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29.06.2017 Thursday 29 June. PWT 26-2017 Moscow in the Time of Alexandre Dumas & Theophile Gautier (For the pleasure of 2017 Kolomna symposium attendees)

As Theophile Gautier told, Moscow was then « a total surprise for visitors, painters or daguerrerian artists had produced scarce images ». Ferdinand Bureau deserves a special attention, his photographs are among the very first representations of Moscow, only a few years after Roger Fenton’s.

We still do not know if Ferdinand Bureau (1813-1893) is a relative of the French Bureau family of photographers: Stanislas Victor Bureau (1806-1888), Victor Stanislas Bureau (1833-unkn.), Palmyre Stanislas dit Léon Bureau (1838-unkn.), Jean-Albert Dumaine. A fashionable newspaper relates that Ferdinand angaged and married in Moscow Xaverine-Henriette-Octavie, daughter of colonel St-Sclair, of Scottish origin).

PWT 26-2017 Changing Places Moscow in the 1850s

 

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24.10.2012 Cinéma : les archives de Alexandre Trauner avec des manuscrits de Jacques Prévert (vente Binoche et Giquello) à Drouot Richelieu

Couv Trauner 24.10.2012

Commissaire-priseur : Me Alexandre Giquello. Catalogue de la vente au enchères « Alexandre Trauner – Jacques Prévert : Une Œuvre Cinématographique » du 24 octobre 2012 conçu par l’équipe de Photocéros avec Didier Naert. Quelques notices fournies par Claude Otorello. La mise en page est légère pour tenir compte de la mixité des lots présentés, livres et manuscrits cohabitent avec maquettes et photographies. La préface est de André Heinrich :

24.10.2012 Gabin TRAUNER-PREVERT 24 OCTOBRE

« En 1929, âgé de vingt-trois ans, Trau est élève des Beaux-Arts à Budapest et se destine à la peinture, quand il doit quitter sa Hongrie natale désormais régentée par le gouvernement antisémite de Miklós Horty. Il choisit Paris, alors que certains de ses compatriotes émigrent en Allemagne ou aux Etats-Unis, et s’inscrit à la Sorbonne pour suivre des cours de mathématiques : « J’habitais avec un ami sculpteur à Montrouge. Un jour un camarade russe est venu chercher un dessinateur connaissant bien la perspective, pour un travail à faire au studio d’Epinay. C’est là que j’ai connu Lazare Meerson » (Entretien de Trauner avec Marie Epstein, Le technicien du film, 15 février 1957).

24.10.2012 Nord TRAUNER-PREVERT 24 OCTOBRE

« Entré en cinéma, Trauner a la chance d’intégrer l’équipe du plus grand décorateur de l’époque : Lazare Meerson. Il débute dans ‘Sous les toits de Paris’ de René Clair, ce dernier ayant pour assistant un certain Marcel Carné. Quelques années plus tard, Trauner et Carné se retrouveront dans ‘La kermesse héroïque’ de Jacques Feyder, décors toujours de Meerson… Meerson disparaît en 1937. Trauner signe alors ses premiers décors, ceux de ‘Drôle de drame’ de Carné-Prévert. C’est le début d’une collaboration prestigieuse, ‘Quai des brumes’, ‘Hôtel du Nord’, ‘Le jour se lève’.

24.10.2012 Paradis TRAUNER-PREVERT 24 OCTOBRE

Parfois, Trauner se contente de dessiner des maquettes que matérialisent d’autres décorateurs. Ce qui, par la force des événements, se passe pendant la Guerre et l’Occupation, Trauner, juif, est interdit de travail. Il participe donc clandestinement à des films de Jean Grémillon, de Prévert et, bien sûr, de Carné. Ses maquettes sont l’oeuvre d’un peintre qui prépare le climat du film à venir. Ce sont de véritables oeuvres dignes de figurer dans les meilleures collections.
En 1940, Trauner habite à Tourette-sur-Loup, dans l’arrière-pays niçois, avec Jacques Prévert, ce qui les amène à partager la vie quotidienne et les projets de films. Pendant que Prévert écrit un scénario, Trauner crée les lieux de l’action. Les décorateurs architectes respectent généralement la tonalité du film et les idées de Trauner : Barsacq pour ‘Les Enfants du paradis’, Douy pour ‘Lumière d’été’. En revanche, Wakevitch et Carné enjolivent ‘les Visiteurs du soir’, éliminant ainsi le caractère âpre du scénario – à l’origine plus proche de Dreyer.

Accéder au pdf complet : Vente Trauner 1012

Aux résultats : 24.10.2012 RESULTATS TRAUNER-PREVERT 24 OCTOBRE

annonce vente trauner

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06.11.2001 Le Portrait au daguerréotype d’Alexandre Dumas rentre au Musée d’Orsay

Gouin Dumas

 

Couleurs et relief, silence complices (Texte qui sera publié dans les Mélanges en l’honneur de Françoise Heilbrun)

“Quand vous regardez ce portrait à la main, écrit Lacan, c’est une belle épreuve admirablement coloriée ; si vous la voyez au stéréoscope, c’est une femme charmante qui vous regarde et qui pense. Étendez la main, et vous allez toucher sa robe soyeuse ; vous allez arracher de son bouquet cette violette ou cette marguerite, ou ce camélia, ou une feuille de cette rose qui se flétrit déjà. Et cette dentelle qui laisse entrevoir sous ses plis transparents ce bras arrondi, ne vous semble-t-il pas que vous allez la froisser sous vos doigts ? (Ernest Lacan, “Portraits au stéréoscope, par M. Gouin”, La Lumière, n° 44, 29 octobre 1853, page 175).

Parmi les images rescapées du XIXe siècle que le XXe n’a pas détruites un petit groupe de portraits coquins aux couleurs vives attire encore l’attention. Ou plutôt, au milieu des portraits de nymphes dénudées aux formes généreuses et aux lourdes poitrines, trône un bonhomme goguenard et truculent, Alexandre Dumas.

Ce groupe de portraits particulièrement évocateurs et animés appartient à la famille des daguerréotypes stéréoscopiques réhaussés de couleurs, production photographique de très grand luxe apparue à Londres à l’occasion de la grande exposition du Cristal Palace mais bien vite caractéristique de la ville de Paris dans la décennie 1850.

Mais de tous ces daguerréotypes, les plus célèbres à l’époque et les plus reconnaissables encore aujourd’hui sont sortis d’un atelier étrange et silencieux ou résonnent de temps en temps les rires de dames peu farouches : le studio des photographes sourds et muets.

Ils sont trois, Gouin Richardin et Braquehais, et ils travaillent ensemble, ils se sont connus à l’institut des sourds-muets derrière l’église St Jacques du Haut Pas.

Alexis Gouin né en 1799, assume des responsabilités dans l’institution et il est un des 10 memebres fondateurs de la société des anciens élèves, il a étudié la peinture comme un art avec Girodet et Regnault, et il s’est essayé au commerce des couleurs avec Gaudin.

Le frère de Richardin est enseignant dans l’institution, ils ont cotoyé Jules Desportes, le professeur de lithographie qui dirige le lithographe, journal mensuel des artistes et des imprimeurs, publiant tous les procédés connus de la lithographie… signalant les découvertes nouvelles dans cet art, confectionné et imprimé par les jeunes sourds et muets de l’institut de la rue St Jacques dans les années 1838-1839.

Bruno Braquehais est justement l’un de ces jeunes imprimeurs, alors agé de 15 ans, il va s’adonner à la lithographie, un peu à l’art de la peinture avant de rejoindre en 1848 le studio photo d’Alexis Gouin, puis sa famille en épousant en 1850 Laure, sa fille unique. Goin et Richardin ont déposé un brevet de polissage des plaques daguerriennes.

Mais l’activité de ces photographes connaît un essor fulgurant à partir de l’exposition de Londres de l’été 1851, The Great Exhibition. Elle est inaugurée par la Reine Victoria le 1er mai et bientôt visitée par 6 millions de personnes. Gouin reçoit un prix pour ses portraits. La reine a adoré les portraits photographiques visibles en relief au stéréoscope, présentés par le Français Claudet établi à Londres.

C’est décidé ! la voie est tracée et les deux jeunes Bruno et Laure Braquehais empruntent dès le mois de juillet 1851 l’audacieuse somme de 12.000 francs or à une veuve de la place Vendôme au taux d’intérêt de 5 % l’an et s’installent au 50 rue de Grenelle ou ils resteront jusqu’en 1858 pour rejoindre le 110 rue de Richelieu, dans un ancien studio de Gustave Le Gray.

Un collectionneur érudit et marchand genevois, Serge Nazarieff, a developpé une passion pour les productions érotiques des photographes sourds-muets, developpant des critères pour attribuer telle obscénité plutôt à Gouin, plutôt à Braquehais, les plaçant tous les deux au sommet de la photographie coquine du Second Empire. Si l’on pouvait interroger les modèles, elles réponderaient peut-être le secret de ces artistes qui les faisait rire sans les assomer de plaisanteries douteuses et pour lesquelles elles ont eu tant de plaisir à poser. Plaisir qui a traverser le temps pour celui de nos yeux de contempler de telles grâces si simplement abandonnées.

Pourquoi s’étonner qu’Alexandre Dumas s’adresse à Alexis Gouin et son équipe pour lui demander un portrait en même temps que celui de Mme Pradier dont la compagnie l’enchante ? En plus on retrouve aujourd’hui qu’Alexis Gouin est originaire des îles, petit-fils de planteur de St Domingue (Haiti), il est né en 1799, Son Grand-père Jean-Baptiste, colon français de St-Domingue a developpé une cotonerie aux Cayes et une plantation de café à Cavaillon. C’est là que le cadet Jean-Baptiste Gouin épouse le 09 mai 1791 Marie-Madeleine Delmas qui donne naissance à Alexis le …. 1799.

On ne sait si Gouin avait une couleur de peau sombre mais dans le portrait d’Alexandre Dumas qu’il nous a transmis, on constate que le grand romancier français, comme le russe Pouchkine, était métis.

Ce portrait aujourd’hui conservé au Musée d’Orsay a été retrouvé dans une boîte de bois contenant 20 daguerréotypes stéréoscopiques de Mme Pradier, de ses proches, de son mari et des sculptures de celui-ci.

Il y a eu peu de photographes sourds-et muets depuis, au XXIeme siècle sont apparus des artistes aveugles. A partir de 1971, et du Sixième Congrès de la Fédération Mondiale des Sourds, célébré à Paris, les entendants travaillant avec les sourds prennent conscience de l’importance des traductions simultanées en Langue des Signes. En 1977 le Ministère de la Santé abolit les anciennes restrictions qui pesaient sur la langue des signes.
Le 17 juin 1988, le Parlement Européen vote une résolution sur les langues des signes à l’usage des sourds. Elle vise à la reconnaissance officielle dans chaque état membre du langage gestuel employé par les sourds. Elle invite les états membres à éliminer tous les obstacles auxquels se heurte encore l’usage du langage gestuel, à financer des projets en faveur de l’enseignement à des enfants et à des adultes entendants du langage des signes par des sourds formés à cette fin.