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01.11.2006 Mois de la Photo à Paris (14e édition) : Che Guevara

Les photographies sont des objets

Les photographies sont des objets. De même que pour les livres ou les
dessins, l’amour des photographies originales, des tirages d’époque
transforment ceux qui les apprehendent en enquêteurs tenaces.

L’observation attentive de leur surface sensible, l’étude de leur support de
papier, de verre, de métal, l’analyse des tampons et des mentions portées au
verso ou sur le montage participent de cette passion pour la photographie,
complements indispensables des savoirs théoriques.

De petits ouvrages de 48 pages de papier, dévoilés pour le mois de la photo
2006, abordent tous ses aspects de la matérialité des épreuves. Abondament
illustrés de reproductions des images mais aussi de leurs verso, les carnets
de Rhinocéros jr s’inscrivent dans un programme en plusieurs langues selon
les zones linguistiques de création d’origine des livres et des
photographies (voir le programme).

Les auteurs des carnets sont des chercheurs (tampons de Man Ray), des
collectionneurs (ferrotypes d’enfants americains), de jeunes enfants qui
s’exercent au découpage et au photo-montage (Cartier-Bresson rue de la
Jussienne), des familles qui redécouvrent l’œuvre oubliée d’un ancêtre dans
un grenier (Edmond Lebel), ou des collecteurs plus mystérieux comme Franco
il Gaucho.

L’exposition présentée Galerie Vivienne coïncide avec la sortie du carnet consacré aux
portraits « primitifs » du Che Guevara
. Dès les mois qui suivent sa
disparition en 1967, sous la première impulsion de Feltrinelli, quelques-uns
de ses portraits se sont multipliés dans des quantités et des proportions
planétaires.

Mais pendant les huit courtes années qui séparent la révolution cubaine de
1959 de son départ et sa mort, le Che a été photographié et ses portraits
diffusés a quelques journaux, quelques compagnons, des aggrandissements
réalisés pour orner quelques ateliers de la Havane.

Ces rares tirages d’époques, ces épreuves aux formats modestes ou
inhabituels, portant parfois les stigmates d’une existence mouvementée sous
un climat hostile au papier, ces « vintages » comme les appellent les
collectionneurs seront exposés dans notre galerie.

Serge Plantureux

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