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09.07.2014 Présentation du second numéro de Nicéphore, cahier de Photographies : Mercredi 9 juillet, soirée Baudelaire avec Jean-Paul Avice

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« Très-jeunes, mes yeux remplis d’images peintes ou gravées n’avaient jamais pu se rassasier, et je crois que les mondes pourraient finir, impavidum ferient, avant que je devienne iconoclaste … » (Charles Baudelaire, Salon de 1859).

Mercredi 9 juillet à 18 heures, nous vous invitons à une rencontre avec Jean-Paul Avice dans la galerie éphémère de Rhinocéros & Cie, 156 Boulevard Haussmann, Paris VIIIe.

Une image anonyme surgit tout-à-coup au milieu d’un vide-grenier par un matin pluvieux d’octobre 2013. Un indice ténu, une inscription, une marque motiva une enquête sur l’identité des personnages présents sur cette photographie.

Lors de la présentation publique des premiers résultats qui nous avait fait revenir à Charles Baudelaire, un diseur de poèmes récita «Le Rêve d’un curieux» puis crut bon d’évoquer le récit en rêve «L’Artiste du dernier jour». Dans ce poème, Yves Bonnefoy s’inquiète de la multiplication des photographies qui selon lui dévastent le monde. Il semble attendre pourtant le salut d’une seule image, «lavée de sa différence d’image», et qui pourrait être une photographie prise par accident. Notre conteur rapprocha alors ce récit d’un poème du même auteur, Hopkins Forest, où c’est soudain «une grande photographie de Baudelaire» qui, dans un lieu de hasard et une atmosphère de fin du monde, semble promettre ce salut.

Et voici qu’une simple photographie revient aujourd’hui dans une rare occasion, soutenir la reine des facultés : l’imagination.
Notre société tout entière est préoccupée du démantèlement de l’ordre esthétique qui a prévalu depuis la Renaissance mais s’effondre sous une myriade de selfies, d’images de tout et de rien. Le débat entamé il y a cent cinquante ans par Charles Baudelaire et Félix Nadar entre poésie et photographie, entre image inanimée et imagination, reste ou redevient d’une brûlante actualité.

Superposer, comme l’a fait l’éditeur à l’ouverture de ce Cahier, l’avant-dernier poème des Fleurs du Mal, «Le Rêve d’un curieux» qui figure dans la section «La Mort», et oppose la mort en image à la vie qui se poursuit hors d’elle, et une étonnante photographie où un personnage est assis, figé dans l’immobilité d’une pose devant un rideau, quand, derrière lui, saisi par surprise, surgit le fantôme d’un autre qui ressemble tant à Baudelaire qu’il ne peut être que lui, c’est décider que cette photographie est comme la mise en scène de ce poème. (JPA)

La photographie de Carjat est en ceci étonnante qu’elle est à la limite de l’instantané, conception presque inédite alors ; cette photographie semble capter l’imprévu dans lequel se glisse l’image saisie d’un Baudelaire curieux. C’est une image qui échappe aux canons esthétiques théorisés par Baudelaire – si moderne fut-il – car elle anticipe une photographie captant le transitoire, le fugitif et le contingent sans chercher à usurper les qualités de l’art. Baudelaire n’est pas passé à côté de la modernité photographique, il l’incarne ici. (PLR)

​Le poète luttant contre le péril qui lui est le plus intime, celui de voir sa passion iconophile virer en idolâtrie, et de sentir sa vocation de poète se perdre en ensorcellements fantasmatiques, invente avec la figure de Mademoiselle Bistouri le moyen de résister à l’empire des idoles, à la destruction de la vie par les objectivismes, à l’absolutisation technologique des apparences. Mais cette résistance on ne peut plus précaire10, exposée et terriblement fragile, n’est que la plus faible qu’il puisse maintenir, celle d’une prière tout de même, quoique sans confession ni croyance assurée, à la fin de sa vie dans un petit poème en prose.​ (JT)

Accés à l’ouvrage en pdf : NICEPHORE BAUDELAIRE BON 0514_Mise en page 1

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