des étapes techniques de fabrication. Ce mode d’emploi résume les conseils pour réaliser la maquette d’un tel petit livre, qui est constitué d’une couverture cartonnée, de deux gardes et d’un corps central de 48 pages.

La couverture cartonnée est constituée de deux plats et d’un dos carré où l’on peut prévoir un titre qui permettra de retrouver le volume sur une étagère.

Les pages de gardes permettent de rendre solidaires le cartonnage et le corps de l’ouvrage, on ne peut imprimer que la face visible dans l’intérieur des plats. Cela représente en tout l’équivalent de 4 pages supplémentaires.
Le corps de l’ouvrage consiste en 48 pages obtenues en pliant 3 feuilles en 3 cahiers A, B et C, de 16 pages cousues ensemble :
total : 48 = 16 + 16 + 16 pages
La presse imprime les deux faces de trois feuilles de papier. Chaque feuille est repliée 3 fois de manière à former un cahier de 2 x 2 (premier pli) x 2 (second pli) x 2 (troisième pli) = 16 pages.
On peut choisir une couleur d’impression différente du noir, et même prévoir de varier les couleurs des différents cahiers.
Si l’on désire créer un album “standard” de 20 images reproduites en pages de droite, les belles pages, faisant face chacune à une page blanche ou contenant un simple titre en bonne page, il restera alors 48 – (20×2) = 8 pages, par exemple 4 pages pour un faux-titre, un frontispice, une page de titre et un sommaire et 4 pages pour une préface.
Si une classe de petite école désire travailler sur un petit livre, et que les 32 élèves, au lieu de travailler par deux, veulent proposer chacun une photographie ou un photomontage, et si ces travaux constituent une série cohérente imprimée en vis-à-vis, il restera alors 8 pages pour raconter l’histoire du petit livre.

gitans mode d'emploi
La couverture cartonnée est imprimée en bichromie (deux couleurs), puis recouverte d’une pellicule qui la protège de l’eau et des traces de doigts. Elle est un peu plus grande que le corps de l’ouvrage, créant ainsi trois chasses de 3 mm et mesure, repliée
hauteur : 145 mm = 3 + 139 (hauteur d’une page) + 3 mm
largeur : 130 mm = 3 + 127 (largeur d’une page).
Mais pour l’imprimer il faut considérer la nécessité de rabats supplémentaires de 5 mm, utiles au brocheur pour fabriquer le cartonnage. La couverture est donc calculée avec des débords :
hauteur : 155 mm = 5 + 145 + 5 mm
largeur : 135 mm = 130 + 5 mm.
Enfin, si on souhaite le cartonnage panoramique, composé pour être vu déployé, il faut ajouter aux deux plats de couverture les 8 mm du dos :
hauteur : 155 mm
largeur : 278 mm = 135 + 8 + 135 mm.

Maquette en pdf : maquette mode d’emploi

Les gardes peuvent être imprimées d’une couleur différente de celle du corps de l’ouvrage, mais sur une seule face car de toutes façons elles sont contre-collées, la première garde contre Continuer la lecture de « 21.06.2003 Le premier carnet : Mode d’Emploi »

Paris.Photo.2002 (sixième salon) La Route de la Photographie

11.11.2002 Route de la photographie couv

Ce catalogue était le premier d’un cycle de trois, avec L’Épreuve du temps et le Plaisir de l’analyse publiés à la suite en novembre 2003 et 2004.

Profitant des nouvelles possibilités offertes par les progrès de la PAO et des logiciels de mise en page et de traitement d’image, chaque catalogue se concentrait sur 100 épreuves, “Cent propositions pour une collection”, dont les reproductions étaient prévédées de textes rares à trouver, comme le reportage en direct sur le suspens de la divulgation de la photographie par Alfred Donné (1839).

“Le premier perfectionnement auquel est parvenu M. Niepce a été de rendre la nature telle qu’elle est sous le rapport des ombres et des clairs, et de remplacer les effets renversés par des effets en harmonie avec la lumière … C’est à l’aide d’une préparation obtenue avec le bitume de judée sec et dissous dans l’huile de lavande que M. Niepce a fait ses premiers essais et obtenu ses premiers succés.

Il parvint en outre à soustraire sa préparation à l’action ultérieure de la lumière, de manière à pouvoir conserver les empreintes qu’il avait produite ; jusque-là ces empreintes ne pouvaient pas même être vues, puisque du moment où on les exposait à la lumière pour les regarder, tout s’effaçait en prenant une teinte uniforme.

Enfin, un troisième point, le plus curieux, le plus inattendu, qui a dû singulièrement exercer la sagacité de M. Niepce et qui joue encore le plus grand rôle dans les effets du Daguerrotype est le suivant : lorsque la feuille de cuivre plaquée d’argent sur laquelle était étendue la préparation de bitume avait été exposée à l’action de la lumière, l’empreinte des images était à peine sensible quoiqu’elle existât réellement comme on va le voir, et il a fallu un nouvel effort d’invention pour la faire apparaître aux yeux … L’image imprimée par les rayons lumineux sur la préparation de M. Niepce a besoin, pour se produire aux yeux, de subir l’action d’un nouvel agent, et cet agent était l’huile de pétrole dans les essais de l’auteur ; l’huile de pétrole, à ce qu’il paraît, a la propriété d’attaquer et de dissoudre les points de la surface métallique qui ont été préservés par les ombres de l’action de la lumière, tandis qu’elle est sans influence sur les points frappés par les rayons du soleil ; on voit alors l’image sortir de la courbe où elle était cachée, et il suffit de laver la plaque pour la soustraire à l’action ultérieure de la lumière…

C’était, on le conçoit, jour de solennité à l’Institut ; l’Académie des Sciences et l’Académie des Beaux-Arts s’étaient réunies pour entendre l’exposition, faite par M. Arago, des procédés de M. Daguerre, dont on s’entretient avec tant d’intérêt dans le monde depuis huit ou dix mois ; les résultats que l’on avait vus de cette importante découverte, inspiraient une vive curiosité d’en connaître le secret, et ce secret touchant à la fois aux intérêts des arts et à ceux de la science, un nombreux public, composé d’artistes, de savants et d’amateurs, se pressait aux portes de l’Institut, trois heures avant l’ouverture de la séance ; dans cet empressement auquel l’Académie n’est point accoutumée, on pouvait craindre qu’il n’y eût quelque désordre ; mais les mesures avaient été si bien prises, que tout le monde, au moins tout ce qui a pu entrer dans la salle, a pu voir et examiner à son aise les produits du Daguerrotype, et entendre les développemens dans lesquels est entré M. Arago…

Trois tableaux exécutés par les procédés de M. Daguerre étaient exposés comme échantillons ; ces tableaux ont sans doute été fort admirés ; mais ce n’était pas là l’objet important de la séance ; deux d’entre eux étaient connus, et personne ne doutait de la perfection des résultats obtenus par M. Daguerre lui-même : on savait qu’entre ses mains son invention était arrivée au plus haut degré de perfection. ..

Le procédé de M. Daguerre est destiné à le répandre, et peut-être n’est-il que trop en harmonie avec notre disposition actuelle et trop propre à favoriser les penchants et les goûts de notre époque…”
(Alfred Donné, Feuilleton du Journal des Débats, et divers articles sur la divulgation du secret du daguerréotype, janvier à septembre 1839)

Accès à la suite du texte et au catalogue complet en pdf. Les progrès des traitements de textes étaient quand même relatifs et le pdf est constitué de sept parties contenant un ou plusieurs cahiers de 12 pages, décrivant différentes parties de u globe où arrive tour à tour la nouvelle de l’invention , avec tous ses effets, succession de zones géographiques, qui préfigure une classification simple.

11.11.2002 Route de la photographie A-E
11.11.2002 Route de la photographie F-H
11.11.2002 Route de la photographie J-L
11.11.2002 Route de la photographie M-P
11.11.2002 Route de la photographie Q
11.11.2002 Route de la photographie R-T
11.11.2002 Route de la photographie V-W

Accédez aux deux autres catalogues du même cycle :
L’Épreuve du temps
le Plaisir de l’analyse

Salon du Livre Ancien 2002 (Quatorzième FILA) Catalogue La Valeur des Hommes

mouche Raoult

“Peu après nous vîmes arriver un autre prince [qui] n’avait que cinq ans et montait pourtant un assez grand cheval. Ses petits pieds n’atteignaient pas le bout de la selle … Il avait à côté de lui un jeune Nogaï aussi à cheval et qui ne le quittait pas d’un pas. Ce Nogaï était son gouverneur et l’élevait chez lui, car les jeunes princes du Caucase ne sont jamais élevés chez leurs parents. En revanche rien de plus sacré que les obligations réciproques entre les parents et le mentor, le mentor et l’élève. Elles constituent ici la plus saine partie de la morale, gâtée cependant par le goût du brigandage. On m’a assuré que le premier usage que le jeune Télémaque fasse des leçons de son mentor est de s’enfuir de chez lui après l’avoir volé, ce qui comble de joie toute la famille. Si le mentor survit à son élève, il hérite du mobilier et des chevaux, mais il est assujetti à se couper la moitié de chaque oreille … “
Jean Népomucène Potocki, Au Caucase et en Chine, Phébus, 1991, page 106

Valeur des hommes tablettes

Catalogue complet en deux parties :

06.05.2002. valeur des hommes 1-60
06.05.2002. valeur des hommes 61-120

Paris.Photo.2001 (cinquième salon) Satyricon Redivivum (Fellini Secchiaroli)

14.11.2001 Satyriconannonce paris photo

À l’occasion de la sortie du premier livre de photographies entièrement rédigé en latin, les cartels du stand Paris Photo 2001 étaient rédigés en latin, les prix en chiffres romain :

14.11.2001 Satyricon cartels paris photo

“Satyricon Redivivium, 100 photos noir et blanc prises en 1968 par Tazio Secchiaroli sur le tournage de Fellini Satyricon, texte tout en latin extrait du Satyricon de Pétrone, Éditions In Ædibus Rhinocerotis ferocis/Serge Plantureux, Paris, 2001.” (article de wikipedia)

06.11.2001 Le Portrait au daguerréotype d’Alexandre Dumas rentre au Musée d’Orsay

Gouin Dumas

 

Couleurs et relief, silence complices (Texte qui sera publié dans les Mélanges en l’honneur de Françoise Heilbrun)

“Quand vous regardez ce portrait à la main, écrit Lacan, c’est une belle épreuve admirablement coloriée ; si vous la voyez au stéréoscope, c’est une femme charmante qui vous regarde et qui pense. Étendez la main, et vous allez toucher sa robe soyeuse ; vous allez arracher de son bouquet cette violette ou cette marguerite, ou ce camélia, ou une feuille de cette rose qui se flétrit déjà. Et cette dentelle qui laisse entrevoir sous ses plis transparents ce bras arrondi, ne vous semble-t-il pas que vous allez la froisser sous vos doigts ? (Ernest Lacan, “Portraits au stéréoscope, par M. Gouin”, La Lumière, n° 44, 29 octobre 1853, page 175).

Parmi les images rescapées du XIXe siècle que le XXe n’a pas détruites un petit groupe de portraits coquins aux couleurs vives attire encore l’attention. Ou plutôt, au milieu des portraits de nymphes dénudées aux formes généreuses et aux lourdes poitrines, trône un bonhomme goguenard et truculent, Alexandre Dumas.

Ce groupe de portraits particulièrement évocateurs et animés appartient à la famille des daguerréotypes stéréoscopiques réhaussés de couleurs, production photographique de très grand luxe apparue à Londres à l’occasion de la grande exposition du Cristal Palace mais bien vite caractéristique de la ville de Paris dans la décennie 1850.

Mais de tous ces daguerréotypes, les plus célèbres à l’époque et les plus reconnaissables encore aujourd’hui sont sortis d’un atelier étrange et silencieux ou résonnent de temps en temps les rires de dames peu farouches : le studio des photographes sourds et muets.

Ils sont trois, Gouin Richardin et Braquehais, et ils travaillent ensemble, ils se sont connus à l’institut des sourds-muets derrière l’église St Jacques du Haut Pas.

Alexis Gouin né en 1799, assume des responsabilités dans l’institution et il est un des 10 memebres fondateurs de la société des anciens élèves, il a étudié la peinture comme un art avec Girodet et Regnault, et il s’est essayé au commerce des couleurs avec Gaudin.

Le frère de Richardin est enseignant dans l’institution, ils ont cotoyé Jules Desportes, le professeur de lithographie qui dirige le lithographe, journal mensuel des artistes et des imprimeurs, publiant tous les procédés connus de la lithographie… signalant les découvertes nouvelles dans cet art, confectionné et imprimé par les jeunes sourds et muets de l’institut de la rue St Jacques dans les années 1838-1839.

Bruno Braquehais est justement l’un de ces jeunes imprimeurs, alors agé de 15 ans, il va s’adonner à la lithographie, un peu à l’art de la peinture avant de rejoindre en 1848 le studio photo d’Alexis Gouin, puis sa famille en épousant en 1850 Laure, sa fille unique. Goin et Richardin ont déposé un brevet de polissage des plaques daguerriennes.

Mais l’activité de ces photographes connaît un essor fulgurant à partir de l’exposition de Londres de l’été 1851, The Great Exhibition. Elle est inaugurée par la Reine Victoria le 1er mai et bientôt visitée par 6 millions de personnes. Gouin reçoit un prix pour ses portraits. La reine a adoré les portraits photographiques visibles en relief au stéréoscope, présentés par le Français Claudet établi à Londres.

C’est décidé ! la voie est tracée et les deux jeunes Bruno et Laure Braquehais empruntent dès le mois de juillet 1851 l’audacieuse somme de 12.000 francs or à une veuve de la place Vendôme au taux d’intérêt de 5 % l’an et s’installent au 50 rue de Grenelle ou ils resteront jusqu’en 1858 pour rejoindre le 110 rue de Richelieu, dans un ancien studio de Gustave Le Gray.

Un collectionneur érudit et marchand genevois, Serge Nazarieff, a developpé une passion pour les productions érotiques des photographes sourds-muets, developpant des critères pour attribuer telle obscénité plutôt à Gouin, plutôt à Braquehais, les plaçant tous les deux au sommet de la photographie coquine du Second Empire. Si l’on pouvait interroger les modèles, elles réponderaient peut-être le secret de ces artistes qui les faisait rire sans les assomer de plaisanteries douteuses et pour lesquelles elles ont eu tant de plaisir à poser. Plaisir qui a traverser le temps pour celui de nos yeux de contempler de telles grâces si simplement abandonnées.

Pourquoi s’étonner qu’Alexandre Dumas s’adresse à Alexis Gouin et son équipe pour lui demander un portrait en même temps que celui de Mme Pradier dont la compagnie l’enchante ? En plus on retrouve aujourd’hui qu’Alexis Gouin est originaire des îles, petit-fils de planteur de St Domingue (Haiti), il est né en 1799, Son Grand-père Jean-Baptiste, colon français de St-Domingue a developpé une cotonerie aux Cayes et une plantation de café à Cavaillon. C’est là que le cadet Jean-Baptiste Gouin épouse le 09 mai 1791 Marie-Madeleine Delmas qui donne naissance à Alexis le …. 1799.

On ne sait si Gouin avait une couleur de peau sombre mais dans le portrait d’Alexandre Dumas qu’il nous a transmis, on constate que le grand romancier français, comme le russe Pouchkine, était métis.

Ce portrait aujourd’hui conservé au Musée d’Orsay a été retrouvé dans une boîte de bois contenant 20 daguerréotypes stéréoscopiques de Mme Pradier, de ses proches, de son mari et des sculptures de celui-ci.

Il y a eu peu de photographes sourds-et muets depuis, au XXIeme siècle sont apparus des artistes aveugles. A partir de 1971, et du Sixième Congrès de la Fédération Mondiale des Sourds, célébré à Paris, les entendants travaillant avec les sourds prennent conscience de l’importance des traductions simultanées en Langue des Signes. En 1977 le Ministère de la Santé abolit les anciennes restrictions qui pesaient sur la langue des signes.
Le 17 juin 1988, le Parlement Européen vote une résolution sur les langues des signes à l’usage des sourds. Elle vise à la reconnaissance officielle dans chaque état membre du langage gestuel employé par les sourds. Elle invite les états membres à éliminer tous les obstacles auxquels se heurte encore l’usage du langage gestuel, à financer des projets en faveur de l’enseignement à des enfants et à des adultes entendants du langage des signes par des sourds formés à cette fin.

16.09.2001 Don d’une Plaque Originale de Daguerre à la Bibliothèque Nationale

Don Daguerre Plaque Don Daguerre Verso
Au dos du montage, la marque du collectionneur aérostier Charles Dollfus (1893-1981) est aposée sous une intriguante note autographe de Paul Nadar (1856-1939), qui semble une prudente réminiscence :

“J’ai acheté en novembre 1926, le présent daguerréotype en même temps qu’un autre surement un peu plus ancien et portant la signature de Daguerre. Ces deux plaques à ce qu’il m’a été affirmé proviennent d’un ancien photographe qui les avait reçues en présent de Daguerre lui+même. P. Nadar 48 rue Bassano”

Les doutes sont levés quand et seulement quand on accède, dans la réserve du département des estampes et de la Photographie de la Bibliothèque Nationale, au second portrait. Le verso de celui-ci est annoté de la même main. Cette fois-ci, la note affirmative est une véritable attestation datée du mois de l’acquisition :
“J’ai acheté le présent daguerréotype provenant d’un ancien photographe qui le tenait de son père, ami paraît-il de Daguerre, et en même temps qu’une autre plaque du même auteur. Il n’y a pas lieu de douter de l’authenticité de la signature de Daguerre qui s’identifie parfaitement avec d’autres bien connues.
Cette plaque oxydée sur les bords, compte parmi les premières de Daguerre.
P. Nadar, Novembre 1926, 48 rue Bassano”

Ce second portrait est en ligne sur le site Gallica : Accès au document

Paris.Photo.2000 (quatrième édition) Catalogue Vanités

Maïakovski et la mort

Ce catalogue publié en coïncidence avec le salon Paris-Photo de novembre 2000 décrit 200 épreuves anciennes. Il est numéroté “Un” mais en fait il est le dernier d’un cycle de six catalogues, tous numérotés à rebours.

En guise de présentation figurent deux phrases sybillines :

“Si jeunesse savait, si richesse pouvait” (proverbe moldave)

“Un collectionneur est quelqu’un qui voit ce que les autres ne voient pas” (Pablo Picasso)

Le cycle des six catalogues :

6) Dépressions & Solutions,1994.

5) Objets du desir,1997.

4) Aventures élémentaires, 1998

3) Petites histoires de photographies, 1999

2) Hors-La-Ville Zones, Banlieus, Ghettos, 1999

1) Vanités, 2000

15.09.2000 Exposition inaugurale Tazio Secchiaroli, 4 galerie Vivienne

Cette exposition inaugurale dans les petits locaux du 4 galerie Vivienne constituait aussi la première exposition consacrée en France au photographe italien, désigné par Federico Fellini comme le personnage emblématique des paparazzi.

En italie, de nombreuses et remarquables monographies lui ont été consacrées depuis 1996 grâce en particulier au travail minutieux et remarquable de Giovanna Bertelli :

Tazio Secchiaroli, collana I grandi fotografi, Fabbri, 1983

Tazio Secchiaroli The Original Paparazzo, Milano

Mormorio, Diego, Tazio Secchiaroli, dalla dolce vita ai miti del set, Milano 1998

Tazio Secchiaroli, Fellini 8e 1/2. Milano 1998

Tazio Secchiaroli, G.Mastorna, opera incompiuta, Palermo 2000

Tazio Secchiaroli, Sophia Loren, Milano 2003

Tazio Secchiaroli, Federico Fellini, Milano 2003

Tazio Secchiaroli, storie di cinema, Roma 2004

Bertelli Giovanna, Marcello Mastroianni nelle fotografie di Tazio Secchiaroli, Azzano San Paolo, 2006
Voici une version numérisée du petit catalogue de septembre 2000 (épuisé) :

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31.12.1999 Ultimo Libro, Sierra Macarena

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Cartonnage-étui conçu comme les illustrations par Daphné Klimas. Le texte a été composé au plomb dans l’imprimerie d’Ernesto Lopez à Medellin. L’imprimeur paisa racontera quelques années plus tard, qu’à la surprise de tout le monde, l’Ultimo Libro coïncida avec sa dernière commande de composition au plomb.

“La Compagnie n’avait pas encore établi de villages vacances dans la Sierra Macarena ; cette île plus ancienne que le continent, cette formation singulière s’élevait désormais à la rencontre des immensités de l’Orénoque et de l’Amazone. En cette année 1999, elle n’était habitée que par quelques paisibles colons, des déserteurs, des guerilleros et quelques ornithologues japonais. Les ambassades étrangères interdisaient à leurs ressortissants de s’approcher de la Macarena. Mais tout un chacun chuchotait que les Japonais avaient découvert de l’uranium, présence radioactive qui confortait la croyance des habitants en des puissances mystérieuses peuplant la montagne…”

Lire la suite : Ultimo libro texte et mise en page

Les coquilles et erreurs ont été corrigées pour la dernière édition : ultimo-libro-derniere-edition

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Paris.Photo.1999 (troisième salon) Raoul Hausmann

15.11.1999 Hausmann a Paris Photo

Pages du catalogue du salon : 15.11.1999.pub paris-photo Hausmann

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“Je l’avais vu dès 1940 traîner ça et là dans le village, tenant du boxeur myope, de l’alpiniste tyrolien et du touriste narquois, avec ses lunettes lenticulaires, sa veste et ses knickerbockers verts à carreaux, sa casquette clabaud aux pans relevés sur le sommet comme celle de Sherlock Holmes” (Sarane Alexandrian, l’aventure en soi, p. 105)

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Les publications concernant Raoul Hausmann sont plus nombreuses, mais contiennent des informations souvent contradictoires tant cet artiste résiste à l’exercice biographique et à la simplification. Raoul Hausmann a théorisé et pratiqué toutes les formes de créativité passant à sa portée, l’interview de Vera Broïdo avec Bartholomeuw Mari suggère quelques clés de cette débordante activité. Ses photographies nous semblent aujourd’hui remarquables et, heureusement pour nous, quelques épreuves anciennes sont parvenues jusqu’à nous, conservées par sa dernière compagne où quelques interlocuteurs de sa longue vie errante.

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Essai de chronologie, entretien avec Henri Pénicaut

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Raoul Hausmann est né le 12 juillet 1886 à Vienne, capitale de l’Empire Austro-Hongrois.
Pendant les années 1930, il dispose d’un passeport tchécoslovaque pour voyager, mais on le déchoit de sa nationalité après 1945, en raison de son “ascendance trop allemande”. L’administration française refuse de lui accorder la citoyenneté en 1960, le sénat de Berlin lui vote la nationalité allemande qu’il a finalement sollicitée pour ne plus être apatride.
Son père, Victor Hausmann, disciple d’Ermenegildo Donadini et de Karl von Piloty pratique et enseigne la peinture classique, académique, historique, dans la capitale impériale des Habsbourg. En déménageant en 1900 à Berlin, il continue à élever son fils dans une éducation artistique parfaite pour l’époque, fréquentant les cercles d’artistes les plus bourgeois mais aussi les plus remuants, Raoul abandonne le collège à 14 ans pour se consacrer à la vie créative.
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Raoul Hausmann n’a jamais commenté le double suicide de son prère et de sa mère le 5 février 1920 dans leur appartement de Berlin-Steglitz, Feuerbachstraße, 12, sinon par une sobre phrase dans un roman partiellement autobiographique : “Der Vater ist unsichtbar, doch es ist der Vater (le père est invisible, c’est donc le père, Hyle, page 95)”.
Le 18 février 1920, 13 jours plus tard, il anime avec Johannes Baader une folle soirée Dada à Hamburg. Son engagement dada redouble.
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Pendant l’été 1927, dans le port allemand de Kampen sur l’ile de Sylt, à la frontière occidentale avec le Danemark sur la Mer du Nord, Raoul Hausmann s’essaye pour la première fois à la photographie au coin du feu, avec son ami Henrik Wolzonn, le médecin sans pratique résidant au village.
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Ses premiers essais personnels, en tirage contact ou sus papier mat ne sont ni signés ni tamponnés. Toutes les épreuves conservées par Hausmann ont été inventoriées en 1990 chez Marthe Prévot et portent une référence au crayon au verso.
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Sylt devient trop célèbre, trop fréquentée, trop chère et dès l’été 1929, c’est plus à l’est, sur la côte balte de la Poméranie que Hausmann perfectionne sa pratique de la photographie. À Jershöjt, Poméranie, devenu Jaroslaviec, Pologne depuis 1945. C’est là qu’il réalise les remarquables études de nus de ses compagnes.
Le dadasophe est bigame, cet entêtement à braver la morale occidentale lui vaudra beaucoup d’incompréhension de ses contemporains, probablement plus tolérants néanmoins que leurs descendants.
Raoul Haumann a rencontré en 1905, sa première femme Elfriede Schaeffer (1876-1952), il n’a pas 19 ans, elle est plus âgée de 10 ans. Il a rencontré Hannah Höch (1889-1978) en 1915. Il se sépare de Hannah et divorce presque simultanément de Elfriede au début de 1922.
Il vient de rencontrer Hedwig Mankiewitz (1893-1974), qui l’épouse le 23 février 1923 et l’accompagnera jusqu’à la fin de sa vie à Limoges. Hedwig acceptera à plusieurs reprises ce systeme du ménage à trois, acceptant de vivre d’abord avec la jeune Vera Broïdo (née en 1907), rencontrée au printemps 1927 et qui sera présente jusqu’en Espagne en 1934 puis plus tard avec la jeune limougeote Marthe Prévost, rencontrée en septembre 1939 dans le refuge campagnard de Peyrat-le-Chateau.
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Hausmann expose pour la première fois des photographies de dunes à Stettin en sptembre 1931. Puis il participe à l’exposition de Hambourg de 1932.
Deux sortes de tirages anciens : mat foncé et mat plus blanc filigrané Agfa-Brovira.
Les tirages contacts sont souvent sur des papiers brillants filigranés Agfa-Lupex.
Hausann utilise un tampon.
Quelques épreuves vendues par Hausmann en 1932 sont réapparues dans l’extraordinaire vente Sotheby’s du 2 mai 1997, présentée comme la succession Helene Anderson, du nom de la belle-mère de la directrice d’une maison de retraite suisse où venait de disparaître la veuve de l’industriel de Dresde, collectionneur éclectique et militant nazi, Kurt Kirchbach.
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Dix jour après l’incendie du Reichstag et les arrestations de 4.000 communistes allemands, le 9 mars 1933 à 10 heures du soir, Hausmann et ses deux femmes prennent le train de nuit pour Paris. Ils ont pu retirer leurs maigres économies de la banque et se sont préparés pour l’exil.
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Entretien avec Henri Pénicaut (né en 1922) fondateur avec le journaliste Jacques Marjac (né en 1920) du C.A.P.L. en 1949.
Pénicaut rentre à pied du STO à Berlin-Postdam à l’été 1945. En chemin, il réquisitionne (butin de guerre) un appareil photo dans une ferme, un 6×6 isolet, qui devient son premier appareil.
Marjac (nom adopté dans la résistance) est journaliste au Populaire de Limoges et retrouve souvent Pénicaut à la sortie de l’imprimerie. Ils se sont croisés dans le studio du photographe commercial Milan, Bd Carnot, qui encouragea la création du club. Chez Milan, le Docteur Périgord montre aux deux jeunes les livres de référence, comme le traté du Leica du Dr Paul Wolff. Plus tard, c’est lui qui rapportera de Paris Images à la sauvette (Cartier-Bresson de 1958).
À la fondation, le club compte 15 membres dont une jeune femme Françoise qui a épousé un négociant en appareil (Neyens). On note aussi Barny, un homme plus âgé client de Milan. Pénicaut se marie en 1955 et quitte bientôt Limoges.
Le CAPL participe à la coupe de France (2 échelons, 25 clubs)1953.
Raoul Hausmann rejoint le CAPL en 1951, il arriva un soir d’hiver, impressionnant avec ses habits excentriques, ses deux épouses (dont l’une avec un fort accent), sa mauvaise vue. Il vivait alors dans un grand dénuement, sa table de nuit était un cageot de bouteilles renversé. Mais avec une grande dignité bourrue.
Un soir, RH présente ses tirages d’avant-garde lors d’une séance de sélection pour participer au salon de Bordeaux, présidé par Léonard. On accepte et ce sera l’unique fois de présenter quelques une de ses tirages mats sur papier “chamois”. Mais dès 1954, RH devra retirer toutes ses photos sur papier blanc-brillant (glacé).
RH ne facilite pas la tâche du directeur du club qui doit chaque calmer les esprits après ses provocations: ainsii un soir de sélection, il se lève sans prévenir et récite un poème phonétique, en vocalise tonitruante.

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Il faisiat un peu pitié, il était si peu impressionnant avec ses habits usés, on aurait dit un clochard, très fatigué par les épreuves des années de privation. On n’a jamais osé faire son portrait. Sa maison était dans le plus extrême dénuement, aucun objet d’art.
Pendant les séances où l’on regardait les photographies des uns et des autres, il était très humble, très secrets, avare d’explications, lachant seulement de temps en temps: “J”ai pris cela sur les plages de la Baltique”, “ Ile de Sylt”.
Il regardait les photos des autres en silence sauf de temlps en temps un: “ celle-là je l’aime bien”, il s’agissait d’une photo de P., une balle de tennis sur une chaise canelée qui réutilisait une idée de H (série l’ombre d’une chaise).
Il a payé sa cotisation, il venait avec ses deux femmes qu’il prtésentait ainsi ; l’une c’est ma femme, l’autre c’est ma maîtresse.
600 club français concourraient. Le CAPL est arrivé 4eme en 1951 (1953 ?) avec Hausmann. Il fallait présenter 4×4 épreuves : L’homme, le paysage, nature morte et libre. Il y avait eu 4 de P. 1 de Barny, Claude Hebrar et Greleau, l’ingénieur de sponts et chaussées.
Mais les formats et les papiers sont imposés : 30×40 blanc-brillant (justification donnée plus nerveux, meilleurs contrastes, il fallait fuir le pictorialisme d’avant-guerre). Hausmann notait au dos l’appareil utilisé. (Salons de Vienne et Paris, deux organisateurs rivaux Daniel Masclet et Lucien Lorelle)
P. partait aux salons de Préigueux ou Bordeaux au 6-7 dans 2-3 voitures (R.H. n’est pas venu, il vivait complètement reclus, incapable de se répérer dans Limoges, éternellement accompagné de ses deux femmes).
Chaque deux ans se tient un salon à Limoges avec des clubs invités. 15 jours dans la mairie, au premier étage. R.H. trainait dans les salles pour écouter les commentaires. Il participait aux accrochages pour suggérer des associations impertinentes, un pied semble donné un coup aux trois chaises du cadre à sa droite.

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R.H. avait fini par être accepté au club malgré d’énormes résistances combattues par P. Seule une minorité sur les 15 membres acceptait les images de R.H. Aucun ne tolérait son accent, son mode de vie. Greleau riait à son humour : devant une composition champêtre d’un poulain têtant sa mère, H. avait proposé le titre “un p’tit coup de blanc”.
La sélection pour l’accrochage des 150 à 200 photos avait valu le surnom de “Comité de la hache”. La jambe entr’ouverte de H. a été écartée à l’unanimité (jamais accrochée).
Après le récit d’un poéme, silence glacial d’incompréhension. le club le prenait au mieux pour un farfelu et s’étonnait que je sois ami avec lui. Il avait souvent d’étranges anomatopées, on pensait que c’était du Yiddish.

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