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02.05.2014 « Mézigue garantit les impressionnisses » ou Le Cri du Peuple du 07 septembre 1887 :

Le Cri

l’appel lancé dans le Cri du peuple


Le 3 septembre, Antoine inaugure le siège social de son Théâtre Libre, au 96 de la rue Blanche, local promis dans la brochure bleue, et découvert par E. Paz. Le jour-même ou le lendemain, André Antoine écrit à Paul Alexis, journaliste au Cri du Peuple, journal révolutionnaire qui reparaît depuis 1883 et est dirigé par Séverine depuis la disparition de Jules Vallès :

“Mon cher Trublot

J’ai soixante ou quatre-vingt mètres carrés de murailles à décorer dans la salle de répétitions. J’ai songé aussi aux autres jeunes, ceux qui peignent ou sculptent des merveilles quelquefois et les gardent dans leurs greniers. Voulez-vous leur adresser un appel dans votre Cri ?

Chez moi, ils viendront accrocher la toile faite, et comme je vais avoir un va-et-vient de gens chics, ce sera une exposition très modeste, mais peut-être utile. Songez que j’ai sur ma liste d’abonnement déjà des princes et des millionnaires. Il suffira qu’un bout de toile leur tape dans l’œil pour qu’ils l’achètent. Les artistes enlèveront cela quand ça leur plaira.
N’est-ce pas que l’idée est bonne ? Et qu’elle sera peut-être utile pour tout le monde ? Pas besoin de cadres, je veux garder, à ce siège social du Théâtre-Libre, un caractère purement artistique et pas du tout bourgeois. — On y fera des choses d’art de toutes les manières. — Que ces jeunes gens se mettent en rapport avec moi, un bout de lettre, 42 rue de Dunkerque (1) n’est-ce pas ?
Merci et bien votre, A. Antoine”

Alexis reproduisit cet appel d’Antoine dans le numéro daté du 7 septembre 1887 accompagné de son approbation efficace et rédigée dans le style si caractéristique du journal :

« Mais c’est pas l’tout d’avoir un local, s’agit aussi d’le décorer chiquement… »

”V’là qu’est fait mon fiston. Et v’là un gas d’attaque, c’t Antoine, et qui mérite d’réussir., et qui réussira, j’y prédis. Des idées géniales, un esprit d’organisation extraordinaire et une volonté, n’vous dis qu’ça. Vous vous doutez pas que d’puis un an qu’le Théâtre Libre est en fondation — son secrétaire — a écrit quelqu’chose comme 1.500 babillardes.
Oui, les peintres — et les sculpteurs aussi — n’manqueront point d’venir embellir l’siège d’notr’ Théâtre-Libre. Mézigue garantit les impressionnisses”.

Bureau detail de l'article

Cf Francis Pruner, Les luttes d’Antoine: au Théâtre libre, M. J. Minard, 1964.

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