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05.12.2015. Vient de paraître: Marc Durand, De l’image fixe à l’image animée (1820-1910). Documents du Minutier central des notaires de Paris relatifs à l’histoire des photographes et de la photographie

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Marc Durand, De l’image fixe à l’image animée (1820-1910). Documents du Minutier central des notaires de Paris relatifs à l’histoire des photographes et de la photographie, Paris, Publication des Archives nationales réalisée à partir du dépouillement sélectif de 5 109 actes.

Deux volumes à pagination continue, 1323 pages pour 7 Kgs, prix public : 80 euros plus frais de port et d’emballage (attention, la Poste française n’est pas bibliophile et nuit beaucoup à la survie des éditeurs !) expédiés vers la France : 100 euros, Europe : 120 euros, Amériques : 180 euros.

Cet ouvrage, ordonné comme un dictionnaire par noms de personnes, s’intéresse au monde de la photographie (photographes mais aussi autres métiers liés à cette activité) de la fin du XVIIIe siècle au début du XXe.

Cette publication est d’autant plus riche que Marc Durand a mené depuis 1998 son travail de recherche non seulement au sein du Minutier central mais aussi au sein d’autres fonds, conservés aux Archives nationales, aux Archives de Paris, ainsi qu’aux Archives départementales de nombreux départements.

Les notices biographiques et compléments de descriptions d’actes ne se trouvent que sur la version papier de l’ouvrage. En outre, les actes de moins de 120 ans ne seront pas mis en ligne (loi CNIL).

Mercredi 2 décembre 2015, Marc Durand dédicaçait les premiers exemplaires à l’issue de sa conférence au Musée de l’Orangerie. Son ouvrage a été une des sources documentaires utilisées par les trois conservateurs commissaires de l’exposition Qui a peur des femmes photographes ?.

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Voici quelques exemples de notices :

BOSSU dit MARVILLE, tome 1 page 134 ;
L’histoire la plus belle est celle de Charles Bossu dit Marville (voir analyse 585, testament) dans lequel il explique pourquoi il a vécu toute sa vie derrière ce pseudonyme de Marville page 136).

 

BOSSU dit MARVILLE (Charles François), artiste photographe.

Paris, 17 juillet 1813 – Paris (XIVe arr.), 1er juin 1879.

Fils de Pierre François Bossu et de Thérèse Marguerite Roguelin. Descendant d’une famille de tailleurs présente à Paris dès la seconde moitié du XVIIIe siècle, Charles Bossu reconnaît, dans son testament, avoir utilisé, durant plus de quarante ans, le pseudonyme de Marville. Peintre, graveur,

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585. ……………………………………………………………………………………

1879, 7 juin. Dépôt judiciaire du testament olographe de Charles François Bossu dit Charles Marville, fait à Paris le 19 avril 1879, à la suite de son décès survenu en son domicile, 75, boulevard Denfert-Rochereau, le 1er juin 1879.

Extrait : « Je déclare ici que le nom de Charles Marville est un pseudonyme que je porte depuis quarante-sept ans […] lorsque je rentrais dans les arts, j’éprouvais la crainte que la singularité de mon nom ne me cause les ennuis que j’avais éprouvés en classe, c’est pourquoi je pris, il y a quarante-sept ans, le pseudonyme de Charles Marville. »

LEPRINCE (Louis Aimé Augustin), tome 2 page 687 ;
Histoire également rocambolesque de l’inventeur d’un appareil de pré-cinéma. Il part aux Etats-Unis, mais il disparaît mystérieusement dans un train entre Dijon et Paris le 16 septembre 1890, cinq ans avant le premier cinématographe.

LEPRINCE (Louis Aimé Augustin), peintre.

Metz (Moselle), 28 ao.t 1841 – Disparu le 16 septembre 1890.

Fils de Louis Abraham Ambroise Leprince, militaire, et d’.lisabeth Marie Antoinette Boulabert. Il s’initie à la photographie auprès de Louis Daguerre, ami de son père, et étudie la peinture à Paris puis la chimie à Leipzig. En 1868, il part vivre en Angleterre à Leeds où il épouse Sarah Elisabeth Whitley, puis aux Etats-Unis en 1881, avant son retour à Leeds en 1886. Il fait des expériences sur la production de photographies mobiles et invente un appareil de pré-cinéma. Il disparaît mystérieusement dans un train entre Dijon et Paris le 16 septembre 1890.

Bibliographie : Aulas (Jean-Jacques) et Pfend (Jacques), « Louis Aimé Augustin Leprince, inventeur et artiste, précurseur du cinéma », dans 1895, revue de l’association française de recherche sur l’histoire du cinéma, n° 32, décembre 2000, p. 128-132.

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Extrait : « Aux termes de son testament olographe, quant à mon neveu Augustin Leprince, comme il a disparu depuis le mois de septembre 1890, et que toutes les recherches pour savoir ce qu’il est devenu sont restées infructueuses, voulant éviter à ses enfants les formalités de déclaration d’absence et ses conséquences en ce qui concerne mon héritage, je donne et lègue la part héréditaire à laquelle leur père aurait eu droit […] à sesdits enfants […] ».

Clémence Jacob, épouse Delmaet, épouse Durandelle

JACOB (Clémence), photographe.

Paris, 27 janvier 1836 – Date de décès inconnue.

Fille d’Isaac Jacob et de Brunette Créhange. Mariée en 1854, à la mairie du VIIe arr. anc. de Paris, à Hyacinthe Delmaet*, d’où deux enfants : Mathilde et Achille Delmaet*. Photographe identifiée sous le nom de veuve Delmaet, elle poursuit les activités professionnelles de son mari à son décès, puis elle s’installe 4, rue du Faubourg-Montmartre. Elle épouse en secondes noces, le 20 mars 1885, Louis Émile Durandelle*, photographe, spécialiste de photographies d’architecture, de reproductions artistiques et de documentations industrielles et collaborateur de son défunt mari. Elle exploite l’atelier aux côtés de son second mari et de son fils Achille Delmaet. Adresses successives : 22, boulevard des Filles-du-Calvaire (1865-1870) ; 4, rue du Faubourg-Montmartre (1874-1890) ; 15, avenue Calmels à Bois-Colombes [Hauts-de-Seine] (1890-1917).

Voir aussi Delmaet (Achille Paul Léonce), Dalmaet (Hyacinthe César), Durandelle (Louis Émile).

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Durandelle (Louis Émile), photographe.

Verdun (Meuse), 14 février 1839 – Bois-Colombes (Hauts-de-Seine), 12 mars 1917.

Fils de Jacques Durandelle et d’Anne Bastien. Épouse Clémence Jacob, veuve de Delmaet* en 1885, témoin Benoist*. Peintre en décoration à Paris en 1859, il apparaît comme photographe en 1860, à l’occasion de la destruction du château de Bercy. Ce spécialiste de reproductions artistiques, d’architecture et d’industrie exploite un studio avec son associé, César Hyacinthe Delmaet, de 1861 à 1862. Il participe aux expositions universelles de 1878 et 1889, dans lesquelles il présente plusieurs séries de photographies de monuments, d’oeuvres d’art, de tableaux et de sculptures. Il photographie, notamment, les chantiers du Mont-Saint-Michel, de l’Opéra de Charles Garnier, des fouilles du Louvre, de la basilique du Sacré-Coeur ou, encore, des différentes étapes de la construction de la tour Eiffel. Médaille d’argent à l’exposition des arts décoratifs de 1882, il est secrétaire-adjoint de la Chambre syndicale de la photographie dans les années 1880-1883. Il vend son studio, en 1890, à Albert Chevojon*.

Devenu rentier, il se consacre alors à des activités tant politiques que sociales. Conseiller municipal des villes de Colombes puis de Bois-Colombes de 1892 à 1900, il s’engage ensuite dans le développement de la Société philotechnique de Bois-Colombes, association philanthropique destinée à former bénévolement les adultes. Membre du conseil d’administration dès 1891, il en devient président en 1903 puis président honoraire en 1909 et obtient, à ce titre, les Palmes académiques. Adresses successives : 5, rue du Parc (1859-1861) ; 36, place Saint-Sulpice (1861-1862) ; 30, chaussée Clignancourt (1862-1864) ; 22, boulevard des Filles-du-Calvaire (1864-1872) ; 4, rue du Faubourg-Montmartre (1874-1890)…

MAURISSET (Louis Théodore),, tome 2 page 781 ;
On note l’humour décapant de cet illustrateur qui dessine dans son testament un rébus totalement loufoque pour évoquer son nom. Il est aussi l’auteur de la célèbre Daguerréotypomanie.

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1860, 30 mars. Dépôt judiciaire du testament et de deux codicilles olographes de Louis Théodore Maurisset, faits à Paris, les 29 juillet, 15 octobre, 19 décembre 1857, à la suite de son décès survenu en son domicile 44, grande rue de Passy, le 26 mars 1860. À signaler : l’acte contient un projet de tombeau réalisé par le défunt représentant un squelette hissant une pierre tombale avec l’épitaphe mort hisse ais.

Rosalie Magnon épouse Gaston, surnommée Madame Barbe-Bleue

MAGNON épouse GASTON (Rosalie), photographe.

Limay (Yvelines), 10 janvier 1841 – Date de décès inconnue.

« C’est dans l’étude de ce notaire qu’il fit la connaissance d’une millionnaire de cinquante et un an, Mme Rosalie Magnon, veuve Gaston, veuve pour la troisième fois. Trois fois mariée, Mme Magnon, une petite dame courtaude et grisonnante, a hérité de ses trois maris, et elle plaide encore à l’heure actuelle contre les héritiers de son troisième, qui voudraient la représenter comme une Mme Barbe-Bleue. Très procédurière, elle reçut chez elle volontiers le clerc de Me Latapie, comme conseil d’abord, comme ami ensuite. »

 » Tribunaux, Le mariage de Buckingham », dans La Presse, 56e année, n° 1399, 8 avril 1892, p. 3, col. 1.

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L’ouvrage est précédé d’un avant-propos de Madame Françoise Banat-Berger, Directrice des archives nationales :

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