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21.09.2012 Histoire de daguerréotype, l’identification de Gustave Le Gray

Autoportrait Le Gray pour site

Son identité résista aux premiers regards.

Mais d’emblée, cette attitude de défi délibéré provoqua débat. Dans les échanges qui suivirent entre les historiens, les conservateurs et les collectionneurs, trois noms ont été tout naturellement évoqués pour la ressemblance des reproductions numérisées de leurs portraits avec l’aspect général et l’attitude du jeune homme accoudé sur la chambre daguerrienne (Ambroise Thomas, Gustave Le Gray, Henri Le Secq).

On remarque le stratagème de l’artiste déterminé qui, pour rester immobile suffisamment longtemps, cale sa tête sur sa main, le coude étant bien solidement posé sur la chambre daguerrienne.

Le lieu de cet atelier a été établi : le balcon d’Auguste Mestral au cinquième étage du 48 de la rue Vivienne.

La date, d’abord estimée vers 1848 à une année près, a pu être précisée par plusieurs faits établis : Auguste Mestral ne peut déménager rue Vivienne que quelques jours ou semaines après son héritage du 15 mars 1848. en tant qu’ancien greffier, on peut supposer que l’adresse de résidence qu’il a fourni à son confrère notaire ce jour-là est valide.

Mlle Marguerite Palais apparaît en grand deuil lors de la réalisation de la plaque n° 5, condition qu’elle aura nécessairement abandonnée avant les préparatifs de son mariage, le 11 juillet 1848 à Montmirail avec Henri Le Secq. Les portraits peuvent être datés vers avril, mai ou juin 1848.

Parmi les trois noms, deux ne résistèrent pas longtemps à l’analyse et à la confrontation des originaux, Ambroise Thomas était bien trop âgé et fort peu photographe, quant à l’ami Le Secq, on connaît son apparence photographique de cette année-là, en particulier grâce à un daguerréotype réalisé par Le Gray pour son mariage en juillet 1848.

Comparaison Le Gray

Comparaison Le Gray 2

Comparaison Le Gray 3

Comparaison Le Gray 4

Comparaison de la plaque avec le portrait de Gustave Le Gray peint sur bois par son ami Henri Le Secq à Rome en 1844. On remarque que le peintre complice ne cherche pas à atténuer le prognatisme de son modèle grignard.

Quant aux deux sourcils : du gauche nous ne voyons que la moitié, et du droit qu’une ligne étirée par la main de l’artiste qui, souhaitant rester bien immobile sans en avoir l’air, tire sur sa pommette et sa tempe droite.

Comparaison avec le portrait de Gustave Le Gray réalisé avec l’aide de son ami Le Secq lors de l’une des premières séances du procédé au négatif papier ciré, vers le samedi 10 juin 1848. Une épreuve figurant dans l’album Le Secq a été reproduite par Eugenia Parry Janis. Moutrille a raconté comment l’invention du procédé à la cire fut rencontré pendant une séance de daguerréotype. Les dates correspondent : mai-juin 1848.

La forme générale du visage est la même mais le nez semble plus long, à cause de la tête inclinée dans une attitude vers le bas. Quand quelqu’un baisse la tête, son nez s’allonge.
Comparaison Le Gray 5

Il existe au moins dix portraits et autoportraits de Gustave Le Gray, reproduits dans l’ouvrage d’Eugenia Parry Janis, dans le catalogue de la BnF publié sous la direction de Sylvie Aubenas, ou accessible sur le site internet du Metropolitan Museum of Art, New York.

Comparaison Le Gray 8 Comparaison Le Gray 7 Comparaison Le Gray 6

 
Comparaison Le Gray 9 Comparaison Le Gray 10

Le Gray volant

En cliquant sur l’image ou sur ce lien, on accède à une animation créée pour le site www.nicephore.com

Lyes Hammadouche a également entrepris une patiente reconstruction d’un buste du photographe, d’abord sous forme numérique, destinée à être imprimé en 3D

Hammadouche hommage 3D

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