27.10.2016 RENDEZ-VOUS 80 RUE TAITBOUT JEUDI 27 OCTOBRE à 17 HEURES

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Serge Plantureux – Photographies

Cabinet d’expertise et d’investigation

80 rue Taitbout, rez-de-chaussée

(Entrée du square d’Orléans)

75009 Paris + 33 140 16 80 80

durand

Jeudi 27 Octobre, rencontre avec Marc Durand

qui présentera le nouveau dictionnaire des photographes parisiens au XIXe siècle:

De l’image fixe à l’image animée (1820-1910), documents du Minutier central des notaires de Paris relatifs à l’histoire de la photographie,

publication des Archives nationales réalisée à partir du dépouillement sélectif de 5 109 actes.

 

 

 

Et présentation du catalogue

de la vente de photographies anciennes et modernes

Binoche et Giquello, 10 novembre 2016

Drouot salle 9 à 18 heures

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(mise en ligne du catalogue dans une semaine)

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19+20.06.2015 Documentary Photography pdf catalogues


Documentary Photography

2-Day auction: 19-20 June 2015

viewing: Paris, 5, rue du Perche 03.06 / 08.06.2015
brussels, 40, rue de l’Aqueduc 12.06 / 18.06.2015
online auction with Drouotlive.com

The Romantic Agony, 40 rue de l’Aqueduc
+32 25441055 auction@romanticagony.com
reference to quote: auction 56 + lot number
Price: 10 euros (20 euros with postal delivery)

 

pdf catalogue :

Catalogue 19 juin premiere partie pages     1- 96

Catalogue 19 juin premiere partie pages 1- 96

 

 

image 19 juin seconde partie pages 97-192

Catalogue 19 juin seconde partie pages 97-192

Catalogue 19 juin troisieme partie pages 193-272

Catalogue 19 juin troisieme partie pages 193-272

(catalogue 20 juin lundi prochain, next monday)

Dans la presse il y a cinquante ans : Jean Adhémar et André Jammes, État des questions sur l’histoire de la photographie (JEAN ADHÉMAR & ANDRÉ JAMMES)

État des questions sur l’histoire de la photographie
Jean Adhémar et André Jammes (Bulletin des bibliothèques de France, 1962)

I. CE QUI EXISTE.

Les Français disposent du livre classique de Raymond Lécuyer, Histoire de la photographie, éd. de l’Illustration, 1945. Il date un peu, mais l’essentiel reste bon, et les 1 200 illustrations, tirées de collections alors privées (Gilles, Barthélemy, Cromer, Sirot) sont très utiles. Ce livre ne dispense pas de consulter ceux de Georges Potonnié (Histoire de la découverte de la photographie, 1925, 99 ill., trad. angl. 1936 sans les illustrations; Cent ans de photographie, 1940). Le livre du Dr Joseph Maria Eder (Geschichte der Photographie, Halle, 1932, 2 vol., 372 ill., traduction anglaise, New York, 1945, sans illustrations) rend de précieux services pour l’histoire de la technique photographique, mais il est entaché d’une certaine partialité.

Actuellement deux ouvrages généraux sont indispensables, celui de Beaumont Newhall (The History of photography from 1939 to the present day, éd. du Musée d’Art moderne de New York, 1949, 163 ill.) et celui d’Helmut Gernsheim (The History of photography from the earliest use of the camera obscura in the eleventh century up to 1914, Londres, 1955, 359 ill.). Ces deux savants ont renouvelé la question, ce que n’a pas fait Peter Pollack dans sa Picture history of photography, New York, 1958 (plus de 600 ill., trad. française en 196I, incomplète, voir G. A. B., mai 196I).

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14.10.2014 L’infinito de Leopardi, un poème en prélude à l’exposition : Mario Giacomelli prophète en son pays.

En cliquant sur l’image ou le poème vous entendrez la voix de Vittorio Gassmann le réciter :

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« Sempre caro mi fu quest’ermo colle,
e questa siepe, che da tanta parte
dell’ultimo orizzonte il guardo esclude.
Ma sedendo e mirando, interminati
spazi di là da quella, e sovrumani
silenzi, e profondissima quiete

io nel pensier mi fingo, ove per poco
il cor non si spaura. E come il vento
odo stormir tra queste piante, io quello
infinito silenzio a questa voce
vo comparando: e mi sovvien l’eterno,
e le morte stagioni, e la presente
e viva, e il suon di lei. Così tra questa
immensità s’annega il pensier mio:
e il naufragar m’è dolce in questo mare. »

[Toujours elle me fut chère cette colline solitaire
et cette haie qui dérobe au regard
tant de pans de l’extrême horizon.
Mais demeurant assis et contemplant,
au-delà d’elle, dans ma pensée j’invente
des espaces illimités, des silences surhumains
et une quiétude profonde ; où peu s’en faut
que le cœur ne s’épouvante.
Et comme j’entends le vent
bruire dans ces feuillages, je vais comparant
ce silence infini à cette voix :
en moi reviennent l’éternel,
et les saisons mortes et la présente
qui vit, et sa sonorité. Ainsi,
dans cette immensité, se noie ma pensée :
et le naufrage m’est doux dans cette mer.]

Giacomo Leopardi, l’infinito, 1819

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25.09.2014 Orgueil. Vernissage jeudi 25 septembre à 18h00 : L’Art est-il vraiment le propre de l’homme ?

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dessin singe

Ivan Pavlov fut le premier russe à recevoir le prix Nobel en 1904. Bien qu’il soit fils de prêtre et peu favorable aux idées communistes, on lui proposa de rester après la révolution. Il accepta, créant dans Petrograd devenue Leningrad une école célèbre de physiologie et une station zoologique réputée. C’est dans ce laboratoire que le professeur Leonid Firsov entreprit ses expériences avec les chimpanzés à la fin des années 1960.

Selon une de ses assistantes que nous avons rencontrée, Mme Nekrassova, tout commença à la demande des militaires soviétiques qui avaient reçu des Viêt-congs des rapports indiquant que beaucoup de soldats américains mourraient dans la jungle vietnamienne de fièvre et d’empoisonnement après avoir absorber des fruits, des baies ou des champignons vénéneux. Le professeur Firsov organisa alors une expérience où il accompagna une petite troupe de chimpanzés sur une île inhabitée d’un lac du sud de la Russie. En les privant totalement de nourriture dès le troisième jour, il observa l’incroyable faculté de ces anthropoïdes à établir en peu de temps un catalogue de toutes les plantes et fruits comestibles.

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Cette semaine estivale lui donna envie non seulement d’améliorer les conditions de captivité des chimpanzés, mais d’adopter un jeune comme compagnon familier de son propre fils. En observant comment le jeune singe se mêlait aux jeux des petits enfants pacifiquement le professeur Firsov établit une série d’expérimentations avec des crayons de couleur et de l’aquarelle.

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15.09.0002 l’Objet et son contrat – Discussion

« Tout provient de la nature. « 
Xenophon

Boite de conserve

(Prototype de l’un des premiers modèles de boîtes de conserve, commercialisées par Appert : purée de tomates, début du XIXe siècle)


Au xxe siècle avant l’apparition de l’ère numérique , toutes les œuvres d’art plastiques étaient d’abord matérielles. La photographie et le cinéma néanmoins ont ébranlé les convictions car le contrat de publication de certaines photographies a commencé à valoir bien plus que les épreuves les plus belles et les plus soignées.

On a une date. Avec l’élection du président Kennedy et la publication des photos de son mariage six ans plus tôt pour lesquelles la photographe F… obtient grace aux bons soins de John Morris la somme de cent mille dollars.

Depuis le numérique, un artiste ne conçoit plus de vendre une œuvre sans contrat et accepte même de vendre des contrats sans oeuvre matérialisée.

Bien sur, les plus pauvres les très jeunes et les artistes qui vivent au jour le jour c’est à dire une majorité en nombre mais non en célébrité continue à produire dessins photos ou sculptures vendues sans plus de sophistication qu’un accord sur un prix et son règlement.

Le marché de l’art ancien ou d’occasion hésite. Il est difficile d’inventer rétroactivement  des contrats qui n’ont jamais existé. Mais il est complexe d’appréhender des œuvres  qui n’étaient la que pour illustrer des contrats et que l’on en a détachées après la date de péremption.

Le manuscrit des mémoires de Chateaubriand apparu en novembre 2013 était attaché à l’acte notarié en vue de la publication posthume. Et sa vente d’abord publique mais devenue opaque interroge.

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Les épreuves photographiques de presse qui accompagnaient des contrats d’édition et sont souvent les seuls tirages authentiquement d’époque sont elles encore liées à ces contrats ? Les tirages d’essai et les épreuves retournées le sont ils egalement ? L’agence Magnum pose la question aux juges et propose que toutes les épreuves anciennes restent sous son contrôle. La justice française va devoir se penche sur ces graves questions. La cour suprême des États Unis a décidé en 1894 que les tomates ne seraient plus légalement des fruits mais des légumes faisant ainsi primer des intérêts commerciaux sur des considérations scientifiques ou de simple logique. 

Simultanément de simples photographes documentaires ont réclamé — et obtenu — de se voir créditer les apparitions dans les magazines d’œuvres anciennes comme Mona Lisa. Certainement c’est bien en effet leur épreuve photographique qui accompagne le contrat de publication. Cette substitution ou cohabitation avec l’illustre nom de l’artiste du XVIe siècle semble excessive. Surtout si M. Deloignon décide à son tour de reproduire la page de magazine ou apparaît la photographie reproduisant Mona Lisa. Il pourra en réclamer le crédit ou le partage du crédit — s’il accède au un contrat bien sur. 

retour de la oconde(le retour de la Joconde, crédit à revendiquer)

Donc ce contrat, même s’il est moins séduisant à caresser qu’un marbre ou à regarder qu’une gomme bichromatée, est devenu le centre de tous les raisonnements juridiques et financiers du XXIe siècle. Plus le contrat est séduisant et adapté aux mœurs et usages des puissants plus l’artiste a des chances de succès.

Car ces contrats peuvent se négocier et se vendre comme des actions ou d’autres véhicules financiers. En particulier ils peuvent se vendre à terme ou servir de garanties. Bref le marche des contrats de l’art profite d’une partie de l’argent dématérialisée  qui anime les échanges en hyperfréquence. Plus besoin de voir de comparer ou de critiquer  ladite oeuvre d’art. Ce serait surtout contreproductif. Perte de temps et risque de faire rentrer des êtres humains dans un mécanisme  ou quelques ordinateurs et quelques ingénieurs financiers suffisent.

Mais puisque l’on parle d’art, il faut organiser des visites réelles ou virtuelles. Quelques événements publics.

Et puis surtout l’hyperfrequence n’est pas adaptée aux êtres humains. L’art chante et glorifie la plus importante dimension de l’existence qui est le temps.

15.07.2014. Inauguration de la première exposition d’été : Arthur Grénier (1873-1944)

Deuxième volet de notre heptaméron photographique : Paresse

biplan dans le ciel de Trouville

« Fleuve d’oubli, jardin de la paresse,… où la vie afflue et s’agite sans cesse, Comme l’air dans le ciel et la mer dans la mer » (Charles Baudelaire, Phares)

Qui était Arthur Grénier ? Un enfant gâté de la société européenne de la fin du XIXe siècle, très jeune orphelin. Un jeune homme désoeuvré mais curieux, né un mois d’août 1873 dans une station balnéaire naissante, Trouville sur mer. Ses parents y avaient acheté une des premières villas de la côte normande.

A Paris, Grénier logeait non loin du Parc Monceau, dans ce tout nouveau XVIIe arrondissement où, depuis le Second Empire, le monde artistique et mondain s’agglutinait. Grace à la fortune de son père défunt, il « faisait la vie », se faisait appeler Arthur ou parfois Green par ses intimes dans ce Paris dandy d’à la recherche du temps perdu, le Paris de Proust, des théâtres, du spectacle et de l’opérette. Le Paris des décors. Le Paris photographique d’Otto Wegener.

Grénier fait un stage dans les ateliers de l’Opera Garnier, fabrique des décors, s’enthousiasme pour la cantatrice Marie Garden. Grâce à la photographie, Grénier rêve ses maquettes, pense à des éclairages, des façons d’orienter la lumière, des expériences chromatiques.

Les décors fabriqués ont disparu. Pas ses photographies.

grenier epouse

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dès 1907, Grénier se rue chez les frères Lumières pour y acheter des plaques au collodion et surtout des autochromes, les premières photographies en couleurs naturelles. Certaines ont vieilli, on les regarde aussi. Elles sont uniques.

La gélatine s’est marbrée, s’est scindée, recroquevillée entre les deux verres. Les pigments ont migré avec les fécules de pommes de terre donnant aux bords de mer des couleurs à la van Gogh. Il nous a aussi laissé des nuages, une série de cieux crépusculaires, nacrés, pourpres, qu’il tire, vers 1910, depuis le haut du Belvédère d’une villa qui s’ouvre sur le paysage normand.

 

grenier voiture

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Des scènes d’incendies aux courses d’aéroplanes, de Trouville négligée pour la voisine, Deauville, plus accommodante, des voiliers aux automobiles flambant neuves — il redessina la carrosserie de son premier bolide rouge pour mieux le conduire coiffé de son haut de forme —, Grénier a photographié  « l’air dans le ciel et la mer dans la mer ».

Avec un brin de paresse ? Peut-être, mais alors dans le sens théologique de St Augustin, cette paresse qui nous fait le dimanche délaisser la prière. Grénier prenait le temps. Le temps de traverser son siècle au hasard, à la recherche d’éclipses, de tempêtes, de nuages et de grimaces perdues.

(Basile Chardon et Claude Chanot, Paris, samedi 12 juillet 2014)

 

Grenier Plage

 

La galerie Rhinoceros & Cie présente dès le 15 juillet une sélection d’autochromes d’Arthur Grénier ainsi que quelques gouaches et aquarelles.

 

aquarelle

 

Une publication est envisagée et selon les encouragements et les réactions du public et des collectionneurs, on devrait disposer à l’automne d’une petite ou grande brochure, détaillant des autochromes de nuages ou des beautés en maillots de bains mouillés. Voire les deux. La sortie du catalogue sera prétexte à de nouvelles agapes.

 

autoportrait

09.07.2014 Présentation du second numéro de Nicéphore, cahier de Photographies : Mercredi 9 juillet, soirée Baudelaire avec Jean-Paul Avice

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« Très-jeunes, mes yeux remplis d’images peintes ou gravées n’avaient jamais pu se rassasier, et je crois que les mondes pourraient finir, impavidum ferient, avant que je devienne iconoclaste … » (Charles Baudelaire, Salon de 1859).

Mercredi 9 juillet à 18 heures, nous vous invitons à une rencontre avec Jean-Paul Avice dans la galerie éphémère de Rhinocéros & Cie, 156 Boulevard Haussmann, Paris VIIIe.

Une image anonyme surgit tout-à-coup au milieu d’un vide-grenier par un matin pluvieux d’octobre 2013. Un indice ténu, une inscription, une marque motiva une enquête sur l’identité des personnages présents sur cette photographie.

Lors de la présentation publique des premiers résultats qui nous avait fait revenir à Charles Baudelaire, un diseur de poèmes récita «Le Rêve d’un curieux» puis crut bon d’évoquer le récit en rêve «L’Artiste du dernier jour». Dans ce poème, Yves Bonnefoy s’inquiète de la multiplication des photographies qui selon lui dévastent le monde. Il semble attendre pourtant le salut d’une seule image, «lavée de sa différence d’image», et qui pourrait être une photographie prise par accident. Notre conteur rapprocha alors ce récit d’un poème du même auteur, Hopkins Forest, où c’est soudain «une grande photographie de Baudelaire» qui, dans un lieu de hasard et une atmosphère de fin du monde, semble promettre ce salut.

Et voici qu’une simple photographie revient aujourd’hui dans une rare occasion, soutenir la reine des facultés : l’imagination.
Notre société tout entière est préoccupée du démantèlement de l’ordre esthétique qui a prévalu depuis la Renaissance mais s’effondre sous une myriade de selfies, d’images de tout et de rien. Le débat entamé il y a cent cinquante ans par Charles Baudelaire et Félix Nadar entre poésie et photographie, entre image inanimée et imagination, reste ou redevient d’une brûlante actualité.

Superposer, comme l’a fait l’éditeur à l’ouverture de ce Cahier, l’avant-dernier poème des Fleurs du Mal, «Le Rêve d’un curieux» qui figure dans la section «La Mort», et oppose la mort en image à la vie qui se poursuit hors d’elle, et une étonnante photographie où un personnage est assis, figé dans l’immobilité d’une pose devant un rideau, quand, derrière lui, saisi par surprise, surgit le fantôme d’un autre qui ressemble tant à Baudelaire qu’il ne peut être que lui, c’est décider que cette photographie est comme la mise en scène de ce poème. (JPA)

La photographie de Carjat est en ceci étonnante qu’elle est à la limite de l’instantané, conception presque inédite alors ; cette photographie semble capter l’imprévu dans lequel se glisse l’image saisie d’un Baudelaire curieux. C’est une image qui échappe aux canons esthétiques théorisés par Baudelaire – si moderne fut-il – car elle anticipe une photographie captant le transitoire, le fugitif et le contingent sans chercher à usurper les qualités de l’art. Baudelaire n’est pas passé à côté de la modernité photographique, il l’incarne ici. (PLR)

​Le poète luttant contre le péril qui lui est le plus intime, celui de voir sa passion iconophile virer en idolâtrie, et de sentir sa vocation de poète se perdre en ensorcellements fantasmatiques, invente avec la figure de Mademoiselle Bistouri le moyen de résister à l’empire des idoles, à la destruction de la vie par les objectivismes, à l’absolutisation technologique des apparences. Mais cette résistance on ne peut plus précaire10, exposée et terriblement fragile, n’est que la plus faible qu’il puisse maintenir, celle d’une prière tout de même, quoique sans confession ni croyance assurée, à la fin de sa vie dans un petit poème en prose.​ (JT)

Accés à l’ouvrage en pdf : NICEPHORE BAUDELAIRE BON 0514_Mise en page 1

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01.06.2014. Parution de Nicéphore, cahier de photographies n°2

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Sommaire :

Au lecteur, 5
L’Artiste du dernier jour, 7
Hopkins Forest, 10
Jean-Paul Avice, Des Ennemies intimes ? 12
Paul Louis Roubert, En Revenir à Baudelaire, 16
Jérôme Thélot, Une Collectionneuse : Mlle Bistouri, 18
Sur un Air de Baudelaire, 24
Chronologie des 15 portraits connus de Charles Baudelaire,  26
La Main droite du poète, 70
Reconstitution, 73
L’Atelier d’Etienne Carjat, 75
Le Portrait de M. Arnauldet, 80
D’un Salon l’autre, 83
Le Salon de 1859, 92
Stéphane Mallarmé, Le Phénomène futur, 104
Charles Baudelaire, Mlle Bistouri, 109
Félix Nadar, Baudelaire intime, 112
Bibliographie illustrée, 116

« Du rapport de Baudelaire à la photographie, on a surtout retenu la condamnation de cette «industrie» mettant, selon lui, fin à l’art, conduisant l’humanité à l’idolâtrie narcissique de sa triviale image, mais Baudelaire, grand ami de Nadar qu’il tutoyait, et qui posa pour lui plus que beaucoup de poètes de son temps, «s’y connaissait» en photographie. Il savait bien que les vrais photographes parviennent à saisir d’un être plus que cette extériorité matérielle… » J.P. Avice

Une image anonyme surgit tout-à-coup au milieu d’un vide-grenier par un matin pluvieux d’octobre 2013. Un indice ténu, une inscription, une marque motiva une enquête sur l’identité des personnages présents sur cette photographie. Au crayon sous ce portrait, un nom, celui de « Mr Arnauldet ». Très vite, le personnage flou au second plan est identifié comme étant Charles Baudelaire. Il semble s’insinuer dans l’image. Pourfendeur reconnu de la photographie, le poète considère la multiplication des images comme le pire fléau de son temps. Et voici qu’apparaît cette image, qui, par sa singularité, nous mène vers un ailleurs, soutenir la reine des facultés : l’imagination.

Un programme de recherches est établi pour s’assurer de l’authenticité de l’épreuve et établir l’identité du photographe et de ses modèles. Ici, l’un des enquêteurs prononce une phrase déterminante : «M. Arnauldet se fait tirer le portrait mais n’est pas dans l’axe de la chambre», cette photographie est prise comme en coulisse, ce que nous regardons n’est pas le portrait de M. Arnauldet, mais son «making of», une photographie de backstage, une photographie «volée», une «capture d’écran». Il y aurait donc une deuxième chambre, voire un second photographe dans le studio. Cette pratique courante au XXe siècle, systématique dans l’univers du cinéma, est totalement inattendue en 1860.

« La photographie de Carjat est en ceci étonnante qu’elle est à la limite de l’instantané, conception presque inédite alors ; cette photographie semble capter l’imprévu dans lequel se glisse l’image saisie d’un Baudelaire curieux. C’est une image qui échappe aux canons esthétiques théorisés par Baudelaire – si moderne fut-il – car elle anticipe une photographie captant le transitoire, le fugitif et le contingent sans chercher à usurper les qualités de l’art. Baudelaire n’est pas passé à côté de la modernité photographique, il l’incarne ici. » P.L. Roubert

 

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« Le poète luttant contre le péril qui lui est le plus intime, celui de voir sa passion iconophile virer en idolâtrie, et de sentir sa vocation de poète se perdre en ensorcellements fantasmatiques, invente avec la figure de Mademoiselle Bistouri le moyen de résister à l’empire des idoles, à la destruction de la vie par les objectivismes, à l’absolutisation technologique des apparences. Mais cette résistance on ne peut plus précaire, exposée et terriblement fragile, n’est que la plus faible qu’il puisse maintenir, celle d’une prière tout de même, quoique sans confession ni croyance assurée, à la fin de sa vie dans un petit poème en prose. » J. Thelot

Notre société tout entière est préoccupée du démantèlement de l’ordre esthétique qui a prévalu depuis la Renaissance mais s’effondre sous une myriade de selfies, d’images de tout et de rien. Le débat entamé il y a cent cinquante ans par Charles Baudelaire et Félix Nadar entre poésie et photographie, entre image inanimée et imagination, reste ou redevient d’une brûlante actualité.

Ce second cahier est expédié aux abonnés.

 

20.03.2014 « La toile était levée et j’attendais encore »

Arnauldet et son ami

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Musée d’Orsay achète une image photographique de Baudelaire

Un article de l’express annonce la décision du Musée d’Orsay

Un premier commentaire est publié sur son blog par André Gunthert, suggérant un « exemple précoce de photobombing »

Malgré tout le charme des analyses uchroniques, l’hypothèse d’une irruption accidentelle du poète dans le champ d’une camera ne résiste pas longtemps à l’analyse paisible.

En 1861, la pratique du collodion est ardue et nécessite la patience de tous les intervenants, ce qui a engendré tant de physionomies sévères sur les portraits du Second Empire.

Ensuite la silhouette surgissante est hors du champ de netteté dont la profondeur à l’époque ne dépasse pas de quelques dizaines de centimètres la tête du modèle assis.

Encore plus troublant, il n’aurait simplement pas pu surgir dans le portrait car ce portrait central de la séance est dans le cadre d’un autre appareil, à la gauche de notre perception, faisant face à la toile, au modèle assis et à son chapeau.

Une remarque essentielle est apparue sur le blog de culture visuelle :

reponse de francois chevret

C’est dans bien plus qu’une photographie accidentelle que le poète à fait irruption.

Le numéro 2 de Nicéphore, cahier de photographies, a été consacré à ce double portrait.

 

Une video a été réalisée à Bogotá :

21.02.2014 Préparation du prochain numéro de Nicéphore, cahier de photographies

Consacré au poème Le Rêve d’un Curieux de Charles Baudelaire, il sera publié en français, des traductions anglaise et espagnole seront mises en ligne.

Il sera envoyé à tous les abonnés.

The Dream of a Curious Man

To F.N. (Felix Nadar)

Do you know as I do, delectable suffering?
And do you have them say of you: « O! the strange man! »
— I was going to die. In my soul, full of love,
A peculiar illness; desire mixed with horror,

Anguish and bright hopes; without internal strife.
The more the fatal hour-glass continued to flow,
The fiercer and more delightful grew my torture;
My heart was being torn from this familiar world.

I was like a child eager for the play,
Hating the curtain as one hates an obstacle…
Finally the cold truth revealed itself:

I had died and was not surprised; the awful dawn
Enveloped me. — What! is that all there is to it?
The curtain had risen and I was still waiting.

Translated by William Aggeler, The Flowers of Evil (Fresno, CA: Academy Library Guild, 1954)

Curieux

07.01.0002 Deux Alphonse(s) de Launay

Nous remercions les lecteurs qui ont insisté pour rétablir les diverses activités à chacun des deux contemporains portant le même nom.

C’est  le vicomte Alphonse-Henri Henryet de Launay (1822-1891), ami de Charles Bataille,  auteur de nombreuses pièces de théâtre, le « Capitaine de Launay » comme le moque Maxime Rude dans les « Confidences d’un journaliste », qui est le directeur de la revue Le Boulevard du 1er décembre 1861 à juin 1863, locaux communs avec l’atelier d’Étienne Carjat, 56 rue Laffitte. Cette revue de Carjat est le principal moyen de publication de Charles Baudelaire, poèmes, poèmes en prose, articles de critique.

Le photographe Alphonse de Launay, parfois orthographié Delaunay, de cinq ans son cadet est né le 15 octobre 1827 à Rouen, décédé en 1906. Son père, Pierre Alphonse de Launay, était courtier maritime, décédé en 1842 et sa mère, Zélie Esther Pothée, était décédée en 1830 quand il n’a pas trois ans.

01.2 Lapin Alphonse de Launay

Avocat de formation, il se consacre jeune aux arts et aux voyages, le premier en Espagne en 1851.

Continuer la lecture de « 07.01.0002 Deux Alphonse(s) de Launay »

16.12.0001 Un article du New Yorker précise les limites et les dangers de méprise des résultats d’analyses au carbone 14, rayons-X et autres technologies coûteuses.

The New Yorker. Sidereus Nuncius 1213

Dans un remarquable article A Very Rare Book, le journaliste d’investigation Nicholas Schmidle décrit une ténébreuse affaire de livres d’aspect anciens, imprimés sur des papiers anciens à l’aide de clichés photopolymères, et enrichis de signatures et de dessins oxydés et patinés dans une vapeur acide bien dosée dans un four de cuisinière.

Mais l’un des aspect les plus passionnants de l’enquête concernent les arguments d’autorité employés par des experts équipés d’outils technologiques aux noms impressionnants et qui finissent par ressembler aux médecins de Molière se penchant sur le bon sens et la jugeote qui ne sont malades que dans l’imagination des dupes.

Bref, un article décisif pour appréhender l’utilité de l’enseignement de la bibliographie matérielle et de l’importance de faciliter l’accès physique aux documents originaux, livres, dessins, photographies.

Fluorescence

Exhilarating Exercise

 

Site du magazine The New Yorker :

http://www.newyorker.com/reporting/2013/12/16/131216fa_fact_schmidle

05.12.0001 Le Portrait de M. Arnauldet ou Le Rêve d’un Curieux ?

Cette première exposition des Studios Robespierre, sous la forme d’une enquête mise en scène, a été inaugurée le jeudi soir 05 décembre 2013, voir l’article dédié à la soirée :   « Le monde allait finir … à moins qu’une image… »

Tous les lecteurs sont invités à envoyer leurs remarques, suggestions et corrrections  par courrier électronique à studios @ robespierre. fr.

Arnauldet et son ami

Le Portrait de M. Arnauldet ou Le Rêve d’un Curieux ?

Connais-tu, comme moi, la douleur savoureuse
Et de toi fais-tu dire: « Oh! l’homme singulier! »
— J’allais mourir. C’était dans mon âme amoureuse
Désir mêlé d’horreur, un mal particulier;

Angoisse et vif espoir, sans humeur factieuse.
Plus allait se vidant le fatal sablier,
Plus ma torture était âpre et délicieuse;
Tout mon coeur s’arrachait au monde familier.

J’étais comme l’enfant avide du spectacle,
Haïssant le rideau comme on hait un obstacle…
Enfin la vérité froide se révéla:

J’étais mort sans surprise, et la terrible aurore
M’enveloppait. — Eh quoi! n’est-ce donc que cela?
La toile était levée et j’attendais encore.

Un premier article de Jérôme Dupuis a paru dans l’Express  le mercredi 20 novembre : « Photographie inédite: un air de Baudelaire »

Cet air de Baudelaire méritait une enquête.  Qui était ce Mr Arnauldet au premier plan ?

Présentation de la méthode de recherche adoptée et des indices relevés :

The Dream of a Curious Man
To F.N.
Do you know as I do, delectable suffering?
And do you have them say of you: « O! the strange man! »
— I was going to die. In my soul, full of love,
A peculiar illness; desire mixed with horror,
Anguish and bright hopes; without internal strife.
The more the fatal hour-glass continued to flow,
The fiercer and more delightful grew my torture;
My heart was being torn from this familiar world.
I was like a child eager for the play,
Hating the curtain as one hates an obstacle…
Finally the cold truth revealed itself:
I had died and was not surprised; the awful dawn
Enveloped me. — What! is that all there is to it?
The curtain had risen and I was still waiting.

— William Aggeler, The Flowers of Evil (Fresno, CA: Academy Library Guild, 1954)

English translation online : Flowers of Evil

05.01.0001 Si la silhouette présente un « air de Baudelaire », à quel portrait de Baudelaire doit-on la comparer ?

  • On connait 14 portraits photographiques du poète correspondant à 7 passages devant une chambre dans un studio photographique. Les voici dans un ordre chronologique possible selon les éléments de datation recueillis.

Exposition baudelaire 1

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