15.03.2015 L’affaire Dreyfus et la photographie devant les juges : 19 photomontages dans le Siècle du 11 janvier 1899

Mensonges de la photographie

Yves Guyot (1843-1928)
Les Mensonges de la photographie
Le Siècle, 11 janvier 1899

Journal in-folio de quatre pages illustrées de 19 photomontages :

Le Siecle Drumont

« Vous souvient-il qu’un de nos confrères, bien connu pour la sureté de ses informations et la correction professionnel de son directeur, le Jour, puisqu’il faut l’appeler par son titre lança… une nouvelle qui avait la prétention d’être sensationnelle ? Un photographe, lancé par l’État-major prévoyant sur les traces du colonel Picquart, avait surpris ce dernier causant à Karlsruhe avec M. de Schwarzkoppen. — La photographie existe, disait le jour, et nous la reproduiront… Le Jour ne produisit rien du tout, pour la bonne raison que cette révélation n’eut aucun succès.

Le photographe de l’état-major n’insista pas non plus iet fit le mort quand il apprit que le colonel Picquart n’avait pas quitté Paris et qu’il déposait une plainte contre les faussaires. Devant le juge d’instruction, le Jour invoqua le secret professionnel. Puis d’autres scandales survinrent qui firent oublier celui-là. À notre tour, nous invoquons le secret professionnel. Le parquet qui l’admit pour le Jour, l’admettra vraisemblablement pour le Siècle.

Le Siecle Brisson

 

Si l’état-major a des photographes diligents attachés à ses bureaux, le Syndicat en a également, et c’est leur travail que nous présentons aujourd’hui aux lecteurs. En raison de ce que nos opérateurs sont payés royalement ils ne reculent devant aucun sacrifice. Ils débauchent les portiers pour pénétrer dans l’intimité des locataires, ils forcent les huis pour surprendre nos grands hommes en robe de chambre et nos grands militaires en uniforme ; ils cambriolent les armoires de fer pour se documenter sérieusement.

Le siecle Schwarzkoppen

 

La bonne attention excuse le crime, selon la morale de la rue Saint-Dominique et de l’école d’Arcueil voici donc le travail — jugez et comparez ».

 

Le Siecle avis

Des épreuves argentiques des 19 photomontages étaient en vente auprès du journal : 2Fr50 la série. Cette brillante démonstration tenait trop d’une provocation insupportable à la société du moment — on ne badine pas avec la photographie — et elle n’apporta à Yves Guyot ni la gloire par le scandale, ni la reconnaissance des gens discrets, mais bel et bien la ruine via une avalanche de procès en diffamation gagnés par les plaignants.

Il est facile de falsifier une photographie, possible même d’inventer complètement un photographe comme Crespy-le-Prince, mais il est toujours théoriquement et scientifiquement possible de démontrer la supercherie. Car les phénomènes photographiques possèdent des marqueurs physiques intrinsèques.

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