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Paris.Photo.1999 (troisième salon) Raoul Hausmann

15.11.1999 Hausmann a Paris Photo

Pages du catalogue du salon : 15.11.1999.pub paris-photo Hausmann

gardes hausmann 31

“Je l’avais vu dès 1940 traîner ça et là dans le village, tenant du boxeur myope, de l’alpiniste tyrolien et du touriste narquois, avec ses lunettes lenticulaires, sa veste et ses knickerbockers verts à carreaux, sa casquette clabaud aux pans relevés sur le sommet comme celle de Sherlock Holmes” (Sarane Alexandrian, l’aventure en soi, p. 105)

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Les publications concernant Raoul Hausmann sont plus nombreuses, mais contiennent des informations souvent contradictoires tant cet artiste résiste à l’exercice biographique et à la simplification. Raoul Hausmann a théorisé et pratiqué toutes les formes de créativité passant à sa portée, l’interview de Vera Broïdo avec Bartholomeuw Mari suggère quelques clés de cette débordante activité. Ses photographies nous semblent aujourd’hui remarquables et, heureusement pour nous, quelques épreuves anciennes sont parvenues jusqu’à nous, conservées par sa dernière compagne où quelques interlocuteurs de sa longue vie errante.

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Essai de chronologie, entretien avec Henri Pénicaut

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Raoul Hausmann est né le 12 juillet 1886 à Vienne, capitale de l’Empire Austro-Hongrois.
Pendant les années 1930, il dispose d’un passeport tchécoslovaque pour voyager, mais on le déchoit de sa nationalité après 1945, en raison de son “ascendance trop allemande”. L’administration française refuse de lui accorder la citoyenneté en 1960, le sénat de Berlin lui vote la nationalité allemande qu’il a finalement sollicitée pour ne plus être apatride.
Son père, Victor Hausmann, disciple d’Ermenegildo Donadini et de Karl von Piloty pratique et enseigne la peinture classique, académique, historique, dans la capitale impériale des Habsbourg. En déménageant en 1900 à Berlin, il continue à élever son fils dans une éducation artistique parfaite pour l’époque, fréquentant les cercles d’artistes les plus bourgeois mais aussi les plus remuants, Raoul abandonne le collège à 14 ans pour se consacrer à la vie créative.
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Raoul Hausmann n’a jamais commenté le double suicide de son prère et de sa mère le 5 février 1920 dans leur appartement de Berlin-Steglitz, Feuerbachstraße, 12, sinon par une sobre phrase dans un roman partiellement autobiographique : “Der Vater ist unsichtbar, doch es ist der Vater (le père est invisible, c’est donc le père, Hyle, page 95)”.
Le 18 février 1920, 13 jours plus tard, il anime avec Johannes Baader une folle soirée Dada à Hamburg. Son engagement dada redouble.
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Pendant l’été 1927, dans le port allemand de Kampen sur l’ile de Sylt, à la frontière occidentale avec le Danemark sur la Mer du Nord, Raoul Hausmann s’essaye pour la première fois à la photographie au coin du feu, avec son ami Henrik Wolzonn, le médecin sans pratique résidant au village.
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Ses premiers essais personnels, en tirage contact ou sus papier mat ne sont ni signés ni tamponnés. Toutes les épreuves conservées par Hausmann ont été inventoriées en 1990 chez Marthe Prévot et portent une référence au crayon au verso.
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Sylt devient trop célèbre, trop fréquentée, trop chère et dès l’été 1929, c’est plus à l’est, sur la côte balte de la Poméranie que Hausmann perfectionne sa pratique de la photographie. À Jershöjt, Poméranie, devenu Jaroslaviec, Pologne depuis 1945. C’est là qu’il réalise les remarquables études de nus de ses compagnes.
Le dadasophe est bigame, cet entêtement à braver la morale occidentale lui vaudra beaucoup d’incompréhension de ses contemporains, probablement plus tolérants néanmoins que leurs descendants.
Raoul Haumann a rencontré en 1905, sa première femme Elfriede Schaeffer (1876-1952), il n’a pas 19 ans, elle est plus âgée de 10 ans. Il a rencontré Hannah Höch (1889-1978) en 1915. Il se sépare de Hannah et divorce presque simultanément de Elfriede au début de 1922.
Il vient de rencontrer Hedwig Mankiewitz (1893-1974), qui l’épouse le 23 février 1923 et l’accompagnera jusqu’à la fin de sa vie à Limoges. Hedwig acceptera à plusieurs reprises ce systeme du ménage à trois, acceptant de vivre d’abord avec la jeune Vera Broïdo (née en 1907), rencontrée au printemps 1927 et qui sera présente jusqu’en Espagne en 1934 puis plus tard avec la jeune limougeote Marthe Prévost, rencontrée en septembre 1939 dans le refuge campagnard de Peyrat-le-Chateau.
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Hausmann expose pour la première fois des photographies de dunes à Stettin en sptembre 1931. Puis il participe à l’exposition de Hambourg de 1932.
Deux sortes de tirages anciens : mat foncé et mat plus blanc filigrané Agfa-Brovira.
Les tirages contacts sont souvent sur des papiers brillants filigranés Agfa-Lupex.
Hausann utilise un tampon.
Quelques épreuves vendues par Hausmann en 1932 sont réapparues dans l’extraordinaire vente Sotheby’s du 2 mai 1997, présentée comme la succession Helene Anderson, du nom de la belle-mère de la directrice d’une maison de retraite suisse où venait de disparaître la veuve de l’industriel de Dresde, collectionneur éclectique et militant nazi, Kurt Kirchbach.
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Dix jour après l’incendie du Reichstag et les arrestations de 4.000 communistes allemands, le 9 mars 1933 à 10 heures du soir, Hausmann et ses deux femmes prennent le train de nuit pour Paris. Ils ont pu retirer leurs maigres économies de la banque et se sont préparés pour l’exil.
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Entretien avec Henri Pénicaut (né en 1922) fondateur avec le journaliste Jacques Marjac (né en 1920) du C.A.P.L. en 1949.
Pénicaut rentre à pied du STO à Berlin-Postdam à l’été 1945. En chemin, il réquisitionne (butin de guerre) un appareil photo dans une ferme, un 6×6 isolet, qui devient son premier appareil.
Marjac (nom adopté dans la résistance) est journaliste au Populaire de Limoges et retrouve souvent Pénicaut à la sortie de l’imprimerie. Ils se sont croisés dans le studio du photographe commercial Milan, Bd Carnot, qui encouragea la création du club. Chez Milan, le Docteur Périgord montre aux deux jeunes les livres de référence, comme le traté du Leica du Dr Paul Wolff. Plus tard, c’est lui qui rapportera de Paris Images à la sauvette (Cartier-Bresson de 1958).
À la fondation, le club compte 15 membres dont une jeune femme Françoise qui a épousé un négociant en appareil (Neyens). On note aussi Barny, un homme plus âgé client de Milan. Pénicaut se marie en 1955 et quitte bientôt Limoges.
Le CAPL participe à la coupe de France (2 échelons, 25 clubs)1953.
Raoul Hausmann rejoint le CAPL en 1951, il arriva un soir d’hiver, impressionnant avec ses habits excentriques, ses deux épouses (dont l’une avec un fort accent), sa mauvaise vue. Il vivait alors dans un grand dénuement, sa table de nuit était un cageot de bouteilles renversé. Mais avec une grande dignité bourrue.
Un soir, RH présente ses tirages d’avant-garde lors d’une séance de sélection pour participer au salon de Bordeaux, présidé par Léonard. On accepte et ce sera l’unique fois de présenter quelques une de ses tirages mats sur papier “chamois”. Mais dès 1954, RH devra retirer toutes ses photos sur papier blanc-brillant (glacé).
RH ne facilite pas la tâche du directeur du club qui doit chaque calmer les esprits après ses provocations: ainsii un soir de sélection, il se lève sans prévenir et récite un poème phonétique, en vocalise tonitruante.

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Il faisiat un peu pitié, il était si peu impressionnant avec ses habits usés, on aurait dit un clochard, très fatigué par les épreuves des années de privation. On n’a jamais osé faire son portrait. Sa maison était dans le plus extrême dénuement, aucun objet d’art.
Pendant les séances où l’on regardait les photographies des uns et des autres, il était très humble, très secrets, avare d’explications, lachant seulement de temps en temps: “J”ai pris cela sur les plages de la Baltique”, “ Ile de Sylt”.
Il regardait les photos des autres en silence sauf de temlps en temps un: “ celle-là je l’aime bien”, il s’agissait d’une photo de P., une balle de tennis sur une chaise canelée qui réutilisait une idée de H (série l’ombre d’une chaise).
Il a payé sa cotisation, il venait avec ses deux femmes qu’il prtésentait ainsi ; l’une c’est ma femme, l’autre c’est ma maîtresse.
600 club français concourraient. Le CAPL est arrivé 4eme en 1951 (1953 ?) avec Hausmann. Il fallait présenter 4×4 épreuves : L’homme, le paysage, nature morte et libre. Il y avait eu 4 de P. 1 de Barny, Claude Hebrar et Greleau, l’ingénieur de sponts et chaussées.
Mais les formats et les papiers sont imposés : 30×40 blanc-brillant (justification donnée plus nerveux, meilleurs contrastes, il fallait fuir le pictorialisme d’avant-guerre). Hausmann notait au dos l’appareil utilisé. (Salons de Vienne et Paris, deux organisateurs rivaux Daniel Masclet et Lucien Lorelle)
P. partait aux salons de Préigueux ou Bordeaux au 6-7 dans 2-3 voitures (R.H. n’est pas venu, il vivait complètement reclus, incapable de se répérer dans Limoges, éternellement accompagné de ses deux femmes).
Chaque deux ans se tient un salon à Limoges avec des clubs invités. 15 jours dans la mairie, au premier étage. R.H. trainait dans les salles pour écouter les commentaires. Il participait aux accrochages pour suggérer des associations impertinentes, un pied semble donné un coup aux trois chaises du cadre à sa droite.

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R.H. avait fini par être accepté au club malgré d’énormes résistances combattues par P. Seule une minorité sur les 15 membres acceptait les images de R.H. Aucun ne tolérait son accent, son mode de vie. Greleau riait à son humour : devant une composition champêtre d’un poulain têtant sa mère, H. avait proposé le titre “un p’tit coup de blanc”.
La sélection pour l’accrochage des 150 à 200 photos avait valu le surnom de “Comité de la hache”. La jambe entr’ouverte de H. a été écartée à l’unanimité (jamais accrochée).
Après le récit d’un poéme, silence glacial d’incompréhension. le club le prenait au mieux pour un farfelu et s’étonnait que je sois ami avec lui. Il avait souvent d’étranges anomatopées, on pensait que c’était du Yiddish.

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Paris.Photo.1998 (deuxième salon) La Police Donne un Visage à l’Anarchie

12.11.1998 Paris Photo Anarchistes 1

La première participation au célèbre salon Paris Photo fut l’occasion de reconstruire un mur avec plus de 400 portraits d’anarchistes fichés pour leurs opinions.

12.11.1998 Paris Photo Anarchistes 2

12.11.1998 La Police donne un visage aux Anarchistes

Un petit catalogue en papier reproduisait quelques portraits avec une liste de 417 noms, complété de l’âge et de la profession des suspects. Deux remarques : le célèbre Félix Fénéon, employé de Bernheim Jeune est reproduit sous le numéro 418, sans son nom. Quant à Ravachol, il figurait dans l’ensemble exposé, mais n’était pas à l’origine dans le fichier des suspects car il était déjà arrété. Sa présence relevait d’un choix historiographique.

12.11.1998 Paris Photo Ravachol

Voici la liste complétée des suspects de 1894, nom,’âge, profession, jour de leur fichage :

1. Adnet. Clotilde. 19 ans, née en décembre 74 à Argentant (Orne). Brodeuse. 7/1/94.
2. Adnet. Jeanne, Marie (femme Quesnel). 22 ans, née à Argentan. Couturière. 8/1/94.
3. Agneli. Gustave. 24 ans, né à Sala (Suède) le 24/5/69. Artiste-peintre. 14/3/94.
4. Alban. Jean-Louis. 35 ans, né à Paris. Plombier. Fiché le 5/3/94.
5. Alicante. Philibert. 33 ans, né à Seire (Seine & Oise). Coupeur de talons. 7/3/94.
6. Anacléto. Joseph, Jean-Baptiste. 36 ans, né le 14/7/57. Coiffeur. 16/3/94.
7. Anceau. Aimé-Firmin. 20 ans, né le 18/2/74 à Paris XIIe. Sculpteur sur bois. 17/7/94.
8. Arnaud. Eugène. 47 ans, né à Villeveyrac (Hérault). Ferblantier. 20/3/94.
9. Augendre. Ernest. 37 ans, né à St-Pierre le Moutier (Nièvre). Maçon. 1/3/94.

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21.05.1998 La SFP revient sur une affaire vieille de quinze ans : les épreuves frauduleuses de Man Ray

« Révélé par une enquête du magazine Photo, le scandale des faux Man Ray achetés par Werner Bokelberg défraie la chronique. Face à l’inquiétude des collectionneurs et des marchands, petit rappel des règles du jeu qu’impose le marché de la photographie.

Comme les mouettes dans le sillage d’un paquebot, en matière de commerce, qu’il s’agisse d’oeuvres d’art ou d’objets manufacturés, l’apparition de faux et de contrefaçons forme l’accompagnement inséparable d’un certain état de maturité du marché et constitue, qu’on le veuille ou non, l’un des symptômes les plus flagrants de sa vitalité. C’est pourquoi, par ce qui n’est qu’apparemment un paradoxe, on pourra se réjouir de ce que le magazine Photo appelle « le premier grand scandale de faux de l’histoire de la photographie* » »

Lire la suite de l’article d’André Gunthert, Marché : la Morale de Man Ray

Les collectionneurs et les conservateurs américains se sont beaucoup alarmés de l’absence d’enquête menée de ce côté-ci de l’Atlantique :

« A long-running art forgery operation, which produced high-quality « vintage » Man Ray photographs, has been uncovered by the German photographer and collector Werner Bokelberg. The fakes include Man Ray’s most famous images from the 1920s and ’30s, including La Marquise Casati (1922), Noire et blanche (1926) and Larmes (1930-33). Bokelberg, who has assembled a large collection of 19th- and early 20th-century photographs and began collecting Man Ray in the 1970s, became suspicious at the increasing availability of such an unusually large selection of classic, and rare, Man Ray images. « It was too good to be true, » he told ArtNet. « I could have any picture I wanted. »

The source of this bounty was a engaging rogue known as Benjamin « Jimmy » Walter, a saxophone player who frequented various Paris nightclubs. « In retrospect, he looked and behaved like a gangster from central casting, » said Bokelberg, who added that Walter could be very convincing. « ‘My word of honor,’ he would say, ‘I swear on the grave of my father’. »

Lire la suite de l’article de Walter Robinson: Man Ray Forgeries Exposed

Deuxième acte de l’affaire : une conséquence directe des inquiétudes des collectionneurs fut la création d’un faux tampon Man Ray rue Campagne Première, utilisé par quelques experts et galeristes, et porté aux versos d’épreuves de toutes les catégories, épreuves anciennes, tardives ou même posthumes.

Fake man ray stamp

Quant au point de départ de toute l’affaire, on le situe précisement un vendredi 2 juillet 1982, date d’une vente aux enchères dont le catalogue est introuvable. Certaines  épreuves posthumes étaient signées, Bokelberg acheta « La Prière » :

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Vente Man Ray Levy 1983.2

Vente Man Ray Levy 1983.3

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1997 Dictionnaire des illustrateurs de livres d’enfants russes et soviétiques

dictillrusses1

LEVÈQUE (Françoise) et Serge PLANTUREUX.‎
Dictionnaire des illustrateurs de livres d’enfants russes et soviétiques (1917-1945). ‎
In-4, 319 pp, broché. ‎

‎Rencensement de 179 artistes russes ayant publié des ouvrages pour la jeunesse en Union Soviétique, en France et en Belgique. 800 illustrations en noir et blanc dans le corps de l’ouvrage, en couleurs sur la couverture et les rabats. ‎

Il existe 20 exemplaires avec sur le faux-titre l’aphorisme de Lichtenberg supprimé de l’édition générale par la censure municipale.

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13.02.1997 Point d’inflexion de l’histoire du cinéma en France : Sortie du film « Le Jour et la nuit »

Le jour et la nuit

Bande-annonce sur le site d l’INA

 

Cas exemplaire illustrant les limites d’un système culturel où les budgets publics sont gérés par les intérêts privés. Le film de Bernard-Henri Lévy a connu un échec commercial et critique retentissant. L’œuvre avait pourtant bénéficié de 3,5 millions de francs de la Commission des avances sur recettes, organisme dont Bernard-Henri Lévy était alors le président.

L’article de wikipedia précise une conséquence indirecte : Emir Kusturica a déclaré au micro de France 2 avoir repris sa carrière après la projection du film : « J’ai changé d’avis en voyant les dommages que Bernard-Henri Lévy pouvait causer au monde du cinéma. Je me suis dit, tu dois y retourner, tu ne peux pas laisser faire ça ».

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Salon du Livre Ancien 1996 (Huittième FILA) TOUS LES MÉTIERS  MÈNENT À LA LIBRAIRIE

VILLON. Œuvres de maître François Villon. Strasbourg, Heitz, sans date (vers 1910). In -12, 135 pp, plein chagrin noir, étui.

Curieux exemplaire comportant un ex-dono manuscrit de Frantisek Broumarsky. Lorsque la jeune Tchécoslavaquie accéda à l’indépendance, elle renonça à la peine de mort. Le bourreau de Prague, maître Broumarsky dut alors changer de profession, il se fit libraire. Si ses autographes sont rares, sa signature sur une édition des poèmes de François Villon est troublante.

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Salon du Livre Ancien 1995 (Septième FILA) Catalogue Les Cinq Sens

Les Cinq Sens,1995. La recherche du plaisir : recherche active, recherche par l’observation et les accesoires qui nous sont parvenus.
Contrainte, problématique= 600 notices sur le mode dialectique, agir ou regarder mène aux accessoires.

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1994 Premier catalogue de Livres de Photos : Dépression et Solutions

Dépression et solutions. Avant-propos de Michel Frizot

Le format retenu est un hommage à Photo-Poche de Robert Delpire.

Le titre fait écho au grand nombre de livres publiés par les photographes de la FSA et à ceux de la même époque publiés par les éditions d’état d’URSS.

Les livres de photographies sont à peine collectionnés en 1994.

Le cycle des six catalogues :

6) Dépressions & Solutions,1994, celui-ci

5) Objets du desir,1997.

4) Aventures élémentaires, 1998

3) Petites histoires de photographies, 1999

2) Hors-La-Ville Zones, Banlieus, Ghettos, 1999

1) Vanités, 2000

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15.06.1994 A Window of Opportunity, Serge Plantureux in conversation with Sheila Markham

serge in london 1992

Interview Archive

A Window of Opportunity

Serge Plantureux in conversation with Sheila Markham

There are various versions of how I got started in bookselling. The one I choose today goes something like this. When I was about eight years old, a relative died leaving a house stuffed with interesting bits and pieces. I remember going to visit it with my father, who was keen for me to take an interest in the contents of the house and encouraged me to select a few items for myself. I chose some curious hat pins, a stamp collection and some books, although I couldn’t really appre-ciate them at the time.
A few years later, a similar situation cropped up. I was having a party with some school friends in an old house which was just about to be demolished. In the attic, I came across a stack of old books and took them to add to my collection at home. Although I wasn’t actually selling books at the time, I was already gaining useful experience in dealing -buying and selling stamps in the market in my home town of Châteauroux.

As for the books, another unusual opportunity came along when I was about seventeen. I was lying in front of the television with a friend one Sunday afternoon, doing absolutely nothing. This began to annoy my mother who grabbed a newspaper and read out an announcement about an auction that day, telling us to switch off the television and show some initiative.

So we went along to the auction and found a general sale in progress. The auctioneer was plodding through a large book section volume by volume, much to the boredom of the people in the room who had mostly come for the furniture. They were shouting at him to hurry up, so he announced that he would sell the remaining books in one lot. No one could really see what was left. But, as we were the youngest there, we jumped over the tables and got to the front. I had a quick look, liked what I saw and I bought the lot.

The time was coming for me to leave home and move to Paris to study mathematics. The first thing to say about being a student in France is that the system is totally different from England. Good students are encouraged and supported by the state and receive a monthly salary in addition to free board and lodging. Of course you are expected to work hard, but I still found time to pursue my growing interest in the book trade. I was still dealing in stamps to a certain extent, but the move to Paris opened a new chapter in my interest in books.

In fact I came to Paris with a dream. Have you read Balzac’s novel La Peau de Chagrin? Briefly, a young man visits an old antique dealer and wants to buy a piece of magic leather which has the power of preserving youth. The novel contains the most wonderful Balzacien description of the mysterious shop and I came to Paris determined to find it.

I had absolutely no doubt that Balzac based his description on a real shop, and spent my first nine months in Paris looking for it in almost every street. One day I found a premises which exactly fitted the description – and there it was in the rue de Visconti opposite the place where Balzac had his own printing house.

But it wasn’t easy to get in. At first, I could only find a window, which seemed very odd – just this window and absolutely no sign of a door. So I walked round the block at least twice and finally a man appeared, so I asked him how to get into the shop. He just smiled and said, ‘you have to deserve it’. Of course this appealed enormously to my imagin-ation.
Anyway he told me to knock at a door with no name on it, which I did and it was eventually opened by the elderly occupant, Monsieur Deschamps. As he stood in the door, I caught a glimpse of the fascinating interior, stuffed with books and bits and pieces, with an unmade floor and just a storm-lamp for lighting. He questioned me closely and finally asked me to name one book which I was looking for.

I knew this was a trick question – one wrong answer, and I would never get in. Anyway, I managed to think of Bernard Naudin – I don’t think he’s very well known outside my own home town. He was working in the late 19th century, and illustrated a number of anarchist pamphlets, a few books by Diderot and Anatole France. He also invented the Naudin type which was used in two or three publications. Anyway, the old man replied, ‘that’s a good answer. Come back next Wednesday’.

For the next couple of years, I took time off from my studies to visit Monsieur Deschamps several times a week – simply to sit in his shop and listen to him talking about books. In his time, he had been a well-known figure in the Paris book trade, specialising in books on the history of ideas, politics and, of course, Balzac. He died six years ago.

It was a wonderful learning process – I used to take a book off his shelves or bring in one of my purchases, and he would explain exactly what was good or bad about it. He also knew about publishing – in 1929, he had published Regarde, a children’s book by Colette with illustrations by Meheut. This was his one and only publication and he strongly advised me against publishing as a way of earning a living.

To some extent, I ignored this advice and spent a very happy year working for a publisher as part of my university course. It was a useful time, learning all the aspects from technology to copyright and I made good contacts which I’m still able to draw on for the production of my own catalogues. Actually, at one point, I seriously considered staying on, but my employers took fright at the suggestion. Apparently, I’m none too obedient and rather full of my own ideas .

During my student years, I also had to negotiate the tricky problem of military service. In my case, the problem was aggravated by the fact that my father was an old soldier and simply couldn’t accept the idea of his son dodging military service. But one thing was quite clear in my mind -I wasn’t going to spend one minute in uniform. Actually I think this was the first big decision I ever took on my own.

Fortunately, in France, there are still a number of legitimate ways to avoid military service and one of them is to work in some official capacity for the French Government overseas. So I applied to teach maths at the French International school in Rome. Normally there’s tremendous competition for these appointments, especially in a place like Rome. For example, if you want to teach a popular subject, like history, you have have to be the son of a minister to stand the faintest chance of being chosen.

But in my subject, it was rather different. Most mathematicians do their best work before the age of 25 or 30, so they don’t want to waste time teaching school children in Rome. In my case, I was longing to go to Rome. After two years of waiting, the job came up and I got it, went to Rome and had the most wonderful time. Of course the salary wasn’t good and it was an expensive place to live. So there was one obvious thing to do – I started selling books for the first time on a regular basis.

Italy is quite simply a wonderful country for books and the book trade. Not only are the books particularly nice, but they are usually in good condition – and, on top of it all, the Italian dealers are a great bunch of people. It’s all a question of becoming accepted – even initiated – and then the doors open. I would say this is one striking contrast with the Anglo-Saxon world, where things tend to be more welcoming on the surface, but then the door often closes.

During the mid-1980s, Italy experien-ced a tremendous economic boom and I was very fortunate to be there at that moment. The people were happy, spend-ing money and eager to buy back their culture, much of which had disappeared overseas in the wake of the Grand Tour. Although I was a foreigner, I’m sure I was so quickly accepted because of the general mood of good humour and excitement. It would be much more difficult to repeat the exercise in the present economic climate. I must say the recession is still most noticeable in England. You can smell it in the air and see it in people’s faces. Of course it’s spreading to France – the same tired look and lack of enthusiasm. I gather your politicians talk about signs of recovery. I studied statistics for many years and I know how they can be used.

Having said that, I think the ABA has made a well-judged and positive decision to move to the Grosvenor House next week. Sometimes when you want t change your life, you start by moving house. The principle is the same with the June fair, and I’m sure the outcome will be most invigorating and a boost for the English book trade in general. I believe there’s even a new lady in charge of publicity and she knows what she’s doing.

I’m looking forward to making my debut at the fair, sharing a stand with my colleague, Antonio Pettini from Rome. Actually we were encouraged to exhibit by Andrew Hunter at Quaritch and Diana Parikian. Of course I dis-cussed the idea with my wife and colleagues and we all thought that now would be an excellent time to take part.

We liked the idea of the new hotel, especially after all those complaints about the Park Lane. I didn’t go last year, but colleagues came back to Paris with bad reports about the fair. One or two dealers even said, ‘this is the end of London as a centre for international book fairs’. Everyone had become so disillusioned, but this year I sense a completely different atmosphere and I’m sure the organisation will be absolutely flawless.

Another thing I like about London – you can be as eccentric as you like. That’s a real freedom which you don’t find so often on the Continent. Also, I’m looking forward to the unpredictable aspect. When I do a fair in Paris, for example, I can more or less tell in advance what will sell and what will not. In London, I can allow myself to dream the bookseller’s dream that someone new will come along…

Actually I’m very concerned about this whole business of new collectors. As a trade, we are not doing nearly enough to encourage them. For example, the en-trance fee to the Grosvenor House fair is too high – do you want people to come in or not? In future, the organisers might consider reducing the price of one or two stands to encourage exhibitors from Eastern Europe, where there is such a rich book tradition but not much money. I’m sure their participation would inject fresh interest and ‘virgin’ material which might easily make up for the loss of revenue from the stand.

To a certain extent, the book itself is under threat. Everywhere I go, I see young people with photo-books, comic books, anything – but not printed books. Gone are the days of Printing and the Mind of Man – that remarkable catalogue and exhibition which were, in many ways, the swan song of the British book trade. It certainly epitomised the whole idea of making the printed word accessible to all and not just the preserve of a privileged elite. But somehow we have lost our way and today a large proportion of the population has very little contact with the printed word.

Perhaps booksellers themselves are under threat. The other day an Italian firm sent me information about a com-puter service, supplying details about Italian books — collations, prices and so on. I know there are similar services available in other countries and I hope they all fail before they take over the role of the traditional bookseller.

We’re rapidly approaching a crucial point in the history of our trade. It sounds ironic but everything has become too well-documented, too well-catalogued and too widely accessible. This is most obvious in a country like England, where dealers are so generous and open with their knowledge. You only have to look at the approach to cataloguing, and the obvious commitment to share and record useful information.

Unfortunately, the English approach often produces a most undesirable state in which everything becomes frozen – the excitement goes out of the subject when there’s nothing new to discover. As a French dealer once remarked to me, ‘there are no virgin books in England’. This is not the case in France, where the tradition is completely different. Of course we have the same knowledge about books, but the transmission is mostly oral.

Perhaps this is an aspect of the Anglo-Saxon character which I mentioned earlier – an emphasis on organisation and attention to detail. In my exper-ience, this often leads to a certain rigidity. Now you may think I’m being anti-English. Well, while we’re on the subject, I do blame you for one thing and that is the quite insane fashion in which you have allowed the auction houses to flourish. In France, we hate auctions and arrange things in such a way that they simply can’t dominate the market. Auctioneers and booksellers have oppo-site interests – it’s as simple as that. Ask me how to improve the book trade at a stroke and I’ll tell you to close down all the auction houses.

At a crucial time like this, I’m very interested to hear about the ABA post-graduate diploma in antiquarian book-selling. I hope there won’t be too much emphasis on pure bibliography at the expense of more practical experience. If I were in charge, I would ask my students to turn up with £50 and then send them off with four hours in which to buy books. We would then meet to discuss their purchases and, in the next session, they would be sent off again – this time with four hours in which to sell their books.

Of course I admire enormously dealers who know all the bibliographical nice-ties of every book they handle. But the beginner really needs to know the basic skills of buying and selling a book quickly – before he sinks under the terrible weight of dead stock. At any one time, I never have more than 100 books in stock, unless I’m preparing a catalogue.

Catalogues have been very important in my development as a bookseller. So far I’ve produced several lists and two catalogues — Crimes & Légendes and Mathématiciens & Magiciens – and I’m working on a third and (probably) final catalogue of antiquarian books, entitled Les Cinq Sens (The Five Senses). I re-gard them very much as a form of ap-prenticeship. Although there is still so much to learn, the initial stage is nearly completed and I’m already thinking more generally about the future. Cata-logues are an expensive way of doing business – always a big headache for a small amount of money, and I can’t imagine going on with them for much longer.

Meanwhile, I got married recently. My wife, Inès, is a lawyer and very happy in her work so I don’t think we’re envisaging a business partnership together. But I’ve got other ideas in mind and a decision will have to be taken at some point. So I’ve decided to sit down on my 33rd birthday in July 1995 and just ask myself, ‘what shall I do next?’

Interviewed for The Bookdealer in June 1994

Photo : Hervé Jézéchel

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Salon du Livre Ancien 1993 (Sixième FILA) Catalogue Mathématiciens et Magiciens

Premier salon dans le Palais de la Mutualité

Mathématiciens & magiciens,1993. Les aspects ludiques d’aborder la science : la science n’est pas univoque.

Contrainte, problématique= Catalogue en forme de jeu, 333 en 63 cases qui correspondent à l’alphabet.

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Salon du Livre Ancien 1991 (Cinquième FILA) Catalogue Crimes et Légendes

Le salon était encore et pour la dernière fois sous les voûtes médiévales de la Conciergerie.

Crimes & légendes,1991. Les crimes et les délits, les transgressions et les théories pénales. Sujet appréhendé à la manière de Michel Foucault dans Surveiller et punir.
Contrainte, problématique= 1000 documents présentés en 7 binômes: …

Crimes et légendes1

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01.01.1991 Les premiers catalogues

Présentation des catalogues : En 1990, au moment de se lancer dans le commerce des livres anciens, un programme de 3 catalogues numérotés en descendant a été décidé. pour apprendre l’histoire du livre à travers trois lorgnettes. Pour définir les sujets, le point-de-départ a été un questionnement : en période de désaffection générale pour les livres classiques et de crise économique, qu’est-ce qui dans les livres anciens pouvait encore intéresser les gens ? Ainsi fut fixé le programme de 3 catalogues en forme d’exercices, comportant le choix volontaire d’une ou plusieurs contraintes dissociées du sujet : 3) Crimes & légendes,1991. Les crimes et les délits, les transgressions et les théories pénales. Sujet appréhendé à la manière de Michel Foucault dans Surveiller et punir. Contrainte, problématique= 1000 documents présentés en 7 binômes: …

 

2) Mathématiciens & magiciens,1993. Les aspects ludiques d’aborder la science : la science n’est pas univoque. Contrainte, problématique= Catalogue en forme de jeu, 333 en 63 cases qui correspondent à l’alphabet. 1) Les Cinq Sens,1995. La recherche du plaisir : recherche active, recherche par l’observation et les accesoires qui nous sont parvenus. Contrainte, problématique= 600 notices sur le mode dialectique, agir ou regarder mène aux accessoires. Après l’histoire de l’écrit et devant l’engouement général, il était tentant d’adapter cette démarche à l’histoire de la photo, comme elle est encore moins bien connue … un programme en 6 catalogues numérotés en descendant : 6) Dépressions & Solutions,1994. L’utilisation de la photographie sociale par les politiques dans les années 1920-30. Contrainte, problématique= Opposition Marx/Keynes, URSS/FSA. 5) Objets du desir,1997. Sans être érotiques beaucoup de portraits photographiques n’en sont pas moins « innocents ». Contrainte, problématique= objet/sujet 4) Aventures élémentaires, 1998. La photo comme outil d’exploration dans les quatre éléments : eau, air, terre,feu. Contrainte, problématique= schéma scolastique 3) Petites histoires de photographies, 1999. Pourquoi les enfants n’aimaient pas la photo et maintenant ils aiment le numérique Contrainte, problématique= exercice bibliographique, recension. 2) Zones, Banlieus, Ghettos, 1999. Est-ce que les périphéries profitent de ce nouveau mode d’expression? Contrainte, problématique= abécédaire 1) Vanités, 2000. Les Vanités, exercice par excellence du photographe. Contrainte, problématique= Déclinaison d’un proverbe apocryphe: si jeunesse savait, si richesse pouvait.