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03.04.2014 Est-ce vraiment un fait divers ? Est-ce le signal de la fin des collections licites d’objets anciens ?

Le FBI a saisi plusieurs milliers d’objets d’art d’une valeur inestimable dans la maison d’un homme de 91 ans, dans la campagne de l’Indiana. Les collectionneurs tremblent. Les directeurs de musées aussi.

Faudra-t-il retenir le nom de Donald Miller comme celui du dernier collectionneur du XXe siècle ? ou du premier délinquant du XXIe siècle par accumulation inappropriée d’objets anciens authentiques ?

Tout est Factice (Vue d’une épreuve ancienne de Robert Doisneau, dont la collection et la possession privée restent autorisées).

F.B.I. agents were removing thousands of artifacts on Thursday from a house in rural central Indiana, ranging from arrowheads to shrunken heads and Ming Dynasty jade. Donald Miller, 91, amassed the collection over at least several decades. People who had toured his Rush County home described it as a homemade museum with items including fossils, Civil War memorabilia and what the owner claimed to be a chunk of concrete from Adolf Hitler’s bunker. Agents of the F.B.I.’s art crime team would not say whether they believed Mr. Miller had knowingly broken laws. The F.B.I.’s aim is to catalog the artifacts and return them to their countries of origin. (NYT)

FBI

Shrunken heads, other artifacts found during FBI raid on Indiana home.

Investigators say the 91-year-old traveler may have knowingly or unknowingly improperly amassed a collection of « immeasurable » cultural significance. (CBS News)

The FBI raided the home of a 91-year-old artifact collector in Indiana on Wednesday who is suspected of violating treaties and federal laws while amassing his extensive collection over a lifetime, CBS News reports.

After an FBI investigation determined that Donald Miller may have knowingly or unknowingly improperly collected artifacts, archaeologists and other experts joined authorities to begin parsing through the collection—which includes Native American items, and objects from at least nine other countries including China, Russia, Italy and Greece—and identifying which artifacts, if any, must be repatriated.

On Wednesday, an FBI mobile command vehicle and several tents were set up outside Miller’s home southeast of Indianapolis.

Special Agent in Charge Robert Jones told CBS that while the monetary value of the collection is still unclear, the “cultural value of these artifacts is immeasurable.”

Miller, who has not been charged with a crime, says he has rightful ownership of the items and is cooperating with the FBI. “I have been in 200 countries collecting artifacts,” he said according to CBS.

A 91-year-old man amassed the vast collection over several decades, perhaps since he began digging up arrowheads as a child.

People who had toured Donald Miller’s home years before the FBI’s arrival Wednesday described it as a homemade museum containing diverse items including fossils, Civil War memorabilia and what the owner claimed to be a chunk of concrete from the bunker in which Adolf Hitler committed suicide toward the end of World War II.

« It was just like a big chunk of cement from when they demolished it or whatever, » said Joe Runnebohm, whose plumbing business did work in one of Miller’s houses several years ago.

Agents of the FBI’s art crime team began loading trucks with artifacts that Donald Miller acquired over the decades from sites as varied as China, Russia and Papua New Guinea. However, the FBI was careful not to say whether they believed Miller had knowingly broken any laws. The FBI’s aim is to catalog the artifacts and return them to their countries of origin.

The laws regarding the removal or collection of cultural artifacts are extremely complex. State, federal and international laws are involved, Patty Gerstenblith, a professor of law at DePaul University in Chicago. Much depends on whether objects are considered stolen or were imported with a license, and international treaties dating back as far as 1987 come into play. The United States has various agreements with 15 countries that prohibit importation of items that were illegally acquired, she said, and some nations such as Egypt forbid the export of any cultural objects that were dug from the ground.

It wasn’t immediately clear how Miller acquired some of the items, but those who know him said he had been collecting since childhood.

« He’s been digging, I’m sure, since he was old enough to dig, » said Andi Essex, whose business repaired water damage in Miller’s basement a few years ago. None of the artifacts was damaged, she said.

Miller made no secret of his collection, those who know him said. He took schoolchildren on tours of his amateur museum, which even contained human remains, they said. A 150-foot underground tunnel linking two homes on Miller’s property in a rural Indiana area whose largest city has a population of about 6,000 people, was adorned with a 60-foot, 4-foot-wide anaconda snakeskin, Runnebohm said. Carefully labeled glass showcases boasted hundreds of Native American arrowheads, along with human skulls – including one with an arrowhead stuck in it. Upstairs was a pipe organ that Miller played for visitors.

« He never tried to hide anything, » Runnebohm said. « Everything he had he was real proud of, and he knew what everything was. »

Retour des objets

Etats-Unis : le FBI saisit le trésor de l’Indiana Jones de 91 ans Le FBI a saisi plusieurs milliers d’objets d’art d’une valeur inestimable dans la maison d’un homme de 91 ans, dans la campagne de l’Indiana.
Géraldine Woesner | Publié par le Parisien, le 06.04.2014, 12h04

Rushville (Etats-Unis), mercredi. Les camions sont chargés plusieurs fois par jour et une centaine d’enquêteurs épaulés par des archéologues sont à pied d’œuvre.

27 réactionsRéagir Depuis mardi, les champs paisibles de Rushville, au sud-est d’Indianapolis, vibrent sous le passage des camions. « C’est incroyable, nous en remplissons plusieurs par jour », confirme à notre journal l’agent spécial du FBI Wendy Osborne. Sarcophages égyptiens, statuettes aztèques, sculptures de jade de la dynastie Ming… « Mon préféré, raconte un voisin qui a plusieurs fois visité le musée, c’est le morceau du bunker dans lequel Adolf Hitler s’est suicidé.

» Les enquêteurs ont installé des tentes autour de la maison pour superviser le travail d’une centaine d’agents épaulés d’universitaires. Sur place, l’archéologue Larry Zimmerman s’avoue débordé : « C’est stupéfiant. Je n’avais jamais vu une collection pareille, excepté dans les plus grands musées. » Plusieurs milliers d’objets venant de Grèce, d’Italie, du Pérou, de Nouvelle-Guinée… accumulés par le docteur Donald Miller, véritable incarnation du légendaire Indiana Jones, à la fois collectionneur et aventurier.

Au début des années 1940, le jeune ingénieur rejoint l’armée américaine et fait partie pendant la guerre de l’équipe ultrasecrète qui mènera les premiers essais de bombe atomique. Après la capitulation, il met en place son propre collège au sein de l’armée avant de rejoindre l’Indiana, où il enseigne le reste de sa carrière, consacrant ses six semaines de congés par an à sa passion : l’archéologie. « Enfant, il creusait déjà le sol, raconte Rick Bolt, l’un de ses ex-collègues. C’est comme ça qu’il a trouvé sa première flèche amérindienne » dans ce comté rural, ancienne terre iroquoise.

Il faisait visiter son musée aux écoliers du coin

Pendant des décennies, le docteur Don Miller participe à des fouilles un peu partout dans des conditions souvent limites : interrogé par l’armée du Liban qui le soupçonne d’espionnage, ou encore emprisonné au Mexique… « Il participait aussi à des missions avec son Eglise. » En 2004, on le retrouve sur le chantier d’un orphelinat en Haïti. « C’est un homme passionnant, une pièce d’histoire lui-même », s’enthousiasment ses amis, surpris de l’intérêt que le FBI lui porte. En effet, le docteur Miller n’a jamais dissimulé son incroyable musée, qu’il faisait volontiers visiter aux écoliers du coin. « C’était sa grande fierté, confirme un voisin qui décrit l’antre magique. Dans le tunnel de 45 m reliant deux bâtiments sur la propriété, il y a un anaconda géant. » Derrière les innombrables vitrines, « tout est étiqueté, il sait parfaitement où chaque objet se trouve ».

Les enquêteurs eux-mêmes évoquent leur suspect avec un respect évident. « Le docteur Miller collabore avec nous depuis plusieurs mois, précise l’agent spécial Wendy Osborne, pour recenser les milliers d’objets disséminés dans sa propriété. Certains peuvent avoir été acquis illégalement », d’autres avant la signature de lois ou de traités internationaux interdisant leur possession. « Nous devons nous assurer qu’ils retournent dans leurs pays d’origine » ou aux communautés amérindiennes auxquelles ils appartiennent. Le docteur Miller a déjà vu partir nombre de ses trésors vers une destination secrète. Pour l’instant, aucune charge n’a été énoncée contre lui ; il se pourrait même qu’un jour, quand ses amulettes indiennes ou ses têtes aborigènes auront intégré un musée, certains le remercient. (Le Parisien)

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