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17.04.0001 Photographies du Monde Entier (3e vente)

Catalogue, état B.

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Pour reprendre la discussion sur le portrait qui illustre la couverture du catalogue, un article entier est consacré et mis à jour : 15.04.0001

Commissaire-priseur : Me Alexandre Giquello. Catalogue réalisé par François Cam-Drouhin et Gérôme Saint-Germain, qui ont suivi les principes de catalogage de Céros, spécialement établis pour décrire des épreuves photographiques positives, des objets matériels avec leur histoire et leurs stigmates.

En particulier, une taxonomie susceptible d’organiser toute collection générale de photographies, en 9 périodes et 19 grandes zones géopolitiques. Les temps peuvent fluctuer légèrement selon les continents, où les guerres, même mondiales, ne commencent et ne finissent pas toujours le même jour. Les frontières politiques ont, elles, bien souvent évolué selon les périodes.

La convention fondamentale concerne la datation, l’époque donnée pour chaque photographie est celle de l’épreuve positive, et du premier usage de celle-ci.
À la suite du titre, la troisième ligne renseigne le lieu et la date du tirage, éléments essentiels de fixation de la valeur par les collection- neurs. Les dimensions des épreuves sont données en mm, la hauteur précédent la largeur. Elles sont prises aux limites extrêmes du papier ou de la plaque.

Un glossaire précède le catalogue :

Daguerréotype, les premiers photographes fixaient les images sur des plaques de cuivre argentées présentant le même aspect que les miroirs d’argent connus des anciens. On aperçoit notre reflet avant de trouver le bon angle pour distinguer l’image photographique.

Ambrotype, l’image fixée sur le verre n’est ni tout à fait négative ni tout à fait positive. La présence d’un tissu, d’un enduit ou d’un papier noir permet de restituer une image lisible et contrastée.

Ferrotype, cette version très économique des images sur métal a connu son plus grand succès en Amérique. Les clients pouvaient obtenir une image unique, sur place, en quelques minutes. La plupart des praticiens étaient souvent ambulants ou forains.

Calotype, le terme calotype, inventé par Talbot pour désigner son nouveau procédé est de plus en plus utilisé aujourd’hui pour qualifier les techniques du négatif papier des premiers temps, même lorsqu’elles ne sont pas fidèles à la méthode décrite par Talbot. Par extension, on utilise le mot calotype pour renvoyer aux épreuves positives sur papier salé réalisées par les artistes eux-mêmes à partir de ces négatifs. Nous choisirons d’employer l’appelation salé pour décrire les épreuves positives afin de les distinguer de leur matrice.

Salé, les premiers photographes sur papier préparaient leur feuille en l’humidifiant et en la trempant dans de l’eau salée, eau de mer ou sel de cuisine, avant de soumettre le papier à la dilution de sels d’argent. Il leur restait après ces manipulations un goût caractéristique sur le bout des doigts.

Collodion, les recherches pour remplacer le papier par le verre comme support des images négatives se sont heurtées immédiatement au problème de l’adhérence. L’albumine extraite du blanc d’œuf a permis de 1847 à 1852 la préparation de négatifs sur plaques de verre mais qui ne résistaient pas au temps, l’émulsion s’écaillant très vite. On ne connaît à ce jour aucun négatif verre à l’albumine. Des équipes françaises et anglaises ont trouvé et développé l’idée du collodion, un adhésif puissant et peu dégradable qui supplanta immédiatement l’albumine sur verre.

Plaques pour lanterne magique, images photographiques positives fixées sur le verre par le collodion et rehaussées manuellement de couleurs vives.
Cliché-verre, au début des années 1850, Delacroix, Corot et plusieurs peintres ont gravé à la pointe des motifs sur un verre recouvert d’une couche opaque comme le noir de fumée, afin de créer des images désignées clichés- glaces ou clichés-verres. Les épreuves sont ensuite tirées par les artistes le plus souvent sur papier salé, rarement sur papier albuminé. L’œuvre créée possède ainsi une double nature, à la fois dessin et photographie.

Albumine, l’usage du blanc d’œuf a permis de déplacer l’image de l’épaisseur du papier à sa surface. La photographie n’est plus contenue dans les fibres mais dans la fine couche qui les recouvre. Il convient de différencier parmi les épreuves albuminées celles de la première époque sur papier salé-albuminé dont l’émulsion comporte une quantité plus ou moins élevée d’albumine mais dont l’image est encore dans toute l’épaisseur du papier, à l’instar des épreuves salées ayant subi un vernis protecteur. Après la guerre des Duchés et l’annexion par la Prusse de la province méridionale Schslewig-Holstein, les paysans de cette région se sont spécialisés dans l’élevage de poules afin de fournir l’industrie photographique naissante, consommatrice uniquement des blancs d’œufs. Les jaunes ont alors amélioré en protéines les recettes de biscuits pour marins.

Charbon, les papiers au charbon sont quasiment inaltérables et traversent le temps sans dommage. Tandis que dans les collections et les albums certaines épreuves récentes se dégradent, les charbons anciens restent pérennes et surprennent par leurs sombres tonalités.

Citrate, Aristotype, à partir des années 1880, l’usage photographique s’est beaucoup démocratisé. Les embarras liés à l’utilisation de produits chimiques dangereux et nauséabonds étant dorénavant confinés dans des laboratoires spécialisés, les amateurs pouvant se procurer dans le commerce des papiers préparés au citrate d’argent également dénommés aristotypes ou papiers à développement direct.

Argentique, les citrates ont disparu à la fin du XIXe siècle avec l’amélioration des papiers au gélatino-bromure d’argent et gélatino-chlorure d’argent. La gélatine, sur verre ou sur film souple et prête à l’emploi, est toujours d’origine animale. Il s’agit principalement d’os de vaches bouillis, et la grande usine Kodak de Dunkerque recevait des bateaux entiers de vaches sacrées que l’administrateur anglais des Indes évacuait vers la photographie.

Gomme bichromatée, à la suite des artistes viennois et anglais du premier pictorialisme, de nombreux artistes ont recherché à intervenir de manière artistique sur des tirages photographiques, amplifiant les ombres, les clairs- obscurs, les effets de drapé, utilisant des pinceaux, brosses et spatules, pour déplacer les pigments en suspension dans une gomme maléable avant d’avoir séché en durcissant à la lumière. Malgré la réaction violente des avant- gardes, l’école pictorialiste s’est maintenue jusqu’à la Seconde Guerre Mondiale.

Platine, métal plus précieux que l’argent ou que l’or, mais moins que le palladium.

Autochrome, le triomphe photographique de la pomme de terre. Les pigments des trois couleurs élémentaires sont véhiculés par de minuscules fécules de pomme de terre facilement mélangeables.

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