Publié le

07.01.0002 Deux Alphonse(s) de Launay

Nous remercions les lecteurs qui ont insisté pour rétablir les diverses activités à chacun des deux contemporains portant le même nom.

C’est  le vicomte Alphonse-Henri Henryet de Launay (1822-1891), ami de Charles Bataille,  auteur de nombreuses pièces de théâtre, le « Capitaine de Launay » comme le moque Maxime Rude dans les « Confidences d’un journaliste », qui est le directeur de la revue Le Boulevard du 1er décembre 1861 à juin 1863, locaux communs avec l’atelier d’Étienne Carjat, 56 rue Laffitte. Cette revue de Carjat est le principal moyen de publication de Charles Baudelaire, poèmes, poèmes en prose, articles de critique.

Le photographe Alphonse de Launay, parfois orthographié Delaunay, de cinq ans son cadet est né le 15 octobre 1827 à Rouen, décédé en 1906. Son père, Pierre Alphonse de Launay, était courtier maritime, décédé en 1842 et sa mère, Zélie Esther Pothée, était décédée en 1830 quand il n’a pas trois ans.

01.2 Lapin Alphonse de Launay

Avocat de formation, il se consacre jeune aux arts et aux voyages, le premier en Espagne en 1851.

Gustave le gray 1854

Élève de Gustave Le Gray, dont il réalise vers le printemps 1854 un remarquable portrait.

Il pratique le calotype dans les années 1850 (Chez Le Gray, à la barrière de Clichy, aujourd’hui boulevard de Batignoles, à l’angle de la rue de Turin), en Espagne en 1851 et au cours de nombreux voyages photographiques dans toutes la France. Ce n’est que récemment que l’on a commencé à identifier ses calotypes. Notice dans le catalogue « Primitifs de la photographie. Le calotype en France (1843 – 1860) ».

Puis il passe au négatif sur verre au collodion au début des années 1860.

Membre de la Société française de photographie en 1858, expose au salon de 1859.

Épouse Marie Constance Chastellain, « propriétaire », demeurant 2, rue de Fontenelle à Rouen. Mariage à la mairie de Rouen, le jeudi 12 mai 1859. Son adresse déclarée est alors 11 rue de la Pépinière à Paris.

Naissance de leur fils Louis en 1860. Ce fils deviendra le célèbre géologue Louis de Launay (1860-1938), qui épouse en 1896 la fille du physicien Alfred Cornu et dirige avec Martel la revue « La Nature » (page wikipedia : Louis de Launay).

Membre de la Société d’histoire de France en 1863. Dont fait également partie Thomas-Victor Arnauldet.

Adresses successives : 11, rue de la Pépinière (1859) ; 8, rue de Douai (1863), et Honguemare-Guenouville (Eure).

de Launay a 35 ans

Portrait d’Alphonse de Launay en 1862, époque où il dirige Le Boulevard, d’après un négatif identifié par Yves di Maria (vente Kapandji et Morhange du 14 novembre 2013).

Négatif de Delaunay fortement décalé

Exemple de négatif verre au collodion, format 13×18 cm.

01.2 ADL Hanguemare Cabane jardin

Le studio photographique d’été dans la propriété normande de Honguemare, près de Rouen.

01.2 ADL Hanguemare garçon

Marguerite Daulnoy négatif Marguerite Daulnoy

Détail d’un portrait de petite fille identifiée par le photographe comme Marguerite Daulnoy, 1862.01.2 ADL Hanguemare papillon

 

Composition avec des papillons

Collodion de Launay

Coin de Launay

Quelques plaques et albums d’Alphonse de Launay, exposés aux Studios Robespierre.

Quelques compléments biographiques tirés des souvenirs de son fils Louis : « Son père, très fin, très intellectuel, très artiste, plein de bonté souriante et d’optimisme, avait renoncé tout jeune à sa position d’Inspecteur à la Compagnie de la Vieille-Montagne pour se consacrer uniquement aux arts, à la littérature, aux voyages. Il avait rapporté notamment d’Espagne, dès 1851, de précieux documents photographiques d’une perfection qui étonne encore les spécialistes modernes, dans un temps où il ne suffisait pas de pousser sur un déclic pour obtenir une vue, mais où il fallait poser pendant des heures après avoir préparé longuement et minutieusement soi-même le cliché.

Alphonse De Launay était donc très libre de son temps et prit à coeur de former et de diriger son fils, suppléant par une foule de conversations, de lectures, de visites de musées, de voyages, à tout ce que la seule éducation du lycée peut avoir d’incomplet. Moralement aussi, cette formation devait être scrupuleusement et religieusement parachevée par la mère de L. De Launay, femme d’une intelligence supérieure à laquelle il avait voué comme à son père autant d’admiration que de tendresse ». Voir le site Louis de Launay souvenirs et pensées

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *