21.05.1998 La SFP revient sur une affaire vieille de quinze ans : les épreuves frauduleuses de Man Ray

« Révélé par une enquête du magazine Photo, le scandale des faux Man Ray achetés par Werner Bokelberg défraie la chronique. Face à l’inquiétude des collectionneurs et des marchands, petit rappel des règles du jeu qu’impose le marché de la photographie.

Comme les mouettes dans le sillage d’un paquebot, en matière de commerce, qu’il s’agisse d’oeuvres d’art ou d’objets manufacturés, l’apparition de faux et de contrefaçons forme l’accompagnement inséparable d’un certain état de maturité du marché et constitue, qu’on le veuille ou non, l’un des symptômes les plus flagrants de sa vitalité. C’est pourquoi, par ce qui n’est qu’apparemment un paradoxe, on pourra se réjouir de ce que le magazine Photo appelle « le premier grand scandale de faux de l’histoire de la photographie* » »

Lire la suite de l’article d’André Gunthert, Marché : la Morale de Man Ray

Les collectionneurs et les conservateurs américains se sont beaucoup alarmés de l’absence d’enquête menée de ce côté-ci de l’Atlantique :

« A long-running art forgery operation, which produced high-quality « vintage » Man Ray photographs, has been uncovered by the German photographer and collector Werner Bokelberg. The fakes include Man Ray’s most famous images from the 1920s and ’30s, including La Marquise Casati (1922), Noire et blanche (1926) and Larmes (1930-33). Bokelberg, who has assembled a large collection of 19th- and early 20th-century photographs and began collecting Man Ray in the 1970s, became suspicious at the increasing availability of such an unusually large selection of classic, and rare, Man Ray images. « It was too good to be true, » he told ArtNet. « I could have any picture I wanted. »

The source of this bounty was a engaging rogue known as Benjamin « Jimmy » Walter, a saxophone player who frequented various Paris nightclubs. « In retrospect, he looked and behaved like a gangster from central casting, » said Bokelberg, who added that Walter could be very convincing. « ‘My word of honor,’ he would say, ‘I swear on the grave of my father’. »

Lire la suite de l’article de Walter Robinson: Man Ray Forgeries Exposed

Deuxième acte de l’affaire : une conséquence directe des inquiétudes des collectionneurs fut la création d’un faux tampon Man Ray rue Campagne Première, utilisé par quelques experts et galeristes, et porté aux versos d’épreuves de toutes les catégories, épreuves anciennes, tardives ou même posthumes.

Fake man ray stamp

Quant au point de départ de toute l’affaire, on le situe précisement un vendredi 2 juillet 1982, date d’une vente aux enchères dont le catalogue est introuvable. Certaines  épreuves posthumes étaient signées, Bokelberg acheta « La Prière » :

Vente Man Ray Levy 1983.1

Vente Man Ray Levy 1983.2

Vente Man Ray Levy 1983.3

Vente Man Ray Levy 1983.4

Vente Man Ray Levy 1983.5

Vente Man Ray Levy 1983.6

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