02.02.2013 L’Enfant et Les Photographes (Exposition conçue par Françoise Lévêque, Galerie des Bibliothèques, Ville de Paris)

Video Lyes Hammadouche et Romain Renault

Longtemps, les éditeurs ont hésité, voire refusé à illustrer les livres d’enfants avec des photographies. La photographie était chose sérieuse, réservée aux grandes personnes.

En revanche, on leur demandait de bien de se tenir et de ne pas bouger en attendant que le petit oiseau veuille bien sortir (une invention du photographe parisien Gaudin, en 1841, semble-t-il) et surtout dans les circonstances tragiques de l’accident ou de la maladie, on ne manquait pas de fixer le dernier portrait du petit ou de la petite disparue, confiant à l’invention photographique le rôle douloureux de la mémoire des disparus. Cet usage naturel il y a 150 ans choque aujourd’hui les contemporains qui hésitent parfois à accrocher les portraits d’enfants morts. Sur un daguerréotype prêté pour l’exposition par le Musée d’Orsay, trois enfants essayent de a pas bouger.

Aujourd’hui, en 2012, les enfants les plus jeunes s’exercent à la photographie, aux effets spéciaux, ils accèdent aux fonctions et aux logiciels des appareils les plus récents, camera numériques, téléphones portables, tablettes munies de capteurs sophistiqués. Ils ont plébiscité les livres des photographes à leur attention et jouent avec des vidéos mélangeant graphisme inventés et réalité améliorée.

Les livres d’enfants créés par des photographes sont un sujet merveilleux autant que pertinent pour analyser et évoquer la mutation spectaculaire des contenants et des contenus destinés à l’enfance. Notre exposition reflète les collections de la B de lHJ et les échanges et conversations de plusieurs années avec auteurs, éditeurs et les personnels spécialisés dans l’éducation.

Suivant un cheminement chronologique sans nous préoccuper des pays qui ont vu les uns après les autres s multipliant les livres d’enfants illustrés de photographies.

Notre livre préféré pour entamer ce voyage est né en 1866 au Pays de la Petite Sirène d’Andersen. Les photographies collées d’enfants côtoient les vers d’Andersen. Il est très rare, car il a été tiré a petit nombre, pour la promotion du travail et des idées novatrice du photographe Harald Paezt, et peut-être aussi car il a plu, et donc les exemplaires ont été manipulés. On sait qu’Andersen était lui-même fasciné par la photographie. Voir l’illustration ci-contre :

Il faut attendre une génération pour voir apparaitre à la fin du siècle simultanément en France, en Angleterre et en Amérique des albums avec des photographies maintenant imprimées en photogravure, livres éducatifs, féeries, livres de voyages. Les premiers procédé d’impressions photomécaniques vont rapidement s’améliorer. L’exposition universelle de 1900 à Paris est une date charnière dans ces progrès. techniques.

Entre 1900 et 1914, des livres apparaissent maintenant dans la plupart des pays d’Europe.

Après la première Guerre Mondiale, apparaissent les collections à titres multiples, et également on voit les poètes, les artistes d’avant-gardes s’emparer de la photographies et de ses possibilités graphiques multiples, collages, photomontages. Nos livres préférés de cette époque sont hollandais, et suédois. Les grands photographes proposent de remarquables imagiers, Sougez, Steichen, .

En même temps dans le domaine de l’enfance comme de l’édition en général, les totalitarismes se sont emparé de la photographie à des fins de propagande politique. Certains livres sont remarquables autant qu’effrayant et leur nombre a cru jusqu’à la déflagration finale de la Seconde Guerre Mondiale. On expose quelques publications soviétiques et françaises du régime de Vichy.

Les trente glorieuses qui suivent sont le moment de notre propre enfance avec ses souvenirs attendris, Darbois pour beaucoup, X et Y pour d’autres. On a accroché quelques belles épreuves photographiques de Ylla.

Une mention spéciale à tous les albums sensés aider à se remémorer les épisodes télévisuels ou cinématographiques des héros préférés, Pollux, Colargol, Thierry la Fronde, etc…

Les années 1980 sont peu représentées, les artistes sont désormais nombreux et nous nous excusons de ne pouvoir tous les citer. On trouve dans la vitrine de gauche l’album Tana Hoban et Z.

Maintenant, pour revenir à la première remarque, les enfants se sont à leur temps emparé des appareils et ils ont créé des images photographiques, dans le cadre d’atelier créé par des ONG, des artistes indépendants ou des parents d’élèves.

Ainsi, François Sagnès est à l’origine des travaux de petits enfants palestiniens.

Les élèves de l’école maternelle de la Jussienne s’en sont allés un bel après-midi rendre visite à la Joconde, leur voisine. Avec l’aide de quelques parents, ils se sont costumé pour lui ressembler puis se sont photographiés les uns les autres. Un livre est né, les dessins, les maquettes et l’ouvrage sont exposés : Les Jocondes, Paris, 2010.

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