01.06.2019 Il y a 175 ans, la première exposition de photographie de l’histoire : Champs-Élysées, Mai-Juin 1844

L’exposition des produits de l’industrie française est  organisée à Paris de 1798 à 1849 afin « d’offrir un panorama des productions des diverses branches de l’industrie dans un but d’émulation », et qui est à l’origine de la première exposition universelle de Londres en 1851. Celle de 1844 est la dixième, mais la première a présenter une section de photographie, invention récente, dévoilée au public à la fin de l’exposition de 1839.

Pendant deux mois, en mai et juin 1844, l’exposition sur les Champs Élysées regroupe toutes les familles d’artistes et de fabricants au service des arts et des arts appliqués. Pour la première fois dans l’histoire, les photographes sont présents, cinq artistes daguerréotypistes sont récompensés avec des mentions ou des citations honorables : Sabatier-Blot, Bourquin, Claudet, Bisson, Derussy. Ainsi que trois “planneurs”, trois fabricants de plaqué d’argent : Michel, Belfield-Lefevre, Villeroi, et un ébeniste fabricant de chambres daguerriennes, M. G. SCHIERTZ, rue de la Huchette, nº 29, á Paris qui reçoit une médaille de bronze.


Dixième Exposition des produits de l’industrie française, 1844, 60 jours (1er mai – 29 juin), Champs-Élysées, 3 960 exposants, 3253 récompenses

SIXIEME COMMISSION : BEAUX-ARTS

SECTION VII : LITHOGRAPHIE, ETC

§ 1. LITHOGRAPHIE (médaille d’or, Lemercier)

§ 2. MANNEQUINS POUR PEINTRES,

§ 3. MODELES ANATOMIQUES, TAXIDERMIE (médaille d’or Auzoux)

§ 4. BROSSES ET PINCEAUX POUR PEINTRES,

§ 5. EPREUVES DAGUERRIENNES.

M. Picot , rapporteur. François-Édouard Picot (1786-1868)

§ 5. ÉPREUVES DAGUERRIENNES.

MENTIONS HONORABLES.

M. SABATIER-BLOT, à Paris, Palais-Royal 187.

Parmi ses concurrents, M. Sabatier-Blot est celui qui est le plus maître des procédés daguerriens, c’est-à-dire que des nombreuses épreuves que nous lui avons vu produire, aucune n’est réellement défectueuse, et presque toutes sont d’une perfection rare. Le court espace de temps qui lui suffit, et qui n’est que de quelques secondes, est pour beaucoup dans la réussite qu’il obtient.

La quantité de portraits qu’exécute M. Sabatier- Blot constitue véritablement une industrie , puisqu’elle lui produit plus de 3o ou 4o,ooo fr. par an.

Une mention honorable est accordée à M. Sabatier-Blot pour la bonne exécution de ses produits.

M. BOURQUIN, à Paris, boulevard Bonne-Nouvelle, 10.

M. Bourquin a apporté aux appareils photographiques qu’il fabrique entièrement chez lui, des modifications qui en rendent les résultats plus parfaits et plus sûrs. Aussi M. Bourquin fait-il un débit d’appareils et d’épreuves qui se monte à des sommes importantes.

Il joint à cette Industrie la confection de cadres de fort bon goût, et qui viennent ajouter à l’agrément de ses belles épreuves en augmentant encore l’importance de ses recettes annuelles qui s’élève à plus de 100,000 fr.

Le jury lui accorde une mention honorable.

CITATIONS FAVORABLES.

M. CLAUDET, à Choisy-le-Roi (Seine ).

Très-peu des industriels qui ont exposé des reproductions de portraits ou de vues exécutés par l’ingénieux procédé de M. Daguerre, sont assez maîtres de leurs moyens d’exécution pour que presque toutes leurs épreuves réussissent à un degré de perfection complète.

M. Claudet a pourtant presque atteint ce but. La brièveté du temps qui lui suffit pour obtenir ses images, est pour beaucoup dans cette réussite.

Celle qu’il a exposée et qui représente un groupe de danseurs dans une altitude qu’il est impossible de garder plus d’un instant (puisque les deux danseurs sont posés sur la pointe du pied et les bras élevés), est d’une réussite merveilleuse. Toutes les autres épreuves sont d’une perfection égale, mais ne présentaient pas les mêmes difficultés.

Si la photographie peut arriver à des résultats toujours sûrs et à des moyens d’exécution faciles, elle rendra des services très-grands, et ceux qui comme M. Claudet, lui font faire des progrès sensibles vers ce but, méritent les éloges du jury central qui se plaît à citer favorablement les épreuves exposées par cet industriel.

M. Claudet exécute aussi des épreuves daguerréotypées sur papier par le procédé Talbot , dont il est concessionnaire. Les résultats sont les mêmes (quoique produits par d’autres moyens) que ceux obtenus il j a peu d’années par M. Bayard.

M. BISSON fils, à Paris, rue Saint-Germain-l’Auxerroîs, 65.

M. Bisson fils a exposé de fort belles épreuves photographiques. Plusieurs portraits sont d’une parfaite réussite. Le jury doit citer particulièrement deux têtes d’une grande dimension exécutées pour un ouvrage d’histoire naturelle.

M. DERUSSY, à Paris, rue des Prouvaires, 3.

Les épreuves obtenues par M. Derussy lui méritent une citation favorable pour leur bonne exécution.

(Though it was the tenth Paris exposition, it began to spawn imitators elsewhere in the world, including the 1851 Great Exhibition in London, which was open to international exhibitors from the entire world and outshone the highly successful French exhibition. Other European expositions soon followed: Bern and Madrid in 1845; Brussels with an elaborate industrial exposition in 1847; Bordeaux in 1847; Saint Petersburg in 1848; and Lisbon in 1849. The exposition returned to Paris in 1849, called the Exposition of the Second Republic or Exposition Nationale des produits de l’industrie agricole et manufacturière, with 5,494 exhibitors and was replaced in 1855 by an international exhibition)

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