17.07.2016 Réouverture de la Promenade des Anglais, quelques images du XIXe siècle avec une petite histoire des Anglais et des Russes à Nice

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Vues pittoresques des Alpes Maritimes, Vues en miniature chez l’anglais Sinnett, 10 passage Colbert, 1868

160x220 mm. Nice la tour Bellanda et l'Hotel Suisse. C'est à la roue Bellanda que Berlioz composa "le roi lear"

 

Charles Négre. Tour Bellanda et Hotel Suisse, Nice, vers 1863, Épreuve albuminée, 160×220 mm, annotée au verso : « Nice la tour Bellanda et l’Hotel Suisse. C’est à la tour Bellanda que Berlioz composa « le roi Lear » (1831).

 

 

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Promenade des Ponchettes : « Cette promenade date  de plusieurs époques. Commencée  en 1750, elle ne fut achevée qu’en 1780. Du côté de la mer, d’ignobles réduits  qui affligeaient le regard ont été remplacés par une seconde terrasse parallèle à la première à laquelle elle se rattache aux deux extrémités. Quand elle sera terminée, il en résultera un ensemble de promenades admirables. Un quai qu’on a le projet de construire en dehors sur le terrain  enlevé au rivage de la mer, liera la route du port avec le quai qui forme à l’ouest  la construction de la terrasse. Ce quai communiquera  encore avec le Cours au moyen d’un portique qui s’ouvrira  au bas de l’escalier ou perron en marbre dont nous parlerons ci-après et par lequel on monte aussi à la promenade. Cette promenade de la terrasse  forme une espèce de bastion, éloigné du bord de mer d’une distance de  de 50 à 100 pas. Sa hauteur est  celle d’un premier étage ordinaire. Sa largeur, de 10 à 12 pas, sa longueur d’environ 750. Légèrement inclinée  vars la mer, unie par un ciment qui la recouvre entièrement, on peut s’y promener à pied  dès que la pluie  a cessé. De solides  parapets la bordent latéralement » (Louis Roubaudi, Nice et ses environs, 1843)

 

Tour Bellanda et Hotel suisse aujourd'hui

Vue actuelle de la tour Bellanda en juillet 2016

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Le Château de l’Anglais est situé sur les pentes rocheuses au sud-est du Mont-Boron. Sa construction débute en 1856, date de l’achat d’un terrain de 22 000 m2, par Robert Smith (1787-1873), colonel du génie anglais en Inde. Il est construit en trois ans et son architecture éclectique s’inspire des constructions néo-mogholes. Les merlons sont inspirés du Fort-Rouge de Delhi que le colonel Smith avait restauré. Le domaine descend sans interruption jusqu’à la mer et comprend de nombreuses fabriques (tours, belvédères, kiosques, escaliers…), toutes dans le même style exotique fantaisiste.

En 1861, Émile Négrin évoque « un quelque chose, cauchemar des architectes classiques »,

en 1877, Mayrargue parle « d’une admirable villa où tout ce que l’imagination peut rêver de plus extraordinaire y a été assemblé avec un art exquis »

et Stephen Liegeard le juge comme « une bâtisse qui n’est ni un château, ni un palais, ni une tour, ni un bastion, ni une villa, ni une pièce montée, ni un gâteau de Savoie, ni rien qui ait un nom dans aucune langue ».

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Suite à la guerre de Crimée, le traité de Paris (30 mars 1856) déclare la neutralité de la mer Noire et interdit à la flotte russe de la mer Noire de franchir le détroit des Dardanelles lui interdisant d’entrer en Méditerranée. Pour détourner cette interdiction et permettre à la flotte russe basée à Kronstadt de naviguer en Méditerranée il lui fallait une base de ravitaillement. Un accord pour l’utilisation par la flotte russe des installations de Villefranche est passé entre le tsar et le roi de Sardaigne à partir du printemps 1857 malgré les protestations de l’Angleterre. Cette installation militaire va profiter à la connaissance de Nice par l’aristocratie russe.

L’annexion du comté de Nice par la France, en 1860, n’a pas modifié ces accords d’utilisation des installations de Villefranche par la flotte russe jusqu’à la Révolution d’Octobre.

 

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Pour discuter d’un rapprochement entre la France et la Russie, le tsar Alexandre II arrive à Villefranche, le 21 octobre 1864 avec son épouse Maria Alexandrovna. Le tsar et Napoléon III qui, pour l’occasion, a utilisé le nouveau tronçon de ligne de chemin de fer qui venait de s’ouvrir jusqu’à Nice, se rencontrent à la villa Peillon de Nice, le 28 octobre 1864.

Le tsarévitch Nicolas Alexandrovitch fort malade depuis deux ans arrive à Nice pour retrouver ses parents le 13 novembre 1864. Puis il part faire un voyage en Italie à la fin du mois, mais sa maladie se développe, l’obligeant à revenir à Nice où séjourne la famille impériale russe. Les médecins finirent par admettre qu’il était atteint de tuberculose osseuse touchant les vertèbres (Mal de Pott) dont il décèdera le 24 avril 1865 à la villa Bermond. Le tsar Alexandre II décide de construire un monument commémoratif à l’endroit où est mort son fils aîné. Il achète la propriété Bermond. La maison Bermond est démolie pour construire la chapelle à l’emplacement de la chambre du tsarévitch.

La première pierre de la chapelle est posée le 2 mars 1867. L’inauguration de la chapelle a lieu le 25 mars 1868 en présence du grand-duc Alexandre.

 

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About the publisher of the litographs : Frederick Sinnett, proprietor of the British Repository of Arts in the passage Colbert, a well-informed and respectable Englishman, for many years a resident of France, and always ready with great politeness to give strangers the benefit of his local knowledge.

FREDERICK SINNETT, 10, ROTONDE, PASSAGE COLBERT.

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